Dernières informations

22-07-2020 - Sainte-Sophie : Le Haut-Comité pour la Fraternité humaine solidaire des chrétiens.

02-07-2020 - Cardinal Tong à Hong-Kong : La clé est de maintenir l'unité.

30-06-2020 - Le Pape invite les médias catholiques à "l'unité dans la diversité".

05-06-2020Cardinal Koch: Des relations profondes soutiennent le chemin œcuménique. 

26-05-2020 - Antonio Gueterres : "Les menaces mondiales exigent une nouvelle solidarité".

7-03-2020 - Depuis Jérusalem, une prière commune pour la fin de la pandémie.

22-03-2020 - Face au Corona virus, un effort oecuménique pour protéger la vie.

29-02-2020 - L'Eglise orthodoxe russe est satisfaite des conclusions de la conférence inter-orthodoxe d'Amman.

23-02-2020 - Le Pape François exhorte à faire de la méditerranée un espace de résurrection

20-02-2020 - Une rencontre panorthodoxe consacrée à la situation en Ukraine se tiendra à Amman.

20-02-2020 - La rencontre de Bari, une démarche d'unité pour les Eglises de la Méditerranée. 

14-02-2020 - « La priorité, protéger le christianisme au Moyen-Orient » déclare le métropolite Hilarion.

14-02-2020 - Une exposition d'icônes bulgares, prévue au Louvre, annulée pour raisons de "sacralité".

13-02-2020 - Orrthodoxie : le pape reçoit le métropolite russe Hilarion.

13-02-2020 - Entre catholiques et orthodoxes, “le dialogue théologique poursuit son chemin”, estime Mgr Palmieri.

24-01-2020 - Le Pape François : « L’hospitalité entre chrétiens est une vertu œcuménique ».

23-01-2020 - La vie oecuménique en Ile et Vilaine (France).

22-01-2020 - A Bucarest, le dialogue oecuménique se tient à la bibliothèque.

21-01-2020 - Ukraine : La nouvelle Eglise autocéphale s'organise.

18-01-2020 - L’hospitalité, au cœur de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2020.

18-01-2020 - Semaine de l'unité : le Pape exhorte les chrétiens à se faire "messagers d'humanité".

16-01-2020 - Le nouveau patriarche arménien de Constantinople a été intronisé.

14-01-2020 - Un Evêque catholique italien omet la lecture du Credo durant la messe.

08-01-2020 - La semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2020 à Montpellier

21-12-2019 - Le patriarche de Moscou, Cyrille, appelle le clergé à ne pas faire de la confession un interrogatoire

20-12-2019 - Le patriarche Cyrille admet une introduction partielle du russe dans les offices divins.

16-12-2019 - Vers l'unité de l'Eglise en Orient et en Occident.

10-12-2019 - Bartholomée souligne le besoin de communion entre Orient et Occident.

18-11-2019 - Une paroisse orthodoxe à Tours.

16-10-2019 - Mise en garde de l'Archevêque d'Alba Iulia (Roumanie) à l'égard de technologie.

16-10-2019 - Mgr Emmanuel a consacré l’église du monastère de Solans dans le Gard.

12-10-2019 - Parution "d'ecclésiologie en dialogues" : Jean Zizioulas et Walter Kasper.

07-10-2019 - Rencontre entre orthodoxes et catholiques le 18-10-19 à Montpellier.

19-09-2019 - Le Pape invite à vivre la synodalité comme un axe œcuménique.

14-09-2019 - La lettre du Pape au Patriarche Bartholomée sur les reliques de Saint-Pierre.

18-08-2019 Conférence de presse pendant le pèlerinage œcuménique du pape François au COE.

18-08-2019 Pays-Bas : Le Conseil Oecuménique des Eglises célèbre son 70ème anniversaire.
















Sainte-Sophie : le Haut-Comité pour la Fraternité humaine solidaire des chrétiens.

publié le 22 juil. 2020 à 08:31 par Président ACOS   [ mis à jour : 22 juil. 2020 à 08:33 ]

22-07-2020 – Cité du Vatican - Plusieurs voix se sont élevées contre la décision du gouvernement turc de reconvertir Sainte-Sophie en mosquée. Parmi elles, celles du Haut Comité pour la Fraternité humaine qui a écrit une lettre au Conseil oecuménique des Églises (COE), appelant à éviter les divisions et à promouvoir la compréhension entre les religions.

«Les préparatifs se poursuivent en Turquie pour convertir Sainte-Sophie en mosquée. La réouverture de l'ancienne église byzantine - convertie en mosquée au XVe siècle après la conquête de Constantinople par les Ottomans et transformée en musée en 1934 à la demande du président de l'époque, Mustafa Kemal Ataturk - en tant que lieu de culte musulman est prévue pour le 24 juillet. Entre-temps, les appels et les protestations dans le monde contre sa conversion en mosquée par le président turc Recep Tayyip Erdogan se sont poursuivis.

Turquie : Sainte-Sophie redeviendra une mosquée

«Plusieurs représentants importants du monde musulman se sont également joints à ces appels. Parmi eux, le Haut comité pour la Fraternité humaine (Hchf) qui a écrit une lettre au Conseil œcuménique des Églises (COE).

««Nous reconnaissons la valeur culturelle et spirituelle de Sainte-Sophie pour toute l'humanité et nous soutenons donc votre appel à éviter les divisions et à promouvoir le respect mutuel et la compréhension entre toutes les religions», est-il écrit dans la lettre signée par le juriste islamique Mohamad Abdel Salam, secrétaire général du Hchf et conseiller spécial du grand imam d'Al-Azhar Ahmad al Tayeb.

Ne pas saper le dialogue interreligieux


«Selon le Hchf, les lieux de culte doivent transmettre «un message de paix et d'amour pour tous» et ne pas être utilisés pour «contribuer à la ségrégation et à la discrimination, à un moment où le monde doit vraiment répondre à l'appel des religions à poursuivre la solidarité et à renforcer les valeurs de la coexistence et de la fraternité humaines». Dans ce sens - souligne la lettre - il est nécessaire «d'éviter toute initiative qui pourrait saper le dialogue interreligieux et la communication interculturelle et créer des tensions et de la haine entre les adeptes de différentes religions» et de donner plutôt «la priorité aux valeurs de la coexistence»

«Il en va de même pour une autre lettre envoyée au Conseil œcuménique des Églises, signée par Hafid Ouardiri, directeur de la Fondation musulmane de l'Entre-Connaissance à Genève, ainsi que co-fondateur et vice-président de la Plate-forme interreligieuse à Genève, qui a exprimé son plein soutien à la lettre adressée le 11 juillet par le secrétaire général intérimaire du COE, le révérend Ioan Sauca, au président Erdogan : «Avec d'autres musulmans du monde entier, je prie pour que Sainte-Sophie reste ce qu'elle a toujours été depuis 1934 : un carrefour de connaissances, de lumière, de sagesse et de paix pour toute l'humanité», a écrit M. Ouardiri.


Le COE heureux du soutien reçu


«Le révérend Sauca, pour sa part, a exprimé sa surprise et sa gratitude pour tous ces certificats de solidarité. «C'était plus que ce que nous pouvions espérer. Je suis fier et encouragé de voir ces signes de soutien et de solidarité exprimés par nos amis musulmans. Cela montre que notre dialogue est profond et authentique et qu'ensemble nous pouvons réaliser le rêve de construire un monde pacifique dans lequel les personnes et les religions se respectent et se soutiennent mutuellement», a ajouté le secrétaire général du COE, notant que le dialogue interreligieux «existe depuis près de 50 ans et doit être approfondi», ce qui est «nécessaire aujourd'hui plus que jamais».

«Trois intellectuels turcs de renom, experts en théologie, cités par l'agence Fides, sont également intervenus au cours de ces heures au sujet de l'initiative du président Erdogan : Nazif Ay, Mehmet Ali Öz et Yusuf Dülger, qui parlent d'une «erreur irréparable», qui «détruit le message de réconciliation et de justice de l'Islam, dont le sens est la paix».

Le Pape invite les médias catholiques à "l'unité dans la diversité".

publié le 3 juil. 2020 à 08:22 par Président ACOS   [ mis à jour : 6 août 2020 à 23:09 ]

30-06-2020 – Cité du Vatican - Pour la première fois de son histoire, la conférence annuelle des médias catholiques, promue par la Catholic Press Association (Association de la presse catholique) se tiendra en mode virtuel les 1-2 juillet. Dans un message qu’il leur adresse à cette occasion, le Pape François invite les participants à être entre eux signes d’unité; pour le Saint-Père, le monde a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes de principes pour protéger une information de tout ce qui pourrait l’altérer.

«L'expérience de ces derniers mois a montré combien la mission des médias est essentielle pour maintenir les gens ensemble, en réduisant les distances, en fournissant les informations nécessaires et en ouvrant les esprits et les cœurs à la vérité», écrit le Pape aux conférenciers. Ce rendez-vous annuel majeur de la presse catholique réunit d’ordinaire aux États-Unis nombre de journalistes, professionnels du monde de la communication et de l’édition, ainsi que plusieurs évêques. En raison de la crise sanitaire actuelle et des restrictions de déplacements qu’elle induit, cette conférence se déroulera cette année en mode virtuel sur le thème «ensemble bien que séparés» (Together while apart), lequel exprime «de manière éloquente, selon le Pape, le sentiment d'union qui a paradoxalement émergé de l'expérience de la distance sociale imposée par la pandémie». C’est d'ailleurs cette prise de conscience qui conduisit à la création des premiers journaux catholiques américains, remarque François, citant l’exemple du Catholic Miscellany, publié pour la première fois à Charleston en 1822 et qui fut suivi par d’autres revues et périodiques.

Protéger la communication

«L’unité dans la diversité» («Et pluribus Unum», qui est la devise des États-Unis) doit inspirer le service des journalistes et communicants au service du bien commun, écrit encore le Pape. Ce besoin se fait toujours plus criant dans un monde marqué par la polarisation et les conflits, qui n’épargnent pas les catholiques eux-mêmes. «Nous avons besoin de médias capables de construire des ponts, de défendre la vie et d'abattre les murs, visibles et invisibles, qui empêchent un dialogue sincère et une véritable communication entre les personnes et les communautés. Nous avons besoin de médias qui peuvent aider les gens, en particulier les jeunes, à distinguer le bien du mal, à porter des jugements corrects, fondés sur une présentation claire et impartiale des faits, à comprendre l'importance de l'engagement en faveur de la justice, de l'harmonie sociale et du respect du foyer commun. Nous avons besoin d'hommes et de femmes de principes pour protéger la communication contre tout ce qui pourrait la déformer ou la plier à d'autres fins», plaide François qui demande à ces médias d’être signes d’unité dans la foi, forts «face aux modes culturelles fugaces qui n’ont pas le parfum de la vérité évangélique».

Attester personnellement de la véracité du message transmis

La communication n’est «pas seulement une question de compétence professionnelle»; le vrai communicant doit en effet se consacrer entièrement au bien-être des autres, s’impliquer personnellement, attester de la véracité du message qu’il transmet. «Toute communication a sa source ultime dans la vie du Dieu trinitaire, qui partage avec nous la richesse de sa vie divine et nous demande, à notre tour, de communiquer ce trésor à d'autres, unis au service de sa vérité».

Seul le regard de l’Esprit-Saint «nous permet de ne pas fermer les yeux» devant la souffrance de l’humanité. «C'est seulement avec ce regard que nous pouvons travailler efficacement pour vaincre les maladies du racisme, de l'injustice et de l'indifférence qui défigurent le visage de notre famille commune», et ainsi, aider les autres à contempler la réalité des personnes précisément avec ce regard de l’Esprit. «Là où notre monde parle trop souvent avec des adjectifs et des adverbes, puissent les communicants chrétiens parler avec des noms qui reconnaissent et encouragent la revendication silencieuse de la vérité et favorisent la dignité humaine. Là où le monde voit des conflits et des divisions, regardez la souffrance et les pauvres pour donner une voix aux demandes de nos frères et sœurs qui ont besoin de miséricorde et de compréhension», conclut le Saint-Père.

Cardinal Tong: à Hong Kong, la clé est de maintenir l'unité.

publié le 3 juil. 2020 à 08:12 par Président ACOS   [ mis à jour : 6 août 2020 à 23:08 ]

02-07-2020Sœur Bernadette Mary Reis, fsp – Cité du Vatican - Dans le contexte de l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, le cardinal John Tong Hon, administrateur apostolique de Hong Kong, prie pour qu'«il y ait un seul troupeau et un seul pasteur».

Une heure avant minuit le 30 juin, les lois sur la sécurité sont entrées en vigueur à Hong Kong. Le moment est important. À minuit, Hong Kong allait célébrer le 23ème anniversaire de son indépendance vis-à-vis de la domination britannique. Avec la loi de sécurité désormais en vigueur, la Chine cherche à freiner la dissidence, le terrorisme et l’ingérence étrangère tant sur le continent qu’à Hong Kong.

L’unité est la priorité de l’Église

Dans ce contexte où les tensions sont croissantes, l'administrateur apostolique de Hong Kong, le cardinal Tong, a diffusé un message d’apaisement, en mettant au premier plan l’unité. D’après le journal diocésain Kung Kao Po, le prélat a déclaré le 28 juin que sa première priorité était de «maintenir l'unité dans l'Église». Il fait ainsi référence à la prière de Jésus pour l'unité, la nuit précédant sa mort, où Jésus a prié le Père céleste après la dernière Cène «pour qu'ils soient un» (Jn 17, 11). Le cardinal Tong espère donc que la nation hongkongaise, quelle que soit la position des habitants, «puisse rester unie».

La liberté religieuse

Dans une interview précédente, le cardinal avait abordé le sujet de la liberté religieuse, déclarant que «la loi sur la sécurité nationale n'aura pas d'impact négatif sur la liberté religieuse». Il s’appuie sur le fait que «l'article 32 de la Loi fondamentale [qui sert de constitution à la région administrative spéciale de Hong Kong de la république populaire de Chine] garantit la liberté de croyance religieuse et la liberté de prêcher, de conduire et de participer à des activités religieuses en public».

En outre, il a déclaré que l'Église devrait pouvoir continuer à participer aux «affaires sociales» de la nation, se référant à l'article 141 de la Loi fondamentale qui «stipule que le gouvernement local ne doit pas s'immiscer dans les affaires internes des organisations religieuses ni restreindre les activités religieuses, et qu'il peut continuer à gérer les écoles et les services sociaux».

Relations avec le Saint-Siège

Le cardinal Tong a également expliqué que les relations entre le diocèse de Hong Kong et le Saint-Siège «peuvent être une source de préoccupation pour de nombreuses personnes». Il a toutefois précisé que ce «lien» doit être «considéré comme une affaire interne de l'Église catholique», plutôt que comme une «collusion avec des forces étrangères».

Abordant la relation entre la Chine elle-même et le Saint-Siège, le cardinal Tong a souligné qu'«il y a eu des échanges amicaux entre la Chine et le Saint-Siège, et notre Église se concentre sur la dimension spirituelle et le soin pastoral des paroissiens».

Cardinal Koch: Des relations profondes soutiennent le chemin œcuménique.

publié le 5 juin 2020 à 09:37 par Président ACOS   [ mis à jour : 5 juin 2020 à 09:39 ]

05-06-2020Massimiliano Menichetti – Cité du Vatican - À l'occasion du soixantième anniversaire du début du voyage œcuménique voulu par saint Jean XXIII, le président du Conseil pontifical pour la Promotion de l'unité des chrétiens met en évidence un chemin riche en «développements et progrès».

La fondation du Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens, le 5 juin 1960, par saint Jean XXIII pour devenir ensuite le Conseil pontifical en 1988, est source de grande joie et d’un engagement constant sur un «chemin irréversible». C’est ce qu’affirme le cardinal Kurt Koch dans une interview accordée aux médias du Vatican. Pour le président du Conseil pontifical, trois piliers soutiennent particulièrement l’œcuménisme : le dialogue de la charité, le dialogue de la vérité et l'adhésion profonde et concordante de tous les fidèles à la prière de Jésus, «que tous soient un». L'œcuménisme est selon lui un horizon qui a bénéficié d'une «grande continuité et cohérence» entre tous les Papes.

Il y a soixante ans, le contexte œcuménique était très différent. Comment a-t-il évolué et comment définir la situation œcuménique et les défis d'aujourd'hui ?

En 1960, le mouvement œcuménique, dans sa forme officielle au sein de l'Église catholique, n'en était encore qu'à ses débuts. Au cours des soixante dernières années, de nombreuses réunions et temps de dialogue ont eu lieu. Il a été possible d’en tirer de nombreux fruits positifs. Cependant, le véritable objectif du mouvement œcuménique, à savoir la restauration de l'unité de l'Église, n'a pas encore été atteint. À l'heure actuelle, l'un des plus grands défis consiste précisément en l'absence d'un consensus vraiment solide sur l'objectif de l'œcuménisme. Il y a une entente sur la nécessité de l'unité, il n’y en a pas encore sur la forme qu'elle devrait recouvrir. Nous avons besoin d'une vision commune, c’est essentiel pour l'unité de l'Église. Les prochaines étapes ne peuvent être franchies que si nous avons un objectif clair à l'esprit.

Le chemin œcuménique est souvent défini comme un «échange de dons». En soixante ans, comment l'Église catholique a-t-elle été transformée par cette réciprocité ? Quels sont les dons que notre Église a offerts aux autres chrétiens ?

Derrière cette définition, il y a la conviction que chaque Église peut apporter une contribution spécifique à la restauration de l'unité. Des Églises et des communautés ecclésiales nées de la Réforme, l'Église catholique a surtout appris la centralité de la Parole de Dieu dans la vie de l'Église, dans les célébrations liturgiques et dans la pensée théologique. La conscience que la foi vient de l'écoute de la Parole de Dieu et que l'Évangile de Jésus-Christ doit être au centre de l'Église a été ravivée en nous. Des Églises orthodoxes, comme le Pape François l'a souligné à maintes reprises, nous pouvons apprendre beaucoup sur la synodalité dans la vie de l'Église et la collégialité des évêques.

Pour sa part, l'Église catholique peut offrir un don spécial à la discussion œcuménique : l'accent mis sur l'universalité de l'Église. Parce que l'Église catholique vit dans l'interrelation entre l'unité de l'Église universelle et la multiplicité des Églises locales, elle peut montrer par l'exemple que l'unité et la multiplicité ne sont pas opposées même dans l'œcuménisme, mais se soutiennent mutuellement. 

L'œcuménisme vise la pleine communion entre tous les chrétiens. Concrètement, qu'est-ce qui a été fait ?

Tous les efforts et activités œcuméniques doivent servir à restaurer l'unité des chrétiens ; il est nécessaire de s'assurer de temps en temps qu'ils continuent à viser cet objectif. Cela vaut en particulier pour le dialogue de la charité, c'est-à-dire le soin mis à entretenir des relations amicales entre les différentes Églises. Ce dialogue a permis de surmonter de nombreux préjugés du passé et d'intensifier une meilleure compréhension. Le dialogue de la vérité, c'est-à-dire l'analyse théologique des questions controversées qui ont conduit à des divisions au cours de l'histoire, est tout aussi important. Lors de ces dialogues, il est apparu de manière toujours plus évidente que ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare. Enfin, l'œcuménisme spirituel doit être mentionné comme un aspect fondamental, c'est-à-dire l'adhésion profonde et concordante de tous les fidèles à la prière sacerdotale de Jésus, «que tous soient un». Cette prière maintient éveillée en nous la conscience que l'unité de l'Église correspond à la volonté du Seigneur.

Nous avons célébré le 25e anniversaire de l'encyclique de saint Jean-Paul II Ut Unum Sint, publiée le 25 mai 1995. Une encyclique importante pour l’œcuménisme ?

Son importance réside principalement dans le fait que, pour la première fois dans l'histoire, un Pape a écrit une encyclique sur l'œcuménisme. Avec elle, trente ans après la fin du Concile, Jean-Paul II a rappelé que l'Église catholique est «irréversiblement engagée» dans la voie œcuménique (UUS 3) et que tous les membres de l'Église sont tenus par la foi de participer au mouvement œcuménique. Une autre initiative surprenante du Pape me semble particulièrement remarquable. Conscient, d'une part, que le ministère pétrinien représente l'un des plus grands obstacles à la restauration de l'unité et convaincu, d'autre part, que le ministère de l'évêque de Rome est d'une importance constitutive pour l'unité de l'Église, Jean-Paul II a invité toute la communauté œcuménique à s'engager dans un «dialogue fraternel, patient» sur la primauté de l'évêque de Rome, dans le but de trouver une forme d'exercice de la primauté «ouverte à une situation nouvelle, mais sans renoncement aucun à l'essentiel de sa mission», plus précisément dans la mesure où ce ministère «pourra réaliser un service d'amour reconnu par les uns et par les autres» (UUS 95-96). À mon avis, il s'agit d'une initiative très prometteuse, qui a également été reprise à différentes occasions par le Pape Benoît XVI et le Pape François.

Depuis la fondation du Dicastère, les Papes ont été très engagés dans l'œcuménisme. Comment définir en quelques mots la contribution spécifique de chacun ?

Tout d'abord, nous devons être reconnaissants car tous les Papes qui se sont succédé depuis le Concile ont montré un cœur ouvert à la cause œcuménique et il y a eu une grande continuité et cohérence entre eux. Le Pape Jean XXIII était bien conscient que la restauration de l'unité des chrétiens est fondamentale pour le renouveau de l'Église catholique. Le Pape Paul VI a contribué de manière significative à l'adoption par le Concile du décret sur l'œcuménisme "Unitatis Redintegratio". Il a été un Pape aux grands gestes œcuméniques, notamment envers l'orthodoxie et la communion anglicane, et a été le premier Pape à visiter le Conseil œcuménique des Églises. Saint Jean-Paul II était convaincu que le troisième millénaire serait amené à faire face à la grande tâche de restaurer l'unité qui avait été perdue, et il voyait dans le témoignage des martyrs qui appartenaient à différentes Églises une aide essentielle. Avec le don de leur vie, ils avaient déjà vécu l'unité. Pour le Pape Benoît XVI, l'œcuménisme, à un niveau profond, est une question de foi et, par conséquent, un devoir primordial du successeur de Pierre. Pour le Pape François, il est fondamental que les différentes communautés ecclésiales marchent ensemble sur le chemin de l'unité, car l'unité grandit au fur et à mesure qu'elles marchent. Il insiste également sur l'importance de l'œcuménisme du sang.

Pour marquer ce double anniversaire (de l’encyclique et du dicastère) le Conseil pontifical publiera cette année un Vademecum œcuménique pour les évêques. Pourquoi ce nouveau document ?

Le ministère confié à l'évêque est un service d'unité dans son diocèse et d'unité entre l'Église locale et l'Église universelle. Mais elle a aussi une importance particulière concernant l'œcuménisme. Le ministère pastoral de l'évêque doit être compris d’une façon plus large que l'unité de son Église, puisqu'il inclut également les baptisés non catholiques. Dans les différentes églises locales, les évêques diocésains sont donc les premiers responsables de l'unité des chrétiens. Le Vademecum a pour but d'aider les évêques à comprendre plus en profondeur et à mettre en pratique leur responsabilité œcuménique. Le Vademecum est également spécialement conçu pour présenter aux évêques nouvellement nommés leurs tâches, qui consistent à offrir un accompagnement à tous les membres de l'Église afin qu'ils puissent remplir leur devoir qui consiste à participer au mouvement œcuménique.

Une autre initiative du Conseil Pontifical pour cet anniversaire est la publication de la revue Acta Œcumenica qui poursuit et enrichit le bulletin Information Service/Service d'Information publié depuis plus de cinquante ans. Quel est l'objectif de ce magazine ?

Aujourd'hui, nombreux sont les fidèles qui ont l'impression que l'œcuménisme est dans une impasse. Cette impression est largement due à une information insuffisante concernant les développements et les progrès de l'œcuménisme. Il est donc important de s'assurer que les résultats œcuméniques les plus importants soient bien reçus. Cela vaut en particulier pour les documents préparés et publiés par les commissions œcuméniques. Comme on le sait, les documents qui ne sont pas lus n’ont que peu d'utilité. La revue Acta Oecumenica vise ainsi à faciliter cet accueil, principalement en fournissant des informations sur l'engagement œcuménique du Pape François et les activités œcuméniques du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, en présentant les principaux documents des dialogues œcuméniques. Le magazine veut être un support à la formation œcuménique, un aspect d'une importance fondamentale pour l'avenir. 

L'œcuménisme se fait dans la rencontre et le dialogue. Comment la crise sanitaire actuelle affecte-t-elle le travail accompli ?

L'œcuménisme vit du dialogue et des rencontres directes et personnelles. Cela n'est pas facilement réalisable aujourd'hui en raison des restrictions dues à la pandémie de nouveau coronavirus, car nous ne pouvons ni recevoir ici à Rome des invités d'autres Églises chrétiennes ni voyager pour rencontrer des représentants d'autres Églises. Les dialogues œcuméniques se heurtent à de grandes difficultés lorsqu'ils se déroulent à distance, en pratiquant le "bureau à domicile". Mais d'autre part, la situation difficile que le monde traverse en ce moment contribue à rapprocher les Églises chrétiennes, qui sont toutes dans le même bateau. Cela a été manifeste lorsque, par exemple, le Pape François a invité toutes les Églises chrétiennes à se joindre à lui pour la récitation du Notre Père, le 25 mars dernier, afin de prier pour la fin de la pandémie. J'ai adressé l'invitation du Saint-Père aux chefs des Églises chrétiennes, et la plupart des destinataires ont répondu très rapidement à ma lettre, exprimant leur gratitude pour cette initiative. Cela m'a montré combien les relations œcuméniques sont devenues profondes, et comment elles peuvent être approfondies davantage dans des situations très difficiles. Mais bien sûr, nous serons très heureux lorsque nous pourrons à nouveau avoir des réunions et des dialogues en face à face, en personne, avec nos interlocuteurs.

Vous aussi, Éminence, allez bientôt célébrer un anniversaire. Vous avez été nommé par le Benoît XVI président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens le 1er juillet 2010. Quel est votre bilan de ces dix années ?

Je suis particulièrement surpris par la rapidité avec laquelle le temps a passé. Je ne trouve le travail pas toujours facile, mais très beau et enrichissant. Je suis reconnaissant au Pape Benoît XVI de m'avoir confié cette tâche, et au Pape François de m'avoir confirmé à cette charge. Au fil des ans, j'ai pu participer et apporter ma contribution à divers événements et aux nombreuses initiatives œcuméniques des deux Souverains Pontifes. J'ai beaucoup appris et fait l’expérience suivante à plusieurs reprises : dans le travail œcuménique, ce que vous recevez est plus grand que ce que vous pouvez donner. Je suis conscient qu'après tout il n'y a qu'un seul ministre œcuménique, qui est l'Esprit Saint ; nous, les soi-disant œcuménistes, ne sommes que ses instruments, plus ou moins faibles. Après dix ans, je ne pense donc pas qu’il me faille faire un bilan. Ce modeste anniversaire est plutôt une occasion à mettre à profit pour remercier l'Esprit Saint et lui demander de continuer à accompagner le cheminement œcuménique, nous permettant de prendre, l'un après l'autre, des pas en avant positifs, qui nous rapprochent toujours plus de l'unité de l'Église.








"Ut unum sint": l’appel du Pape François à l’unité des chrétiens.

publié le 26 mai 2020 à 11:57 par Président ACOS   [ mis à jour : 26 mai 2020 à 11:58 ]

26-05-2020L’encyclique "Ut unum sint" signée par Saint Jean-Paul II célèbre ses 25 ans ce lundi 25 mai 2020. Marquant ce quart de siècle d'existence, le Pape François a adressé une lettre au cardinal suisse Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, dans laquelle il salue les progrès réalisés en faveur de l’unité de l’Église, «grâce à l’Esprit Saint».

«Le regard tourné vers l’horizon du Jubilé de l’an 2000, il voulait que, dans son cheminement vers le troisième millénaire, l’Église ait présente à l’esprit l’ardente prière de son Maître et Seigneur: «Qu’ils soient un!» (Jn 17, 21)».

Ainsi le Pape François revient sur la genèse de cette encyclique, qui a confirmé «de manière irréversible» l’engagement œcuménique de l’Église, et rappelle le grand rôle joué par l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint harmonise l’Église

«Le Concile Vatican II a reconnu que le mouvement pour le rétablissement de l’unité de tous les chrétiens est né sous l’effet de la grâce de l’Esprit Saint. Seul l’Esprit Saint peut susciter la diversité, la multiplicité et, en même temps, opérer l’unité. […] C’est Lui qui harmonise l’Église», déclare le Saint-Père dans cette lettre. 

En cet anniversaire d'Ut Unum Sint, le Pape François dit ainsi rendre grâce au Seigneur «pour le chemin qu’il nous a permis de parcourir en tant que chrétiens dans la recherche de la pleine communion», et fait savoir qu’il partage aussi «la saine impatience de ceux qui pensent parfois que nous pourrions et devrions nous engager davantage».

Toutefois, nous ne devons pas manquer de foi et de reconnaissance, assure le Souverain pontife, car «de nombreux pas ont été faits en ces décennies pour guérir les blessures séculaires et millénaires». Et le Pape de citer par exemple, la connaissance et l’estime réciproques qui se sont accrues, en aidant à surmonter les préjudices enracinés; le dialogue théologique et celui de la charité qui se sont développés. 

Lancements d’un Vademecum et d’une revue

Le Saint-Père salue aussi deux initiatives récentes: le Vademecum œcuménique pour les évêques, qui sera publié l’automne prochain, comme «encouragement et guide» dans l’exercice de leurs responsabilités œcuméniques, et le lancement de la revue Acta Œcumenica, qui, en renouvelant le Service d’Information du Dicastère, va devenir une aide pour ceux qui travaillent au service de l’unité. 

Un nouvel élan pour la cause œcuménique

Une chose est certaine, souligne enfin l’évêque de Rome, l’unité n’est pas principalement le résultat de notre action, mais «elle est un don de l’Esprit Saint». «Invoquons donc avec confiance l’Esprit, afin qu’il guide nos pas et que chacun ressente avec un nouvel élan l’appel à œuvrer pour la cause œcuménique ; qu’il nous inspire de nouveaux gestes prophétiques et renforce la charité fraternelle entre tous les disciples du Christ, «pour que le monde croie» (Jn 17, 21) et que se multiplie la louange au Père qui est dans les Cieux», conclut le Successeur de Pierre dans cette lettre au cardinal Koch.

Antonio Guterres : "Les menaces mondiales exigent une nouvelle solidarité".

publié le 26 mai 2020 à 11:49 par Président ACOS   [ mis à jour : 26 mai 2020 à 11:50 ]

26-05-2020Andrea Monda, Directeur de l'Osservatore Romano - La pandémie doit être un signal d'alarme. Les menaces mondiales mortelles appellent une nouvelle unité et une nouvelle solidarité. C'est ce que souligne le secrétaire général des Nations unies dans cette interview exclusive aux médias du Vatican, et dans laquelle António Guterres exprime sa profonde gratitude au Pape François pour son soutien à l'appel à un cessez-le-feu mondial.

Entretien avec le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres

Récemment, vous avez lancé un appel à la paix dans le monde, un monde touché par la pandémie. Cette initiative rejoint une fois de plus celles prises par le Pape François - que vous avez rencontré à la fin de l'année dernière, lorsque vous avez délivré ensemble un message vidéo - qui ne cesse de demander l'arrêt de toutes les guerres. Vous l'avez dit: «La fureur du virus illustre la folie de la guerre.» Pourquoi, selon vous, est-il si difficile de faire passer ce message ?

Tout d'abord, je voudrais renouveler ma profonde gratitude au Pape François pour son soutien à mon appel mondial au cessez-le-feu et au travail des Nations-Unies. Son engagement mondial, sa compassion et ses appels à l'unité réaffirment les valeurs fondamentales qui guident notre travail : réduire la souffrance humaine et promouvoir la dignité humaine.

Lorsque j'ai lancé l'appel au cessez-le-feu, mon message aux parties en conflit dans le monde entier était simple : les combats doivent cesser afin que nous puissions nous concentrer sur notre ennemi commun, la Covid-19.

À ce jour, l'appel a été approuvé par 115 gouvernements, des organisations régionales, plus de 200 groupes de la société civile ainsi que d'autres chefs religieux. Seize groupes armés se sont engagés à mettre fin à la violence. Des millions de personnes ont également signé un appel à l'aide en ligne. Mais la méfiance reste grande, et il est difficile de transformer ces engagements en actions qui fassent la différence dans la vie des personnes touchées par le conflit.

Mes représentants et envoyés spéciaux travaillent sans relâche dans le monde entier, avec ma propre participation directe si nécessaire, pour transformer les intentions exprimées en cessez-le-feu effectifs. Je continue à appeler les parties en conflit et tous ceux qui peuvent avoir une influence sur elles, à placer la santé et la sécurité des personnes au premier plan.

Je voudrais également mentionner un autre appel que j'ai lancé et que je considère comme essentiel : un appel à la paix dans les foyers. Partout dans le monde, alors que la pandémie se propage, nous constatons également une augmentation alarmante de la violence à l'égard des femmes et des filles. J'ai demandé aux gouvernements, à la société civile et à tous ceux qui peuvent aider dans le monde entier de se mobiliser pour mieux protéger les femmes. J'ai également appelé les responsables religieux de toutes les confessions à condamner sans équivoque tous les actes de violence contre les femmes et les filles et à défendre les principes fondamentaux de l'égalité.

Il y a quelques mois, avant que la pandémie n'éclate, vous avez dit que la peur était «la marque la plus vendue». C'est une chose qui, ces dernières semaines, pourrait être encore plus amplifiée. Comment, selon vous, est-il possible de lutter contre le sentiment de peur qui se répand dans les populations, surtout en ces temps difficiles ?

La pandémie de Covid-19 n'est pas uniquement une urgence sanitaire mondiale. Ces dernières semaines, on a assisté à une recrudescence des théories du complot et du sentiment anti-étranger. Dans certains cas, des journalistes, des professionnels de la santé ou des défenseurs des droits de l'homme ont été pris pour cible simplement parce qu'ils faisaient leur travail.

Depuis le tout début de cette crise, je plaide pour la solidarité au sein des sociétés et entre les pays. Notre réponse doit être fondée sur les droits de l'homme et la dignité humaine. J'ai également appelé les établissements d'enseignement à se concentrer sur la culture numérique, et j'ai demandé aux médias, en particulier aux entreprises de réseaux sociaux, de faire beaucoup plus pour signaler et supprimer les contenus racistes, misogynes et autres contenus préjudiciables, conformément à la législation internationale sur les droits de l’homme.

Les responsables religieux ont un rôle crucial à jouer pour promouvoir le respect mutuel dans leurs communautés et au-delà. Ils sont bien placés pour remettre en question les messages inexacts et préjudiciables, et pour encourager toutes les communautés à promouvoir la non-violence, à rejeter la xénophobie, le racisme et toutes les formes d'intolérance.

La peur est certainement alimentée par les fausses informations, qui, comme vous l'avez récemment dénoncé, se répandent de plus en plus. Comment lutter contre la désinformation sans risquer d'occulter les libertés et les droits fondamentaux au nom de ce combat ?

Partout dans le monde, les gens veulent savoir quoi faire et où s'adresser pour obtenir des conseils. Au lieu de cela, ils doivent faire face à une épidémie de désinformation qui, dans le pire des cas, peut mettre des vies en danger. Je salue les journalistes et les autres personnes engagés dans la vérification des informations et des publications sur les réseaux sociaux.

Pour soutenir ces efforts, j'ai lancé au sein des Nations-Unies une initiative de réponse aux communications, sous le nom de Verified, qui vise à transmettre des informations précises et factuelles aux gens tout en encourageant les solutions et la solidarité alors que nous passons de la crise à la reprise.

Les responsables religieux ont également un rôle à jouer pour mobiliser leurs réseaux et leurs capacités de communication afin d'aider les gouvernements à promouvoir les mesures de santé publique recommandées par l'Organisation Mondiale de la Santé - de la distanciation sociale à l’importance d’une bonne hygiène - et dissiper ainsi les fausses informations et les rumeurs.

Parmi les informations infondées présentes quotidiennement dans l'opinion publique, il y a actuellement beaucoup de critiques à l'égard des agences de l'ONU, comme par exemple l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Alors que nous pleurons les vies perdues à cause du virus, nous désespérons de voir que beaucoup d'autres suivront, en particulier dans les lieux les moins capables de faire face à une pandémie. Il sera crucial de revenir sur le développement de la pandémie et sur la réponse internationale. Mais actuellement, l'Organisation Mondiale de la Santé et l'ensemble du système des Nations-Unies sont engagés dans une course contre la montre pour sauver des vies.

Je suis particulièrement préoccupé par le manque de solidarité adéquate avec les pays en développement, tant pour les équiper afin de répondre à la pandémie de Covid-19 que pour faire face aux conséquences économiques et sociales dramatiques sur les plus pauvres du monde. L’OMS et l'ensemble du système des Nations Unies se sont pleinement mobilisés pour sauver des vies, éviter la famine, atténuer la douleur et planifier le rétablissement.

Nous avons mis sur la table un plan d'action humanitaire mondial de 7,6 milliards de dollars pour les populations les plus vulnérables, y compris les réfugiés et les déplacés à l'intérieur de leur propre pays. Les donateurs ont généreusement promis près d'un milliard de dollars jusqu'à présent et je poursuis mon plaidoyer pour que ce plan soit entièrement financé.

Nos équipes régionales travaillent en coordination avec les gouvernements pour mobiliser des fonds, pour aider les ministères de la santé à se préparer et pour soutenir des mesures économiques et sociales, allant de la sécurité alimentaire et de l'enseignement à domicile aux transferts de fonds et bien plus encore. Nos opérations de paix continuent à remplir leurs importants mandats de protection et à soutenir la paix et les processus politiques.

Le réseau de chaînes d'approvisionnement des Nations-Unies a été mis disposition des pays en développement. Des millions de kits de test, de respirateurs et de masques chirurgicaux ont déjà été distribués dans plus de 100 pays. Nous avons mis en place des vols de solidarité pour acheminer davantage de fournitures et de travailleurs dans des dizaines de pays en Afrique, en Asie et en Amérique Latine.

Et depuis le début, j'ai mobilisé l'expertise de toute la famille des Nations- Unies pour produire une série de rapports et de notes d'orientation afin de fournir des analyses et des conseils pour une réponse efficace et coordonnée de la communauté internationale. (https://www.un.org/en/coronavirus/un-secretary-general)

Nous vivons à une époque où les attaques contre le multilatéralisme se multiplient. Pensez-vous qu'il soit nécessaire de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions internationales ? Et comment cela pourrait-il être fait ?

La collaboration et la contribution de tous les États - y compris les plus puissants - sont essentielles non seulement pour lutter contre la Covid-19 mais aussi pour relever les défis de la paix et de la sécurité auxquels nous sommes confrontés. Il est également essentiel d'aider à créer les conditions d'une reprise efficace dans le monde développé et en développement.

Le virus a démontré notre fragilité mondiale. Et cette fragilité ne se limite pas à nos systèmes de santé. Elle touche toutes les régions du monde et nos institutions. La fragilité des efforts mondiaux coordonnés est mise en évidence par l'échec de notre réponse à la crise climatique, par le risque toujours croissant de prolifération nucléaire, par notre incapacité à nous rassembler pour mieux réguler le web.

La pandémie devrait être un signal d'alarme. Les menaces mondiales mortelles exigent une nouvelle unité et une nouvelle solidarité.

Vous avez ouvertement salué l'initiative européenne visant à développer un vaccin contre la Covid-19. Toutefois, la découverte d'un vaccin pourrait inciter certains à occuper une position dominante au sein de la communauté internationale. Comment pouvons-nous éviter ce risque ? Et avant même de trouver un vaccin, que peut-on faire pour tester les traitements qui ont prouvé leur efficacité ?

Dans un monde interconnecté, aucun d'entre nous n'est en sécurité si tout le monde ne l’est pas. C'était, en quelques mots, l'essence de mon message lors du lancement de de l'initiative “ACT Accelerator” - la collaboration mondiale visant à accélérer le développement, la production et l'accès équitable aux nouveaux diagnostics, aux thérapies et aux vaccins contre la Covid-19.

Cela doit être considéré comme un bien public mondial. Non pas un vaccin ou des traitements pour un pays ou une région ou la moitié du monde - mais un vaccin et un traitement qui soient abordables, sûrs, efficaces, faciles à administrer et universellement disponibles - pour tout le monde, partout. Ce vaccin doit être le vaccin du peuple.

Comment éviter d'avoir des pays de premier et de second rang dans cette lutte contre le virus ? Il y a un danger que la pandémie creuse davantage le fossé entre les riches et les pauvres. Comment pouvons-nous éviter que cela ne se produise ?

La pandémie met en évidence les inégalités partout. Inégalités économiques, disparités dans l'accès aux services de santé et bien plus encore. La pauvreté pourrait augmenter de 500 millions de personnes - la première augmentation en trois décennies.

Nous ne pouvons pas permettre que cela se produise et c'est pourquoi je continue de plaider en faveur d'un plan d'aide mondial qui représente au moins 10 % de l'économie globale. Les pays les plus développés peuvent le faire avec leurs propres ressources, et certains ont déjà commencé à mettre en place de telles mesures. Mais les pays en développement ont besoin d'un soutien massif et urgent.

Le Fonds Monétaire International a déjà approuvé un financement d'urgence pour un premier groupe de pays en développement. La Banque Mondiale a indiqué qu'avec les ressources nouvelles et existantes, elle peut fournir 160 milliards de dollars de financement au cours des 15 prochains mois. Le G20 a approuvé la suspension du remboursement de la dette pour les pays les plus pauvres.

J'apprécie pleinement ces mesures, qui peuvent protéger les personnes, les emplois et favoriser le développement. Mais même cela ne sera pas suffisant et il sera important d'envisager des mesures supplémentaires, notamment l'allègement de la dette, pour éviter des crises financières et économiques durables.

Certains disent qu'après cette pandémie, le monde ne sera plus jamais le même. Quel pourrait être l'avenir des Nations-Unies dans le monde de demain ?

La relance à l’issue de la pandémie offre une possibilité de mettre le monde sur une voie plus sûre, plus saine, plus durable et plus inclusive. Les inégalités et les lacunes en matière de protection sociale qui ont été si douloureusement exposées devront être corrigées. Nous aurons également l'occasion de placer les femmes et l'égalité des sexes au premier plan pour aider à renforcer la résilience aux chocs futurs.

La relance doit également aller de pair avec l'action en faveur du climat. J'ai demandé aux gouvernements de veiller à ce que les dépenses visant à revitaliser les économies soient utilisées pour investir dans l'avenir, et non dans le passé.

L'argent des contribuables doit servir à accélérer la décarbonisation de tous les aspects de notre économie et à privilégier la création d'emplois verts. Il est temps de mettre une taxe sur le carbone et de faire payer les pollueurs à hauteur de leur pollution. Les institutions financières et les investisseurs doivent prendre pleinement en compte les risques climatiques.

Notre modèle reste les objectifs de développement durable et l'accord de Paris sur le changement climatique. Le moment est venu d’être déterminé. Déterminé à vaincre la Covid-19 et à sortir de la crise en construisant un monde meilleur pour tous.

Depuis Jérusalem, une prière commune pour la fin de la pandémie.

publié le 30 mars 2020 à 21:07 par Président ACOS   [ mis à jour : 30 mars 2020 à 21:17 ]

27-03-2020Giada Aquilino - Cité du VaticanJeudi 26 mars, des représentants des religions chrétienne, juive et musulmane, et d’autres confessions se sont rassemblés pour invoquer la fin de la pandémie de coronavirus. Le père Francesco Patton, custode de Terre Sainte, en témoigne et évoque également les dispositions prises à la Basilique du Saint-Sépulcre et le déroulement de la prochaine fête de Pâques.

Afin de s’unir dans la prière, des représentants de toutes les religions présentes en Terre Sainte se sont retrouvés ce jeudi à l'Hôtel de Ville de Jérusalem, devant le New Gate, à proximité du Patriarcat latin et de la Custodie de Terre Sainte. Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, était ainsi présent. Chacun a pu réciter une prière de sa propre tradition pour invoquer la fin de la pandémie.

Célébrations au Saint-Sépulcre

Depuis la basilique du Saint-Sépulcre, dont la fermeture au public a été annoncée hier, Théophile III, patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, le père Francesco Patton, custode de Terre Sainte, et le patriarche arménien de Jérusalem Nourhan Manougian ont par ailleurs annoncé que les célébrations des communautés grecque-orthodoxe, latine et arménienne se poursuivront, bien que pour des raisons de sécurité et afin d'éviter le risque de propagation de Covid-19, le nombre de participants sera limité à quelques personnes.

Le prêtre franciscain Francesco Patton, custode de Terre Sainte, nous explique ce que ce temps de prière commune a représenté pour lui.

«Nous avions déjà espéré, en tant que responsables des trois communautés du Saint-Sépulcre, que tous les enfants d'Abraham puissent prier ensemble le Tout-Puissant pour mettre fin à la pandémie. Durant ce rendez-vous devant la mairie, chacun dans sa propre tradition s'est trouvé à élever cette prière à Dieu. Nous sommes tous des enfants d'Abraham, nous avons donc en quelque sorte cette racine commune qui nous fait invoquer le même "Très Haut, Tout-Puissant, Bon Seigneur", pour reprendre les mots de saint François. Nous avons choisi le "Notre Père", la prière chrétienne par excellence, qui se termine par l'invocation "délivre-nous du mal", laquelle, dans le texte biblique, est une invocation très ouverte, car elle demande la libération du Malin, mais elle demande aussi la libération de toute forme de mal qui peut nous affliger, en termes personnels et au niveau de toute l'humanité.

En pleine épidémie de coronavirus, quelles mesures ont été prises pour la basilique du Saint-Sépulcre?

Pour la Basilique du Saint-Sépulcre, nous avons convenu avec les deux autres grandes communautés, les Grecs et les Arméniens, que la Basilique continue d'être un lieu de prière, de sorte que nos communautés vivant à l'intérieur de la Basilique poursuivent le rythme normal et régulier de la prière. Et elles l'intensifient pour les malades, pour le personnel de santé, pour ceux qui ont des responsabilités civiles et pastorales. En même temps la Basilique continuera de réaliser les célébrations qui sont traditionnelles, celles du Carême par exemple, puis celles de la Semaine Sainte. La Basilique restera donc techniquement ouverte pour les célébrations, en respectant naturellement les dispositions qui évitent la propagation de la contagion, telles que les limitations numériques: il y a évidemment des dispositions prudentielles à respecter, mais il est fondamental pour nous que le Saint-Sépulcre continue d'être un lieu de prière, un lieu d'irradiation de l’espérance parce qu'il est le lieu où Jésus-Christ a vaincu le mal et la mort, et que nous puissions continuer à célébrer nos rites, même si c'est en petit nombre.

Alors avec vous, membres de la Custodie, pour la communauté latine, et en respectant les présences et les distances autorisées? Peut-on dire une dizaine de personnes?

En effet, il en est ainsi, y compris pour les célébrations des Grecs et des Arméniens. Peut-être même moins de dix personnes, mais l'important pour nous est de pouvoir continuer de célébrer à l'intérieur de la Basilique.

Comment se préparer à Pâques en Terre Sainte et dans le monde?

Nous nous préparons à Pâques selon les indications que la Parole de Dieu elle-même nous a données au début du Carême, le mercredi des Cendres, où la dimension personnelle a été mise en évidence: l'Évangile du mercredi des Cendres est celui dans lequel Jésus nous invite à prier en secret, à jeûner en secret, à faire l'aumône en secret. (...) Ensuite, nous nous préparons certainement avec une note de tristesse car il n'est pas possible de tout faire comme les années précédentes, avec la participation des fidèles locaux et d’un grand nombre de pèlerins. Mais nous devons nous rappeler ce que Jésus nous dit: si deux ou trois personnes sont rassemblées en son nom, il est présent. Dans ces circonstances, nous le vivons plus fortement. Alors la prière a toujours une valeur universelle, nous ne devons jamais oublier que l'efficacité de la prière n'est pas liée à la dimension de masse, mais elle est liée à cette communion particulière que l'Esprit Saint établit entre les croyants en les transformant en Corps du Christ. Je sais donc que lorsque je célèbre, même si je suis physiquement seul, toute la communauté chrétienne est présente, et je suis en communion avec tous ceux qui sont en communion avec Notre Seigneur Jésus-Christ, par le don de l'Esprit, et avec Lui en communion avec le Père. Nous devons donc aussi retrouver une dimension de l'être chrétien qui ne soit pas purement sociologique (...). Ces circonstances nous rappellent que l'Église est un mystère et un corps mystique, et pas seulement des personnes.

Que signifie le coronavirus pour la Terre Sainte et le monde, et quel est votre souhait?

Le  coronavirus appartient à la catégorie des pandémies, il s'agit donc de situations qui se produisent de manière cyclique au cours de l'histoire de l'humanité: dans le passé, nous avons connu des pestes, des épidémies de choléra, ce n'est donc malheureusement pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est que dans un contexte comme le nôtre, dans lequel nous pensions pouvoir tout dominer grâce à la science, à la technologie et à nos capacités, nous nous retrouvons à nouveau comme Adam, c'est-à-dire nus, sans défense. Dans ce contexte, nous retrouvons le sens de la limite: cela ne signifie pas automatiquement retrouver le sens de Dieu, de notre lien avec Lui et de notre dépendance à son égard, mais ces situations devraient nous aider d'une certaine manière à comprendre qu'il y a beaucoup plus que ce que nous pensons être capable de dominer. C'est une réalité qui devrait s'ouvrir à de nouvelles réflexions, sur notre être comme humain, sur notre appartenance à la création et aussi sur notre être comme croyant qui a néanmoins confiance en un Dieu qui est Père et continue à prendre soin de nous, en nous donnant cette plénitude de vie que nous célébrons à Pâques et que nous appelons, comme chrétiens, la participation à la Résurrection du Christ.»

Source.

Des reliques offertes par le Pape au patriarche de l'Eglise orthodoxe bulgare.

publié le 22 mars 2020 à 13:32 par Président ACOS   [ mis à jour : 22 mars 2020 à 13:46 ]

2-03-2020 - Le nonce apostolique à Sofia a offert ce jeudi, au nom du Pape François des reliques de Saint Clément et Saint Potit de Serdica au Patriarche Néophyte, chef de l'Eglise orthodoxe de Bulgarie. Le Patriarche de l'Eglise orthodoxe de Bulgarie a exprimé sa joie devant le «geste fraternel» du Souverain Pontife.

Le nonce apostolique à Sofia Mgr Anselmo Guido Pecorari s'est rendu ce jeudi avec une délégation au patriarcat de l'Eglise orthodoxe bulgare pour un geste œcuménique important: il a remis au patriarche Neophyte des reliques de Saint Clément et Saint Potit, cadeau de la part du Pape François. 

La prière du Pape pour l'unité des chrétiens

Lors de la rencontre «chaleureuse» entre la délégation de l'Eglise catholique présente en Bulgarie et la délégation du Patriarche bulgare, Mgr Pecorari a souligné que le «précieux» don de reliques est «un signe de la volonté du Pape de rechercher et de prier pour l'unité des chrétiens et du respect mutuel qui caractérise les relations entre le Saint-Siège et le Patriarcat orthodoxe de Bulgarie». «La relique du Pape Saint Clément revient, avec celle de Saint Potit, sur ces terres où - a ajouté le prélat - ont vécu les deux saints martyrs et qui ont été les témoins de l'œuvre missionnaire des saints Cyrille et Méthode»

Une grande bénédiction

Sa Sainteté Neophyte a exprimé sa joie pour ce «geste fraternel» fait à l'Eglise orthodoxe de Bulgarie, qui reçoit le don du Pape comme «une grande bénédiction». Le Patriarche a également rappelé les fragments d'autres reliques qui avaient été donnés à l'Église orthodoxe de Bulgarie par Saint Jean-Paul II en 2002, celles de Saint Dacio de Dorostol, et par le Pape émérite Benoît XVI en 2006, celles de Saint Georges le Martyr. «Le témoignage de la foi des saints et des martyrs du Christ - a précisé le patriarche Néophyte - est une preuve évidente de nos bonnes relations, qui restent et continueront d'exister dans la paix, la compréhension et le respect mutuel».

Clément et Potit

Selon une tradition ancienne, Saint Clément et Saint Potit sont liés à Serdica, le nom original de Sofia, Saint Clément est considéré comme le premier évêque de la ville. Ses restes ont été solennellement apportés à Rome par les Saints Cyrille et Méthode. Saint Potit est mort en martyr à l'époque de l'empereur Antonin Le Pieux  et enterré à Tricarico, dans les Pouilles. Les reliques pourront être vénérées à partir du 24 mars dans l'ancienne basilique paléochrétienne de Sainte-Sophie, où une célébration solennelle est prévue, tandis que le jour suivant, une liturgie divine est sera présidée par le patriarche Neophyte.

Source : Vatican News

Face au coronavirus, un effort œcuménique pour protéger la vie.

publié le 22 mars 2020 à 13:20 par Président ACOS   [ mis à jour : 22 mars 2020 à 13:26 ]

22-03-2020 - Le Conseil œcuménique des Églises diffuse un message pour encourager la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

«Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger la vie», afin que tous puissent l'avoir en abondance comme le Seigneur le veut. Tel est l'appel urgent lancé par Olav Tveit et Agnes Abuom, respectivement secrétaire général et modératrice du Comité central du Conseil œcuménique des Eglises (COE), dans une lettre adressée à tous ses membres sur l'urgence actuelle du coronavirus.

«Prier et travailler pour la justice et la paix, c'est aussi prier et travailler pour la santé», peut-on lire dans la lettre. «Nous pouvons et devons briser la chaîne de transmission du virus». Cela implique «le strict respect des mesures, des limites et des conseils des autorités sanitaires et s'appuie sur les connaissances scientifiques fiables fournies par l'Organisation mondiale de la santé».

«À un moment comme celui-ci, les communautés religieuses peuvent agir sur différents fronts en défendant la solidarité, la responsabilité, la sagesse et la sollicitude», écrivent les deux dirigeants, rappelant notamment la situation dramatique de tous ceux qui, par leur isolement, risquent de perdre leurs moyens de subsistance et de ceux qui, en raison de conditions de vie déjà précaires, n'ont pas la possibilité de respecter les distances de sécurité.

Pas de réunion physique mais l’union dans la prière

La contribution des communautés chrétiennes est fondamentale : «Pour nous, il est important de nous unir dans la prière et dans notre fraternité chrétienne, mais en ce moment de crise, par amour les uns pour les autres et pour notre prochain, nous ne devons pas nous réunir, nous toucher ou nous embrasser», ont souligné les dirigeants du COE. Au contraire, nous sommes appelés aujourd'hui à toucher le cœur de l'autre, avec ce que nous disons, partageons et faisons et ne faisons pas pour protéger la vie que Dieu aime tant. Inspirés par cet amour, nous devons adapter nos cultes et notre communauté fraternelle aux besoins de cette période de pandémie pour éviter le risque de devenir des sources de contagion au lieu de la grâce. D'où la vive exhortation à suivre les conseils et les recommandations pratiques des autorités sanitaires pour protéger les personnes, mesures que de nombreuses Églises locales, ainsi que le COE lui-même à Genève, prennent déjà.  

Le COE adresse donc des paroles d'encouragement à toutes les Églises du monde qui se sont engagées à faire face à la crise sanitaire, en veillant à ce que toutes aient «la vie en abondance» et concluent par les paroles de Saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens : «Il reste donc ces trois choses : la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande d'entre elles est la charité» (1 Co 13,13).

Face à la propagation rapide du Coronavirus dans de nombreux pays, le Conseil œcuménique des Eglises a lancé sur son site Internet la page spéciale "Faire face au Coronavirus" avec des informations actualisées sur la situation, les recommandations de l'OMS, des suggestions de prières et des initiatives prises par le COE lui-même et les Églises locales.

L’Église orthodoxe russe est satisfaite des conclusions de la conférence inter-orthodoxe d’Amman.

publié le 2 mars 2020 à 12:01 par Président ACOS   [ mis à jour : 14 mars 2020 à 10:41 ]

27-02-2020 - Les participants de la rencontre des primats et des délégations des Églises locales orthodoxes qui s’est tenue ce mercredi à Amman, ne se sont pas fixés pour objectif de résoudre d’un coup toutes les questions douloureuses, l’essentiel, selon le patriarcat de Moscou, était de lancer le processus de résolution.

« Les conclusions sont contenues dans le communiqué de presse. Il y est clairement indiqué que le but de la rencontre n’était pas de tout résoudre d’un coup — ce qui n’aurait pas été réaliste, mais tenant compte de la profondeur de la crise, de s’entendre sur le début d’un dialogue en définissant des délais concrets et des voies pour le poursuivre, » a déclaré à Interfax l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du Département des relations ecclésiales extérieures.

Selon lui, le seul fait de se réunir pour discuter sereinement des problèmes réels et de reconnaître que la situation en Ukraine « n’est en rien réglée, ce qu’affirme le patriarcat de Constantinople » et que le maintien de l’unité du pays et sa pacification exigent un véritable dialogue entre tous les orthodoxes.

Et les participants à la rencontre ont invité les autres primats, dont celui de Constantinople, à ne pas refuser de telles rencontres, mais à participer dans l’avenir au dialogue commun.

Le représentant de l’Église orthodoxe russe a souligné que la rencontre s’est déroulée dans un esprit fraternel autour d’une table ronde, qu’elle a débuté par une prière chantée en grec, en slavon russe et en slavon roumain. La session a été présidée par le patriarche de Jérusalem qui a proposé de présider la seconde au patriarche Cyrille.

« Dans son allocution, le patriarche Cyrille a clairement défini les traits essentiels de la crise actuelle du monde orthodoxe. Le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine a fait une allocution remarquée. Il a d’ailleurs, tout comme le patriarche Cyrille, activement et avec aisance, pris part à la rédaction, en anglais, du communiqué final. »

Toujours selon le père Nicolas Balachov, le climat de la rencontre était paisible, sereine et attentif à la position de chaque Église, de chaque participant. « Le patriarche Cyrille a fait remarquer que se sentait là, très vraisemblablement, la proximité des Lieux Saints. À plusieurs reprises les participants ont souligné que l’Église de Jérusalem, qui est à l’initiative de cette rencontre, est la véritable Mère de toutes les Églises, ce qu’elle a encore fois réussi à démontrer. »

Amman, le 27 février 2020, INTERFAX
Traduction PO
В РПЦ довольны итогами межправославной встречи в Аммане


1-10 of 79