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26-05-2020 - Antonio Gueterres : "Les menaces mondiales exigent une nouvelle solidarité".

7-03-2020 - Depuis Jérusalem, une prière commune pour la fin de la pandémie.

22-03-2020 - Face au Corona virus, un effort oecuménique pour protéger la vie.

29-02-2020 - L'Eglise orthodoxe russe est satisfaite des conclusions de la conférence inter-orthodoxe d'Amman.

23-02-2020 - Le Pape François exhorte à faire de la méditerranée un espace de résurrection

20-02-2020 - Une rencontre panorthodoxe consacrée à la situation en Ukraine se tiendra à Amman.

20-02-2020 - La rencontre de Bari, une démarche d'unité pour les Eglises de la Méditerranée. 

14-02-2020 - « La priorité, protéger le christianisme au Moyen-Orient » déclare le métropolite Hilarion.

14-02-2020 - Une exposition d'icônes bulgares, prévue au Louvre, annulée pour raisons de "sacralité".

13-02-2020 - Orrthodoxie : le pape reçoit le métropolite russe Hilarion.

13-02-2020 - Entre catholiques et orthodoxes, “le dialogue théologique poursuit son chemin”, estime Mgr Palmieri.

24-01-2020 - Le Pape François : « L’hospitalité entre chrétiens est une vertu œcuménique ».

23-01-2020 - La vie oecuménique en Ile et Vilaine (France).

22-01-2020 - A Bucarest, le dialogue oecuménique se tient à la bibliothèque.

21-01-2020 - Ukraine : La nouvelle Eglise autocéphale s'organise.

18-01-2020 - L’hospitalité, au cœur de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2020.

18-01-2020 - Semaine de l'unité : le Pape exhorte les chrétiens à se faire "messagers d'humanité".

16-01-2020 - Le nouveau patriarche arménien de Constantinople a été intronisé.

14-01-2020 - Un Evêque catholique italien omet la lecture du Credo durant la messe.

08-01-2020 - La semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2020 à Montpellier

21-12-2019 - Le patriarche de Moscou, Cyrille, appelle le clergé à ne pas faire de la confession un interrogatoire

20-12-2019 - Le patriarche Cyrille admet une introduction partielle du russe dans les offices divins.

16-12-2019 - Vers l'unité de l'Eglise en Orient et en Occident.

10-12-2019 - Bartholomée souligne le besoin de communion entre Orient et Occident.

18-11-2019 - Une paroisse orthodoxe à Tours.

16-10-2019 - Mise en garde de l'Archevêque d'Alba Iulia (Roumanie) à l'égard de technologie.

16-10-2019 - Mgr Emmanuel a consacré l’église du monastère de Solans dans le Gard.

12-10-2019 - Parution "d'ecclésiologie en dialogues" : Jean Zizioulas et Walter Kasper.

07-10-2019 - Rencontre entre orthodoxes et catholiques le 18-10-19 à Montpellier.

19-09-2019 - Le Pape invite à vivre la synodalité comme un axe œcuménique.

14-09-2019 - La lettre du Pape au Patriarche Bartholomée sur les reliques de Saint-Pierre.

18-08-2019 Conférence de presse pendant le pèlerinage œcuménique du pape François au COE.

18-08-2019 Pays-Bas : Le Conseil Oecuménique des Eglises célèbre son 70ème anniversaire.
















"Ut unum sint": l’appel du Pape François à l’unité des chrétiens.

publié le par Président ACOS   [ mis à jour : ]

26-05-2020L’encyclique "Ut unum sint" signée par Saint Jean-Paul II célèbre ses 25 ans ce lundi 25 mai 2020. Marquant ce quart de siècle d'existence, le Pape François a adressé une lettre au cardinal suisse Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, dans laquelle il salue les progrès réalisés en faveur de l’unité de l’Église, «grâce à l’Esprit Saint».

«Le regard tourné vers l’horizon du Jubilé de l’an 2000, il voulait que, dans son cheminement vers le troisième millénaire, l’Église ait présente à l’esprit l’ardente prière de son Maître et Seigneur: «Qu’ils soient un!» (Jn 17, 21)».

Ainsi le Pape François revient sur la genèse de cette encyclique, qui a confirmé «de manière irréversible» l’engagement œcuménique de l’Église, et rappelle le grand rôle joué par l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint harmonise l’Église

«Le Concile Vatican II a reconnu que le mouvement pour le rétablissement de l’unité de tous les chrétiens est né sous l’effet de la grâce de l’Esprit Saint. Seul l’Esprit Saint peut susciter la diversité, la multiplicité et, en même temps, opérer l’unité. […] C’est Lui qui harmonise l’Église», déclare le Saint-Père dans cette lettre. 

En cet anniversaire d'Ut Unum Sint, le Pape François dit ainsi rendre grâce au Seigneur «pour le chemin qu’il nous a permis de parcourir en tant que chrétiens dans la recherche de la pleine communion», et fait savoir qu’il partage aussi «la saine impatience de ceux qui pensent parfois que nous pourrions et devrions nous engager davantage».

Toutefois, nous ne devons pas manquer de foi et de reconnaissance, assure le Souverain pontife, car «de nombreux pas ont été faits en ces décennies pour guérir les blessures séculaires et millénaires». Et le Pape de citer par exemple, la connaissance et l’estime réciproques qui se sont accrues, en aidant à surmonter les préjudices enracinés; le dialogue théologique et celui de la charité qui se sont développés. 

Lancements d’un Vademecum et d’une revue

Le Saint-Père salue aussi deux initiatives récentes: le Vademecum œcuménique pour les évêques, qui sera publié l’automne prochain, comme «encouragement et guide» dans l’exercice de leurs responsabilités œcuméniques, et le lancement de la revue Acta Œcumenica, qui, en renouvelant le Service d’Information du Dicastère, va devenir une aide pour ceux qui travaillent au service de l’unité. 

Un nouvel élan pour la cause œcuménique

Une chose est certaine, souligne enfin l’évêque de Rome, l’unité n’est pas principalement le résultat de notre action, mais «elle est un don de l’Esprit Saint». «Invoquons donc avec confiance l’Esprit, afin qu’il guide nos pas et que chacun ressente avec un nouvel élan l’appel à œuvrer pour la cause œcuménique ; qu’il nous inspire de nouveaux gestes prophétiques et renforce la charité fraternelle entre tous les disciples du Christ, «pour que le monde croie» (Jn 17, 21) et que se multiplie la louange au Père qui est dans les Cieux», conclut le Successeur de Pierre dans cette lettre au cardinal Koch.

Antonio Guterres : "Les menaces mondiales exigent une nouvelle solidarité".

publié le par Président ACOS   [ mis à jour : ]

26-05-2020Andrea Monda, Directeur de l'Osservatore Romano - La pandémie doit être un signal d'alarme. Les menaces mondiales mortelles appellent une nouvelle unité et une nouvelle solidarité. C'est ce que souligne le secrétaire général des Nations unies dans cette interview exclusive aux médias du Vatican, et dans laquelle António Guterres exprime sa profonde gratitude au Pape François pour son soutien à l'appel à un cessez-le-feu mondial.

Entretien avec le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres

Récemment, vous avez lancé un appel à la paix dans le monde, un monde touché par la pandémie. Cette initiative rejoint une fois de plus celles prises par le Pape François - que vous avez rencontré à la fin de l'année dernière, lorsque vous avez délivré ensemble un message vidéo - qui ne cesse de demander l'arrêt de toutes les guerres. Vous l'avez dit: «La fureur du virus illustre la folie de la guerre.» Pourquoi, selon vous, est-il si difficile de faire passer ce message ?

Tout d'abord, je voudrais renouveler ma profonde gratitude au Pape François pour son soutien à mon appel mondial au cessez-le-feu et au travail des Nations-Unies. Son engagement mondial, sa compassion et ses appels à l'unité réaffirment les valeurs fondamentales qui guident notre travail : réduire la souffrance humaine et promouvoir la dignité humaine.

Lorsque j'ai lancé l'appel au cessez-le-feu, mon message aux parties en conflit dans le monde entier était simple : les combats doivent cesser afin que nous puissions nous concentrer sur notre ennemi commun, la Covid-19.

À ce jour, l'appel a été approuvé par 115 gouvernements, des organisations régionales, plus de 200 groupes de la société civile ainsi que d'autres chefs religieux. Seize groupes armés se sont engagés à mettre fin à la violence. Des millions de personnes ont également signé un appel à l'aide en ligne. Mais la méfiance reste grande, et il est difficile de transformer ces engagements en actions qui fassent la différence dans la vie des personnes touchées par le conflit.

Mes représentants et envoyés spéciaux travaillent sans relâche dans le monde entier, avec ma propre participation directe si nécessaire, pour transformer les intentions exprimées en cessez-le-feu effectifs. Je continue à appeler les parties en conflit et tous ceux qui peuvent avoir une influence sur elles, à placer la santé et la sécurité des personnes au premier plan.

Je voudrais également mentionner un autre appel que j'ai lancé et que je considère comme essentiel : un appel à la paix dans les foyers. Partout dans le monde, alors que la pandémie se propage, nous constatons également une augmentation alarmante de la violence à l'égard des femmes et des filles. J'ai demandé aux gouvernements, à la société civile et à tous ceux qui peuvent aider dans le monde entier de se mobiliser pour mieux protéger les femmes. J'ai également appelé les responsables religieux de toutes les confessions à condamner sans équivoque tous les actes de violence contre les femmes et les filles et à défendre les principes fondamentaux de l'égalité.

Il y a quelques mois, avant que la pandémie n'éclate, vous avez dit que la peur était «la marque la plus vendue». C'est une chose qui, ces dernières semaines, pourrait être encore plus amplifiée. Comment, selon vous, est-il possible de lutter contre le sentiment de peur qui se répand dans les populations, surtout en ces temps difficiles ?

La pandémie de Covid-19 n'est pas uniquement une urgence sanitaire mondiale. Ces dernières semaines, on a assisté à une recrudescence des théories du complot et du sentiment anti-étranger. Dans certains cas, des journalistes, des professionnels de la santé ou des défenseurs des droits de l'homme ont été pris pour cible simplement parce qu'ils faisaient leur travail.

Depuis le tout début de cette crise, je plaide pour la solidarité au sein des sociétés et entre les pays. Notre réponse doit être fondée sur les droits de l'homme et la dignité humaine. J'ai également appelé les établissements d'enseignement à se concentrer sur la culture numérique, et j'ai demandé aux médias, en particulier aux entreprises de réseaux sociaux, de faire beaucoup plus pour signaler et supprimer les contenus racistes, misogynes et autres contenus préjudiciables, conformément à la législation internationale sur les droits de l’homme.

Les responsables religieux ont un rôle crucial à jouer pour promouvoir le respect mutuel dans leurs communautés et au-delà. Ils sont bien placés pour remettre en question les messages inexacts et préjudiciables, et pour encourager toutes les communautés à promouvoir la non-violence, à rejeter la xénophobie, le racisme et toutes les formes d'intolérance.

La peur est certainement alimentée par les fausses informations, qui, comme vous l'avez récemment dénoncé, se répandent de plus en plus. Comment lutter contre la désinformation sans risquer d'occulter les libertés et les droits fondamentaux au nom de ce combat ?

Partout dans le monde, les gens veulent savoir quoi faire et où s'adresser pour obtenir des conseils. Au lieu de cela, ils doivent faire face à une épidémie de désinformation qui, dans le pire des cas, peut mettre des vies en danger. Je salue les journalistes et les autres personnes engagés dans la vérification des informations et des publications sur les réseaux sociaux.

Pour soutenir ces efforts, j'ai lancé au sein des Nations-Unies une initiative de réponse aux communications, sous le nom de Verified, qui vise à transmettre des informations précises et factuelles aux gens tout en encourageant les solutions et la solidarité alors que nous passons de la crise à la reprise.

Les responsables religieux ont également un rôle à jouer pour mobiliser leurs réseaux et leurs capacités de communication afin d'aider les gouvernements à promouvoir les mesures de santé publique recommandées par l'Organisation Mondiale de la Santé - de la distanciation sociale à l’importance d’une bonne hygiène - et dissiper ainsi les fausses informations et les rumeurs.

Parmi les informations infondées présentes quotidiennement dans l'opinion publique, il y a actuellement beaucoup de critiques à l'égard des agences de l'ONU, comme par exemple l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Alors que nous pleurons les vies perdues à cause du virus, nous désespérons de voir que beaucoup d'autres suivront, en particulier dans les lieux les moins capables de faire face à une pandémie. Il sera crucial de revenir sur le développement de la pandémie et sur la réponse internationale. Mais actuellement, l'Organisation Mondiale de la Santé et l'ensemble du système des Nations-Unies sont engagés dans une course contre la montre pour sauver des vies.

Je suis particulièrement préoccupé par le manque de solidarité adéquate avec les pays en développement, tant pour les équiper afin de répondre à la pandémie de Covid-19 que pour faire face aux conséquences économiques et sociales dramatiques sur les plus pauvres du monde. L’OMS et l'ensemble du système des Nations Unies se sont pleinement mobilisés pour sauver des vies, éviter la famine, atténuer la douleur et planifier le rétablissement.

Nous avons mis sur la table un plan d'action humanitaire mondial de 7,6 milliards de dollars pour les populations les plus vulnérables, y compris les réfugiés et les déplacés à l'intérieur de leur propre pays. Les donateurs ont généreusement promis près d'un milliard de dollars jusqu'à présent et je poursuis mon plaidoyer pour que ce plan soit entièrement financé.

Nos équipes régionales travaillent en coordination avec les gouvernements pour mobiliser des fonds, pour aider les ministères de la santé à se préparer et pour soutenir des mesures économiques et sociales, allant de la sécurité alimentaire et de l'enseignement à domicile aux transferts de fonds et bien plus encore. Nos opérations de paix continuent à remplir leurs importants mandats de protection et à soutenir la paix et les processus politiques.

Le réseau de chaînes d'approvisionnement des Nations-Unies a été mis disposition des pays en développement. Des millions de kits de test, de respirateurs et de masques chirurgicaux ont déjà été distribués dans plus de 100 pays. Nous avons mis en place des vols de solidarité pour acheminer davantage de fournitures et de travailleurs dans des dizaines de pays en Afrique, en Asie et en Amérique Latine.

Et depuis le début, j'ai mobilisé l'expertise de toute la famille des Nations- Unies pour produire une série de rapports et de notes d'orientation afin de fournir des analyses et des conseils pour une réponse efficace et coordonnée de la communauté internationale. (https://www.un.org/en/coronavirus/un-secretary-general)

Nous vivons à une époque où les attaques contre le multilatéralisme se multiplient. Pensez-vous qu'il soit nécessaire de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions internationales ? Et comment cela pourrait-il être fait ?

La collaboration et la contribution de tous les États - y compris les plus puissants - sont essentielles non seulement pour lutter contre la Covid-19 mais aussi pour relever les défis de la paix et de la sécurité auxquels nous sommes confrontés. Il est également essentiel d'aider à créer les conditions d'une reprise efficace dans le monde développé et en développement.

Le virus a démontré notre fragilité mondiale. Et cette fragilité ne se limite pas à nos systèmes de santé. Elle touche toutes les régions du monde et nos institutions. La fragilité des efforts mondiaux coordonnés est mise en évidence par l'échec de notre réponse à la crise climatique, par le risque toujours croissant de prolifération nucléaire, par notre incapacité à nous rassembler pour mieux réguler le web.

La pandémie devrait être un signal d'alarme. Les menaces mondiales mortelles exigent une nouvelle unité et une nouvelle solidarité.

Vous avez ouvertement salué l'initiative européenne visant à développer un vaccin contre la Covid-19. Toutefois, la découverte d'un vaccin pourrait inciter certains à occuper une position dominante au sein de la communauté internationale. Comment pouvons-nous éviter ce risque ? Et avant même de trouver un vaccin, que peut-on faire pour tester les traitements qui ont prouvé leur efficacité ?

Dans un monde interconnecté, aucun d'entre nous n'est en sécurité si tout le monde ne l’est pas. C'était, en quelques mots, l'essence de mon message lors du lancement de de l'initiative “ACT Accelerator” - la collaboration mondiale visant à accélérer le développement, la production et l'accès équitable aux nouveaux diagnostics, aux thérapies et aux vaccins contre la Covid-19.

Cela doit être considéré comme un bien public mondial. Non pas un vaccin ou des traitements pour un pays ou une région ou la moitié du monde - mais un vaccin et un traitement qui soient abordables, sûrs, efficaces, faciles à administrer et universellement disponibles - pour tout le monde, partout. Ce vaccin doit être le vaccin du peuple.

Comment éviter d'avoir des pays de premier et de second rang dans cette lutte contre le virus ? Il y a un danger que la pandémie creuse davantage le fossé entre les riches et les pauvres. Comment pouvons-nous éviter que cela ne se produise ?

La pandémie met en évidence les inégalités partout. Inégalités économiques, disparités dans l'accès aux services de santé et bien plus encore. La pauvreté pourrait augmenter de 500 millions de personnes - la première augmentation en trois décennies.

Nous ne pouvons pas permettre que cela se produise et c'est pourquoi je continue de plaider en faveur d'un plan d'aide mondial qui représente au moins 10 % de l'économie globale. Les pays les plus développés peuvent le faire avec leurs propres ressources, et certains ont déjà commencé à mettre en place de telles mesures. Mais les pays en développement ont besoin d'un soutien massif et urgent.

Le Fonds Monétaire International a déjà approuvé un financement d'urgence pour un premier groupe de pays en développement. La Banque Mondiale a indiqué qu'avec les ressources nouvelles et existantes, elle peut fournir 160 milliards de dollars de financement au cours des 15 prochains mois. Le G20 a approuvé la suspension du remboursement de la dette pour les pays les plus pauvres.

J'apprécie pleinement ces mesures, qui peuvent protéger les personnes, les emplois et favoriser le développement. Mais même cela ne sera pas suffisant et il sera important d'envisager des mesures supplémentaires, notamment l'allègement de la dette, pour éviter des crises financières et économiques durables.

Certains disent qu'après cette pandémie, le monde ne sera plus jamais le même. Quel pourrait être l'avenir des Nations-Unies dans le monde de demain ?

La relance à l’issue de la pandémie offre une possibilité de mettre le monde sur une voie plus sûre, plus saine, plus durable et plus inclusive. Les inégalités et les lacunes en matière de protection sociale qui ont été si douloureusement exposées devront être corrigées. Nous aurons également l'occasion de placer les femmes et l'égalité des sexes au premier plan pour aider à renforcer la résilience aux chocs futurs.

La relance doit également aller de pair avec l'action en faveur du climat. J'ai demandé aux gouvernements de veiller à ce que les dépenses visant à revitaliser les économies soient utilisées pour investir dans l'avenir, et non dans le passé.

L'argent des contribuables doit servir à accélérer la décarbonisation de tous les aspects de notre économie et à privilégier la création d'emplois verts. Il est temps de mettre une taxe sur le carbone et de faire payer les pollueurs à hauteur de leur pollution. Les institutions financières et les investisseurs doivent prendre pleinement en compte les risques climatiques.

Notre modèle reste les objectifs de développement durable et l'accord de Paris sur le changement climatique. Le moment est venu d’être déterminé. Déterminé à vaincre la Covid-19 et à sortir de la crise en construisant un monde meilleur pour tous.

Depuis Jérusalem, une prière commune pour la fin de la pandémie.

publié le 30 mars 2020 à 21:07 par Président ACOS   [ mis à jour : 30 mars 2020 à 21:17 ]

27-03-2020Giada Aquilino - Cité du VaticanJeudi 26 mars, des représentants des religions chrétienne, juive et musulmane, et d’autres confessions se sont rassemblés pour invoquer la fin de la pandémie de coronavirus. Le père Francesco Patton, custode de Terre Sainte, en témoigne et évoque également les dispositions prises à la Basilique du Saint-Sépulcre et le déroulement de la prochaine fête de Pâques.

Afin de s’unir dans la prière, des représentants de toutes les religions présentes en Terre Sainte se sont retrouvés ce jeudi à l'Hôtel de Ville de Jérusalem, devant le New Gate, à proximité du Patriarcat latin et de la Custodie de Terre Sainte. Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, était ainsi présent. Chacun a pu réciter une prière de sa propre tradition pour invoquer la fin de la pandémie.

Célébrations au Saint-Sépulcre

Depuis la basilique du Saint-Sépulcre, dont la fermeture au public a été annoncée hier, Théophile III, patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, le père Francesco Patton, custode de Terre Sainte, et le patriarche arménien de Jérusalem Nourhan Manougian ont par ailleurs annoncé que les célébrations des communautés grecque-orthodoxe, latine et arménienne se poursuivront, bien que pour des raisons de sécurité et afin d'éviter le risque de propagation de Covid-19, le nombre de participants sera limité à quelques personnes.

Le prêtre franciscain Francesco Patton, custode de Terre Sainte, nous explique ce que ce temps de prière commune a représenté pour lui.

«Nous avions déjà espéré, en tant que responsables des trois communautés du Saint-Sépulcre, que tous les enfants d'Abraham puissent prier ensemble le Tout-Puissant pour mettre fin à la pandémie. Durant ce rendez-vous devant la mairie, chacun dans sa propre tradition s'est trouvé à élever cette prière à Dieu. Nous sommes tous des enfants d'Abraham, nous avons donc en quelque sorte cette racine commune qui nous fait invoquer le même "Très Haut, Tout-Puissant, Bon Seigneur", pour reprendre les mots de saint François. Nous avons choisi le "Notre Père", la prière chrétienne par excellence, qui se termine par l'invocation "délivre-nous du mal", laquelle, dans le texte biblique, est une invocation très ouverte, car elle demande la libération du Malin, mais elle demande aussi la libération de toute forme de mal qui peut nous affliger, en termes personnels et au niveau de toute l'humanité.

En pleine épidémie de coronavirus, quelles mesures ont été prises pour la basilique du Saint-Sépulcre?

Pour la Basilique du Saint-Sépulcre, nous avons convenu avec les deux autres grandes communautés, les Grecs et les Arméniens, que la Basilique continue d'être un lieu de prière, de sorte que nos communautés vivant à l'intérieur de la Basilique poursuivent le rythme normal et régulier de la prière. Et elles l'intensifient pour les malades, pour le personnel de santé, pour ceux qui ont des responsabilités civiles et pastorales. En même temps la Basilique continuera de réaliser les célébrations qui sont traditionnelles, celles du Carême par exemple, puis celles de la Semaine Sainte. La Basilique restera donc techniquement ouverte pour les célébrations, en respectant naturellement les dispositions qui évitent la propagation de la contagion, telles que les limitations numériques: il y a évidemment des dispositions prudentielles à respecter, mais il est fondamental pour nous que le Saint-Sépulcre continue d'être un lieu de prière, un lieu d'irradiation de l’espérance parce qu'il est le lieu où Jésus-Christ a vaincu le mal et la mort, et que nous puissions continuer à célébrer nos rites, même si c'est en petit nombre.

Alors avec vous, membres de la Custodie, pour la communauté latine, et en respectant les présences et les distances autorisées? Peut-on dire une dizaine de personnes?

En effet, il en est ainsi, y compris pour les célébrations des Grecs et des Arméniens. Peut-être même moins de dix personnes, mais l'important pour nous est de pouvoir continuer de célébrer à l'intérieur de la Basilique.

Comment se préparer à Pâques en Terre Sainte et dans le monde?

Nous nous préparons à Pâques selon les indications que la Parole de Dieu elle-même nous a données au début du Carême, le mercredi des Cendres, où la dimension personnelle a été mise en évidence: l'Évangile du mercredi des Cendres est celui dans lequel Jésus nous invite à prier en secret, à jeûner en secret, à faire l'aumône en secret. (...) Ensuite, nous nous préparons certainement avec une note de tristesse car il n'est pas possible de tout faire comme les années précédentes, avec la participation des fidèles locaux et d’un grand nombre de pèlerins. Mais nous devons nous rappeler ce que Jésus nous dit: si deux ou trois personnes sont rassemblées en son nom, il est présent. Dans ces circonstances, nous le vivons plus fortement. Alors la prière a toujours une valeur universelle, nous ne devons jamais oublier que l'efficacité de la prière n'est pas liée à la dimension de masse, mais elle est liée à cette communion particulière que l'Esprit Saint établit entre les croyants en les transformant en Corps du Christ. Je sais donc que lorsque je célèbre, même si je suis physiquement seul, toute la communauté chrétienne est présente, et je suis en communion avec tous ceux qui sont en communion avec Notre Seigneur Jésus-Christ, par le don de l'Esprit, et avec Lui en communion avec le Père. Nous devons donc aussi retrouver une dimension de l'être chrétien qui ne soit pas purement sociologique (...). Ces circonstances nous rappellent que l'Église est un mystère et un corps mystique, et pas seulement des personnes.

Que signifie le coronavirus pour la Terre Sainte et le monde, et quel est votre souhait?

Le  coronavirus appartient à la catégorie des pandémies, il s'agit donc de situations qui se produisent de manière cyclique au cours de l'histoire de l'humanité: dans le passé, nous avons connu des pestes, des épidémies de choléra, ce n'est donc malheureusement pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est que dans un contexte comme le nôtre, dans lequel nous pensions pouvoir tout dominer grâce à la science, à la technologie et à nos capacités, nous nous retrouvons à nouveau comme Adam, c'est-à-dire nus, sans défense. Dans ce contexte, nous retrouvons le sens de la limite: cela ne signifie pas automatiquement retrouver le sens de Dieu, de notre lien avec Lui et de notre dépendance à son égard, mais ces situations devraient nous aider d'une certaine manière à comprendre qu'il y a beaucoup plus que ce que nous pensons être capable de dominer. C'est une réalité qui devrait s'ouvrir à de nouvelles réflexions, sur notre être comme humain, sur notre appartenance à la création et aussi sur notre être comme croyant qui a néanmoins confiance en un Dieu qui est Père et continue à prendre soin de nous, en nous donnant cette plénitude de vie que nous célébrons à Pâques et que nous appelons, comme chrétiens, la participation à la Résurrection du Christ.»

Source.

Des reliques offertes par le Pape au patriarche de l'Eglise orthodoxe bulgare.

publié le 22 mars 2020 à 13:32 par Président ACOS   [ mis à jour : 22 mars 2020 à 13:46 ]

2-03-2020 - Le nonce apostolique à Sofia a offert ce jeudi, au nom du Pape François des reliques de Saint Clément et Saint Potit de Serdica au Patriarche Néophyte, chef de l'Eglise orthodoxe de Bulgarie. Le Patriarche de l'Eglise orthodoxe de Bulgarie a exprimé sa joie devant le «geste fraternel» du Souverain Pontife.

Le nonce apostolique à Sofia Mgr Anselmo Guido Pecorari s'est rendu ce jeudi avec une délégation au patriarcat de l'Eglise orthodoxe bulgare pour un geste œcuménique important: il a remis au patriarche Neophyte des reliques de Saint Clément et Saint Potit, cadeau de la part du Pape François. 

La prière du Pape pour l'unité des chrétiens

Lors de la rencontre «chaleureuse» entre la délégation de l'Eglise catholique présente en Bulgarie et la délégation du Patriarche bulgare, Mgr Pecorari a souligné que le «précieux» don de reliques est «un signe de la volonté du Pape de rechercher et de prier pour l'unité des chrétiens et du respect mutuel qui caractérise les relations entre le Saint-Siège et le Patriarcat orthodoxe de Bulgarie». «La relique du Pape Saint Clément revient, avec celle de Saint Potit, sur ces terres où - a ajouté le prélat - ont vécu les deux saints martyrs et qui ont été les témoins de l'œuvre missionnaire des saints Cyrille et Méthode»

Une grande bénédiction

Sa Sainteté Neophyte a exprimé sa joie pour ce «geste fraternel» fait à l'Eglise orthodoxe de Bulgarie, qui reçoit le don du Pape comme «une grande bénédiction». Le Patriarche a également rappelé les fragments d'autres reliques qui avaient été donnés à l'Église orthodoxe de Bulgarie par Saint Jean-Paul II en 2002, celles de Saint Dacio de Dorostol, et par le Pape émérite Benoît XVI en 2006, celles de Saint Georges le Martyr. «Le témoignage de la foi des saints et des martyrs du Christ - a précisé le patriarche Néophyte - est une preuve évidente de nos bonnes relations, qui restent et continueront d'exister dans la paix, la compréhension et le respect mutuel».

Clément et Potit

Selon une tradition ancienne, Saint Clément et Saint Potit sont liés à Serdica, le nom original de Sofia, Saint Clément est considéré comme le premier évêque de la ville. Ses restes ont été solennellement apportés à Rome par les Saints Cyrille et Méthode. Saint Potit est mort en martyr à l'époque de l'empereur Antonin Le Pieux  et enterré à Tricarico, dans les Pouilles. Les reliques pourront être vénérées à partir du 24 mars dans l'ancienne basilique paléochrétienne de Sainte-Sophie, où une célébration solennelle est prévue, tandis que le jour suivant, une liturgie divine est sera présidée par le patriarche Neophyte.

Source : Vatican News

Face au coronavirus, un effort œcuménique pour protéger la vie.

publié le 22 mars 2020 à 13:20 par Président ACOS   [ mis à jour : 22 mars 2020 à 13:26 ]

22-03-2020 - Le Conseil œcuménique des Églises diffuse un message pour encourager la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

«Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger la vie», afin que tous puissent l'avoir en abondance comme le Seigneur le veut. Tel est l'appel urgent lancé par Olav Tveit et Agnes Abuom, respectivement secrétaire général et modératrice du Comité central du Conseil œcuménique des Eglises (COE), dans une lettre adressée à tous ses membres sur l'urgence actuelle du coronavirus.

«Prier et travailler pour la justice et la paix, c'est aussi prier et travailler pour la santé», peut-on lire dans la lettre. «Nous pouvons et devons briser la chaîne de transmission du virus». Cela implique «le strict respect des mesures, des limites et des conseils des autorités sanitaires et s'appuie sur les connaissances scientifiques fiables fournies par l'Organisation mondiale de la santé».

«À un moment comme celui-ci, les communautés religieuses peuvent agir sur différents fronts en défendant la solidarité, la responsabilité, la sagesse et la sollicitude», écrivent les deux dirigeants, rappelant notamment la situation dramatique de tous ceux qui, par leur isolement, risquent de perdre leurs moyens de subsistance et de ceux qui, en raison de conditions de vie déjà précaires, n'ont pas la possibilité de respecter les distances de sécurité.

Pas de réunion physique mais l’union dans la prière

La contribution des communautés chrétiennes est fondamentale : «Pour nous, il est important de nous unir dans la prière et dans notre fraternité chrétienne, mais en ce moment de crise, par amour les uns pour les autres et pour notre prochain, nous ne devons pas nous réunir, nous toucher ou nous embrasser», ont souligné les dirigeants du COE. Au contraire, nous sommes appelés aujourd'hui à toucher le cœur de l'autre, avec ce que nous disons, partageons et faisons et ne faisons pas pour protéger la vie que Dieu aime tant. Inspirés par cet amour, nous devons adapter nos cultes et notre communauté fraternelle aux besoins de cette période de pandémie pour éviter le risque de devenir des sources de contagion au lieu de la grâce. D'où la vive exhortation à suivre les conseils et les recommandations pratiques des autorités sanitaires pour protéger les personnes, mesures que de nombreuses Églises locales, ainsi que le COE lui-même à Genève, prennent déjà.  

Le COE adresse donc des paroles d'encouragement à toutes les Églises du monde qui se sont engagées à faire face à la crise sanitaire, en veillant à ce que toutes aient «la vie en abondance» et concluent par les paroles de Saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens : «Il reste donc ces trois choses : la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande d'entre elles est la charité» (1 Co 13,13).

Face à la propagation rapide du Coronavirus dans de nombreux pays, le Conseil œcuménique des Eglises a lancé sur son site Internet la page spéciale "Faire face au Coronavirus" avec des informations actualisées sur la situation, les recommandations de l'OMS, des suggestions de prières et des initiatives prises par le COE lui-même et les Églises locales.

L’Église orthodoxe russe est satisfaite des conclusions de la conférence inter-orthodoxe d’Amman.

publié le 2 mars 2020 à 12:01 par Président ACOS   [ mis à jour : 14 mars 2020 à 10:41 ]

27-02-2020 - Les participants de la rencontre des primats et des délégations des Églises locales orthodoxes qui s’est tenue ce mercredi à Amman, ne se sont pas fixés pour objectif de résoudre d’un coup toutes les questions douloureuses, l’essentiel, selon le patriarcat de Moscou, était de lancer le processus de résolution.

« Les conclusions sont contenues dans le communiqué de presse. Il y est clairement indiqué que le but de la rencontre n’était pas de tout résoudre d’un coup — ce qui n’aurait pas été réaliste, mais tenant compte de la profondeur de la crise, de s’entendre sur le début d’un dialogue en définissant des délais concrets et des voies pour le poursuivre, » a déclaré à Interfax l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du Département des relations ecclésiales extérieures.

Selon lui, le seul fait de se réunir pour discuter sereinement des problèmes réels et de reconnaître que la situation en Ukraine « n’est en rien réglée, ce qu’affirme le patriarcat de Constantinople » et que le maintien de l’unité du pays et sa pacification exigent un véritable dialogue entre tous les orthodoxes.

Et les participants à la rencontre ont invité les autres primats, dont celui de Constantinople, à ne pas refuser de telles rencontres, mais à participer dans l’avenir au dialogue commun.

Le représentant de l’Église orthodoxe russe a souligné que la rencontre s’est déroulée dans un esprit fraternel autour d’une table ronde, qu’elle a débuté par une prière chantée en grec, en slavon russe et en slavon roumain. La session a été présidée par le patriarche de Jérusalem qui a proposé de présider la seconde au patriarche Cyrille.

« Dans son allocution, le patriarche Cyrille a clairement défini les traits essentiels de la crise actuelle du monde orthodoxe. Le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine a fait une allocution remarquée. Il a d’ailleurs, tout comme le patriarche Cyrille, activement et avec aisance, pris part à la rédaction, en anglais, du communiqué final. »

Toujours selon le père Nicolas Balachov, le climat de la rencontre était paisible, sereine et attentif à la position de chaque Église, de chaque participant. « Le patriarche Cyrille a fait remarquer que se sentait là, très vraisemblablement, la proximité des Lieux Saints. À plusieurs reprises les participants ont souligné que l’Église de Jérusalem, qui est à l’initiative de cette rencontre, est la véritable Mère de toutes les Églises, ce qu’elle a encore fois réussi à démontrer. »

Amman, le 27 février 2020, INTERFAX
Traduction PO
В РПЦ довольны итогами межправославной встречи в Аммане


Rencontre du métropolite Emmanuel de France avec le roi d’Arabie saoudite.

publié le 28 févr. 2020 à 12:56 par Président ACOS   [ mis à jour : 28 févr. 2020 à 13:04 ]

24-02-2020Le 18 février dernier, Mgr Emmanuel, métropolite de France (Patriarcat oecuménique), a été reçu par Sa Majesté le Roi d’Arabie saoudite Salman bin Abdulaziz Al Saud. 

Mgr Emmanuel était venu en Arabie saoudite pour présiderle conseil d’administration du Centre international pour le dialogue interreligieux et interculturel (KAICIID), suite à sa récente élection à la présidence.

Lors de la réception, Mgr Emmanuel a été accompagné du secrétaire général de l’organisation, M. Faisal bin Muaammar, et des autres membres du Conseil. Les principaux projets de l’organisation à dimension mondiale ont été présentés et discutés. 

Le conseil des directeurs du KAICIID est composé de hauts représentants des principales religions du monde. Il s’est réuni la semaine dernière à Riyad, en Arabie saoudite, pour sa 22e session ordinaire étudiant les projets à venir. 

Le Métropolite Emmanuel de France s’est adressé au roi, lui exprimant sa gratitude pour la réunion de Riyad, y compris pour le déroulement des travaux du KAICIID au cours des huit dernières années. Il a également exprimé sa joie devant l’ouverture du Royaume dans de nombreux domaines. Il l’a aussi remercié pour toute l’aide et le soutien du Royaume dans le cadre de l’organisation jusqu’à présent.

Il a évoqué la réunion du G20 à Riyad en octobre prochain et l’organisation par le KAICCID d’une conférence interconfessionnelle en marge du G20.

Dans sa réponse, le roi a évoqué son soutien sans réserve à la création d’un esprit de coopération pour la paix dans le monde et a évoqué la nécessité de développer le dialogue interreligieux. Le Secrétaire général Faisal bin Muaammar a ajouté : «Nous sommes reconnaissants au Royaume d’Arabie saoudite d’avoir organisé cette réunion du conseil à un instant critique dans le développement de KAICIID.

Le Centre est né de la vision de feu le roi Abdallah et le Royaume était un fervent partisan de KAICIID et il était donc approprié que notre conseil des directeurs se réunisse à Riyad. »

Source.

Le Pape François exhorte à faire de la Méditerranée un espace de résurrection.

publié le 23 févr. 2020 à 10:09 par Président ACOS   [ mis à jour : 28 févr. 2020 à 06:37 ]

Lors de sa rencontre avec les évêques participant à la rencontre de Bari sur la Méditerranée, ce dimanche matin, le Pape François a délivré une ample méditation exhortant les responsables d’Eglise à s’engager en faveur de la paix et de la réconciliation.

23-02-2020 - Cyprien Viet - Bari - Après un mot d’accueil du cardinal Gualtiero Bassetti, organisateur de cette rencontre en tant que président de la conférence épiscopale italienne, le Pape a écouté les témoignages de deux évêques venant de réalités très différentes et représentatives des périphéries méditerranéennes.

Tout d’abord, les Balkans, avec le cardinal-archevêque de Sarajevo, Vinko Puljic, qui dirige ce diocèse depuis 30 ans, et a traversé avec courage les heures sombres de la guerre des années 1990, vivant même un court temps d’emprisonnement par une milice serbe. Le cardinal Puljic, qui avait accueilli le Pape François en visite en Bosnie-Herzégovine en 2015, est revenu avec gravité sur les persécutions et les souffrances vécues par de nombreuses communautés chrétiennes autour de la Méditerranée, avec les «violences, conflits et divisions de tout type, causés en grande partie par des pays riches».

Il a évoqué le «cœur brisé» de nombreux pasteurs face à l’émigration de nombreux jeunes, «provoquée par les guerres, les injustices et la misère», mais aussi sa reconnaissance pour le courage de ceux qui restent afin d’œuvrer au veloppement  et à la reconstruction de leurs pays. «Nous avons besoin de nous sentir accompagnés et d’être soutenus par rapport aux puissants, auxquels nous demandons de travailler plus pour construire la paix, le dialogue et la coopération. Nous sommes heureux chaque fois que quelqu’un visite nos Églises et nos pays, en démontrant à tous que nous ne sommes pas seuls, mais que nous avons des communautés plus grandes et plus fortes, prêtes à nous défendre et à nous reconnaitre dans une relation de communion et de fraternité», a conclu le cardinal de Bosnie.

Ecoute, propositions et perspectives

Ensuite, au nom de la Terre Sainte Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, a évoqué les trois temps de cette rencontre de Bari. Tout d’abord, l’écoute, avec le constat du besoin de sortir des schémas coloniaux qui ont longtemps structuré la vie des Églises en Méditerranée. Le «chemin de Croix» vécu par de nombreuses communautés chrétiennes nécessite une écoute et une solidarité concrètes, et non pas seulement une relation basée sur des aides économiques. Il a ensuite souligné la richesse des expériences et des propositions suggérées par les participants à la rencontre, en soulignant l’inscription de l’activité des Églises dans la complexité du réel, en «mettant la personne au centre, dans les écoles, les hôpitaux, les innombrables initiatives de solidarité et de proximité aux pauvres». Il a aussi souligné l’importance du dialogue œcuménique et interreligieux, ainsi que la nécessité de savoir dénoncer le mal, car «nos Églises désirent devenir une voix prophétique de vérité et de liberté», a-t-il insisté.

Enfin, Mgr Pizzaballa a évoqué les perspectives à venir, les suites de cette rencontre. D’autres réunions en plus petit comité suivront régulièrement, «dans les temps que le Seigneur nous indiquera, afin de construire un parcours commun où faire grandir dans nos contextes blessés et déchirés une culture de paix et de communion», a-t-il expliqué.

L’encouragement de François au processus d’écoute réciproque

Au début de sa longue intervention, marquée par plusieurs improvisations incisives, le Pape a remercié la conférence épiscopale italienne d’avoir organisé cette rencontre, «entrevoyant en elle la possibilité d’engager un processus d’écoute et d’échange par lequel contribuer à l’édification de la paix dans cette région cruciale du monde». En soulignant la continuité avec la rencontre œcuménique organisée au même endroit en juillet 2018 en présence de nombreux responsables orthodoxes, François a salué les efforts menés par le diocèse de Bari en faveur du dialogue œcuménique et interreligieux, en qualifiant la ville de «capitale de l’unité».

«Vous vous êtes réunis pour réfléchir sur la vocation et le destin de la Méditerranée, sur la transmission de la foi et la promotion de la paix. Le "Mare nostrum" est le lieu physique et spirituel dans lequel notre civilisation a pris forme, comme résultat de la rencontre de plusieurs peuples». Aujourd’hui, «la Méditerranée demeure une zone stratégique dont l’équilibre reflète ses effets sur les autres parties du monde», a souligné François.

Le défi de la promotion de la paix

«Dans cet épicentre de lignes profondes de rupture et de conflits économiques, religieux, confessionnels et politiques, nous sommes appelés à offrir notre témoignage d’unité et de paix. Nous le faisons à partir de notre foi et de l’appartenance à l’Église, en nous demandant quelle est la contribution que, comme disciples du Seigneur, nous pouvons offrir à tous les hommes et les femmes de la région méditerranéenne.» François a souligné la place centrale de la piété populaire dans le riche héritage culturel et religieux des sociétés méditerranéennes.

«L’annonce de l’Évangile ne peut être séparée de l’engagement pour le bien commun et nous pousse à agir comme des infatigables artisans de paix. Aujourd’hui la région de la Méditerranée est menacée par de nombreux foyers d’instabilité et de guerre, soit dans le Moyen-Orient, soit dans les divers États de l’Afrique du Nord, comme aussi entre les différentes ethnies, groupes religieux et confessionnels ; nous ne pouvons pas oublier le conflit encore irrésolu entre israéliens et palestiniens, avec le danger des solutions non équitables, et donc porteuses de nouvelles crises.»

Le Pape a martelé que «la guerre est une authentique folie parce qu’il est fou de détruire des maisons, des ponts, des entreprises, des hôpitaux, de tuer des personnes et d’anéantir des ressources au lieu de construire des relations humaines et économiques. Elle est une folie à laquelle nous ne pouvons pas nous résigner : jamais la guerre ne pourra être considérée comme normale ou acceptée comme une voie inéluctable pour résoudre des divergences et des intérêts opposés.»

«Il n’y a aucune alternative à la paix», a répété François, en remarquant que «la guerre apparaît comme l’échec de tout projet humain et divin : il suffit de visiter un paysage ou une ville, théâtres d’un conflit, pour se rendre compte comment, à cause de la haine, le jardin s’est transformé en terre désolée et inhospitalière, et le paradis terrestre en enfer.» En sortant de son texte, il a dénoncé «le grave péché d’hypocrisie, quand dans les conventions internationales, dans les réunions, de nombreux pays parlent de paix et ensuite vendent des armes aux pays qui sont en guerre. Ceci s’appelle la grande hypocrisie», s'est agacé François.

Le Pape a ensuite souligné le besoin d’être attentif aux plus pauvres. «A quoi sert une société qui atteint toujours de nouveaux résultats technologiques, mais qui devient moins solidaire envers celui qui est dans le besoin ? Par l’annonce évangélique, nous transmettons, au contraire, la logique selon laquelle il n’y a pas de derniers, et nous nous efforçons à ce que l’Eglise, par un engagement toujours plus actif, soit le signe de l’attention privilégiée pour les petits et les pauvres», a martelé le Pape, en insistant une nouvelle fois sur les situations dramatiques vécues par les migrants. 

«Il est facile de prévoir que ce phénomène, avec ses dynamiques de l’époque actuelle, marquera profondément la région méditerranéenne. C’est pour cela que les États et les communautés religieuses ne peuvent pas ne pas être préparés», a insisté l’évêque de Rome, en dénonçant les discours d’indifférence et de rejet qui continuent à se diffuser. «Un sentiment de peur s’introduit, qui pousse à ériger ses défenses face à ce qui est présenté instrumentalement comme une invasion. La rhétorique de l’affrontement des civilisations ne sert qu’à justifier la violence et à alimenter la haine. La défaillance, ou du moins la faiblesse, de la politique et le sectarisme sont les causes des radicalismes et du terrorisme. La communauté internationale s’est contentée d’interventions militaires alors qu’elle devrait mettre en place des institutions qui garantissent des opportunités égales et des lieux où les citoyens auraient la possibilité de prendre en charge le bien commun.»

François a exhorté à élever la voix «pour demander aux gouvernements la protection des minorités et de la liberté religieuse. La persécution dont sont victimes surtout – mais pas seulement – les communautés chrétiennes est une blessure qui déchire notre cœur et ne peut pas nous laisser indifférents.».

Porter secours aux migrants, un devoir chrétien

«Nous n’accepterons jamais que celui qui cherche l’espérance en prenant la mer meurt sans recevoir de secours, ou que celui qui arrive de loin devienne la victime d’exploitation sexuelle, soit sous-payé ou recruté par les mafias.»

«Certes, l’accueil et une intégration digne sont des étapes d’un processus qui n’est pas facile. Cependant, il est impensable de s’y engager en construisant des murs», a répété François, avant de lancer ces quelques mots en sortant de son texte : «Moi, cela me fait peur quand j’écoute les discours de certains leaders des nouvelles formes de populisme, cela me fait penser aux discours qui semaient la peur et ensuite la haine, dans les années 1930», a-t-il confié.

Il a au contraire défini la mer Méditerranée comme la «mer du métissage»«Ne laissons pas se répandre, par esprit nationaliste, la conviction du contraire, c’est-à-dire que les Etats moins accessibles et géographiquement plus isolés seraient privilégiés. Seul le dialogue permet de se rencontrer, de dépasser les préjugés et les stéréotypes, de se raconter et de se mieux connaître soi-même.»

Le Pape a ensuite abordé cette problématique sur un plan ecclésial. «Il faut élaborer une théologie de l’accueil et du dialogue qui réinterprète et repropose l’enseignement biblique. Elle peut être élaborée seulement si l’on s’efforce par tous les moyens de faire le premier pas et en n’excluant pas les semences de vérité dont les autres sont dépositaires.»

«Trop souvent, l’histoire a connu des antagonismes et des luttes fondés sur la conviction faussée que nous défendons Dieu en combattant celui qui ne partage pas notre credo. En réalité, les extrémismes et les fondamentalismes nient la dignité de l’homme et sa liberté religieuse, en causant un déclin moral et en favorisant une conception antagoniste des rapports humains. C’est aussi pourquoi une rencontre plus vivante entre les diverses fois religieuses, portée par un respect sincère et par une volonté de paix, devient urgente», a martelé le Pape en invitant à relire le Document d’Abou Dhabi sur la fraternité.

Transformer le cimetière en lieu de Résurrection

Le Pape a conclu son discours en confiant les participants «à l’intercession de l’Apôtre Paul qui, le premier, a traversé la Méditerranée en affrontant les dangers et les adversités en tout genre pour porter l’Evangile du Christ à tous : que son exemple vous indique les voies sur lesquelles poursuivre l'engagement joyeux et libérateur de transmettre la foi à notre temps.»

Il a évoqué un extrait du Livre d’Isaïe. Devant la désolation de Jérusalem à la suite de l’exil, le prophète ne cesse pas d’entrevoir un avenir de paix et de prospérité. «Ils rebâtiront les ruines antiques, ils relèveront les demeures dévastées des ancêtres, ils restaureront les villes en ruines, dévastées depuis des générations» (Is 61, 4). Voilà l’œuvre que le Seigneur vous confie pour cette région de la Méditerranée : reconstruire les liens qui ont été coupés, relever les villes détruites par la violence, faire fleurir un jardin là où sont aujourd’hui des terres desséchées, susciter de l’espérance à celui qui l’a perdue, et exhorter celui qui est fermé sur lui-même à ne pas craindre le frère et à regarder ce qui est déjà devenu un cimetière comme le lieu d’une future résurrection de toute la région. Que le Seigneur accompagne vos pas et qu’il bénisse votre œuvre de réconciliation et de paix.»

Les remerciements de Mgr Desfarges

Au terme de cette rencontre, l’archevêque d’Alger, Mgr Paul Desfarges, qui est aussi le président de la conférence épiscopale régionale du  Nord de l’Afrique, a prononcé un discours de remerciement en italien, en remarquant notamment que «la Méditerranée, qui a été tout au long de son histoire un lieu d’échange entre les cultures et les civilisations, ou conservera sa vocation d’être une mer de paix, ou sera le cimetière de nos refus et de nos fermetures».

«Il n’y a pas de futur dans la fermeture sur soi et dans les replis nationalistes», a martelé Mgr Desfarges, en remerciant le Saint-Père pour ses gestes qui «secouent nos Églises et les poussent à être toujours plus au service de la fraternité entre tous». Il a remarqué que «dans le monde entier, et aussi dans le Maghreb d’où je viens, à majorité musulmane, vos gestes et vos paroles sont écoutés. Les gens disent: "ce Pape nous aime bien".»

«Si vos gestes et vos paroles suscitent parfois des résistances, beaucoup plus souvent, ils infusent une grande espérance», a souligné l’archevêque d’Alger, en remerciant François de pousser les Églises à se mettre au service de tous les habitants de la région, et non pas seulement des chrétiens. «Merci d’avoir confiance dans nos Églises. Nous l’avons vu dans votre message à l’occasion de la béatification des martyrs d’Algérie et de votre visite au Maroc. Que le Seigneur vous conserve dans la fidélité au service de l’unité et de la paix», a conclu Mgr Desfarges.

Le Pape est ensuite descendu dans la crypte de la basilique pour se recueillir devant les reliques de saint Nicolas, avant un bref salut à la foule rassemblée sur le parvis, que le Saint-Père a remerciée pour sa prière durant ces journées de réflexion.















Source : Vatican news

Une rencontre panorthodoxe consacrée à la situation en Ukraine se tiendra à Amman.

publié le 20 févr. 2020 à 12:18 par Président ACOS   [ mis à jour : 20 févr. 2020 à 12:26 ]

20-02-2020 - Selon les informations du site grec Romfea, certains primats d’Églises orthodoxes locales se rendront à la rencontre panorthodoxe organisée par le patriarche de Jérusalem Théophile. L’initiative du patriarche de Jérusalem, malgré le fait qu’elle n’ait pas rencontré beaucoup de réponses favorables, a été acceptée par certains primats qui sont disposés à venir à Amman. Le primat de l’Église de Jérusalem, par cette initiative, a souligné sa préoccupation pour le maintien de l’unité au sein de l’Église orthodoxe. Le métropolite de Volokolamsk Hilarion, qui s’exprimait hier devant les journalistes à Rome, a mentionné que le patriarche Cyrille se rendrait en Jordanie. Le métropolite Hilarion a également révélé que le patriarche de Jérusalem avait envoyé une deuxième lettre invitant à nouveau les primats à participer à la rencontre.

Commentant le refus du patriarche œcuménique Bartholomée d’y participer, le métropolite Hilarion a souligné que « le patriarche Bartholomée ne montre aucun désir de résoudre le problème qu’il avait créé lui-même, tout en s’efforçant de convaincre les Églises à reconnaître son iniquité ». Selon les renseignements de Romfea, la date de la rencontre aurait été fixée au 25 février. Au sujet des bruits selon lesquels le ministère grec des Affaires étrangères créerait des obstacles à l’initiative du patriarche Théophile, des responsables du ministère soulignent qu’il n’y a rien de semblable, étant donné que cette institution se tient à l’écart des problèmes ecclésiastiques.

De son côté, l’agence russe Ria-Novostimentionne que l’initiative du patriarche Théophile est soutenue officiellement par l’Église orthodoxe russe et l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie, et que le patriarche d’Antioche Jean a répondu positivement à l’invitation. Pour leur part, les primats des Églises de Constantinople, Grèce, Chypre et Albanie ont déclaré qu’ils ne se rendraient pas à Amman. Selon eux, la convocation de telles manifestations constituent le privilège exclusif du patriarche de Constantinople.

Source : Sources : Romfea (dont photographie, le patriarche russe Cyrille avec le patriarche Théophile), Ria-Novosti - Traduit par orthodoxie.com

La rencontre de Bari, une démarche d’unité pour les Eglises de la Méditerranée.

publié le 20 févr. 2020 à 10:53 par Président ACOS   [ mis à jour : 20 févr. 2020 à 12:08 ]

20-02-2020 - Cyprien Viet - Bari - - Ce mercredi 19 février 2020 s’est ouverte à Bari, au sud-est de l’Italie, la réunion d’une soixantaine d’évêques autour du thème «Méditerranée, frontière de paix».

La capitale des Pouilles, ville ouverte sur la Méditerranée, accueille cette semaine une réunion au format inédit, une sorte de mini-synode réunissant environ 60 évêques, parmi lesquels le Pape François en personne qui rejoindra les participants dimanche matin, pour la conclusion des travaux.

L’espace méditerranéen, autrefois uni autour du concept de «Mare Nostrum» au temps de l’Empire romain, se trouve en effet douloureusement fracturé entre des territoires prospères et d’autres qui se trouvent plongés dans le chaos, la guerre et le misère. Les participants à la réunion, qui viennent d’une vingtaine de pays, de la Libye à la France en passant par l’Espagne, la Syrie ou encore la Grèce, pourront partager leurs expériences sur des thèmes comme la transmission de la foi aux jeunes générations et le rapport entre l’Eglise et la société. Au-delà des prises de parole en réunion, les participants seront aussi invités à s’immerger dans les réalités locales de Bari. Vendredi soir, chaque évêque sera ainsi envoyé dans une paroisse de la capitale des Pouilles pour y célébrer la messe.

Le défi enthousiasmant de la transmission de l'Evangile

Dans son allocution d’ouverture, ce mercredi, le cardinal Gualtiero Bassetti, président de la conférence épiscopale italienne, est revenu sur les principaux défis, parfois contradictoires, qui secouent les sociétés méditerranéennes, notamment la cohabitation entre croyants de différentes religions, mais aussi la sécularisation qui transforme profondément certaines villes du nord du Bassin méditerranéen. Mais même si de nouveaux langages restent à trouver pour réellement mettre en œuvre les indications du Concile Vatican II, porter «l’annonce de l’Evangile» dans notre culture moderne représente «un défi enthousiasmant», a insisté le cardinal Bassetti.

La question des migrations est évidemment centrale. Il ne s’agit pas seulement d’un problème statistique, lié à l’angoisse de voir partir les forces vives d’un territoire ou de voir arriver de nouvelles populations, mais c’est d’abord un défi spirituel. «Le pauvre, qui part ou qui décide de rester, qui arrive ou qui, trop souvent, meurt durant le voyage ou connait des injustices indicibles, c’est le Christ qui émigre, reste, souffre, frappe à nos portes», a averti le cardinal Bassetti.

Un défi œcuménique et interreligieux

Dans cet espace fracturé, le travail conjoint entre les Eglises est absolument nécessaire. Cet effort s’est manifesté à Bari déjà en juillet 2018 avec une rencontre œcuménique en présence du Pape et de nombreux responsables d’Eglises orientales catholiques et orthodoxes. Et le dialogue interreligieux est aussi un axe essentiel, les balises posées par le Document d’Abou Dhabi apportant des outils pour une reconnaissance de la pleine citoyenneté de tous, y compris les chrétiens dans des pays à majorité musulmane.

En rappelant qu’il n’existe pas d’alternative au dialogue et à la fraternité, le cardinal Bassetti a évoqué les martyrs de la Méditerranée, notamment le frère Christian de Chergé, prieur de Tibhirine assassiné en 1996, au terme d’une vie offerte à l’Algérie, et béatifié en 2018. Le président de la conférence épiscopale italienne a conclu son discours en citant ces mots de l’ancien chef du gouvernement italien Aldo Moro, assassiné en 1978 : «Peut-être que le destin de l’homme n’est pas de réaliser pleinement la justice, mais d’avoir toujours faim et soif de la justice.»

«Que cette faim et cette soif de la justice soit toujours présente en nous», a conclu le cardinal italien.

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