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07-10-2020 - "Fratelli tutti, une encyclique au rayonnement universel.

01-10-2020 - Le Liban dans la Bible.

30-09-2020 - Cardinal Parolin: la défense de la liberté religieuse, priorité de la diplomatie vaticane.

22-07-2020 - Sainte-Sophie : Le Haut-Comité pour la Fraternité humaine solidaire des chrétiens.

02-07-2020 - Cardinal Tong à Hong-Kong : La clé est de maintenir l'unité.

30-06-2020 - Le Pape invite les médias catholiques à "l'unité dans la diversité".

05-06-2020Cardinal Koch: Des relations profondes soutiennent le chemin œcuménique. 

26-05-2020 - Antonio Gueterres : "Les menaces mondiales exigent une nouvelle solidarité".

7-03-2020 - Depuis Jérusalem, une prière commune pour la fin de la pandémie.

22-03-2020 - Face au Corona virus, un effort oecuménique pour protéger la vie.

29-02-2020 - L'Eglise orthodoxe russe est satisfaite des conclusions de la conférence inter-orthodoxe d'Amman.

23-02-2020 - Le Pape François exhorte à faire de la méditerranée un espace de résurrection

20-02-2020 - Une rencontre panorthodoxe consacrée à la situation en Ukraine se tiendra à Amman.

20-02-2020 - La rencontre de Bari, une démarche d'unité pour les Eglises de la Méditerranée. 

14-02-2020 - « La priorité, protéger le christianisme au Moyen-Orient » déclare le métropolite Hilarion.

14-02-2020 - Une exposition d'icônes bulgares, prévue au Louvre, annulée pour raisons de "sacralité".

13-02-2020 - Orrthodoxie : le pape reçoit le métropolite russe Hilarion.

13-02-2020 - Entre catholiques et orthodoxes, “le dialogue théologique poursuit son chemin”, estime Mgr Palmieri.

24-01-2020 - Le Pape François : « L’hospitalité entre chrétiens est une vertu œcuménique ».

23-01-2020 - La vie oecuménique en Ile et Vilaine (France).

22-01-2020 - A Bucarest, le dialogue oecuménique se tient à la bibliothèque.

21-01-2020 - Ukraine : La nouvelle Eglise autocéphale s'organise.

18-01-2020 - L’hospitalité, au cœur de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2020.

18-01-2020 - Semaine de l'unité : le Pape exhorte les chrétiens à se faire "messagers d'humanité".

16-01-2020 - Le nouveau patriarche arménien de Constantinople a été intronisé.

14-01-2020 - Un Evêque catholique italien omet la lecture du Credo durant la messe.

08-01-2020 - La semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2020 à Montpellier

21-12-2019 - Le patriarche de Moscou, Cyrille, appelle le clergé à ne pas faire de la confession un interrogatoire

20-12-2019 - Le patriarche Cyrille admet une introduction partielle du russe dans les offices divins.

16-12-2019 - Vers l'unité de l'Eglise en Orient et en Occident.

10-12-2019 - Bartholomée souligne le besoin de communion entre Orient et Occident.

18-11-2019 - Une paroisse orthodoxe à Tours.

16-10-2019 - Mise en garde de l'Archevêque d'Alba Iulia (Roumanie) à l'égard de technologie.

16-10-2019 - Mgr Emmanuel a consacré l’église du monastère de Solans dans le Gard.

12-10-2019 - Parution "d'ecclésiologie en dialogues" : Jean Zizioulas et Walter Kasper.

07-10-2019 - Rencontre entre orthodoxes et catholiques le 18-10-19 à Montpellier.

19-09-2019 - Le Pape invite à vivre la synodalité comme un axe œcuménique.

14-09-2019 - La lettre du Pape au Patriarche Bartholomée sur les reliques de Saint-Pierre.

18-08-2019 Conférence de presse pendant le pèlerinage œcuménique du pape François au COE.

18-08-2019 Pays-Bas : Le Conseil Oecuménique des Eglises célèbre son 70ème anniversaire.
















"Fratelli tutti", une encyclique au rayonnement universel.

publié le 7 oct. 2020 à 06:56 par Président ACOS   [ mis à jour : 7 oct. 2020 à 06:57 ]

07-10-2020  Marine Henriot (Source)  Cité du Vatican  C’est une encyclique profondément sociale que le Saint-Père a signé sur la tombe de saint François d’Assise le samedi 3 octobre 2020. Dans le monde chrétien et au-delà, cette lettre résonne comme un appel à changer notre prisme pour le baser sur la fraternité et l’amitié sociale.

«C’est une voix prophétique, pas seulement pour les chrétiens», résume d’emblée depuis Bagdad le cardinal Louis Sako, Patriarche de l’Eglise chaldéenne. La voix du Pape lance un cri «pour un réveil spirituel et humain», estime-t-il, «et j’espère que ce n’est pas dans le désert mais dans le coeur des hommes». Un appel de François qui, pas inédit mais indispensable en cette période, «nous dit que nous sommes tous frères».

La fraternité est une notion fondamentale, abonde le père Daniel Nourissat, depuis Rabat au Maroc, où le Saint-Père s’était rendu en mars 2019. Il y a urgence à redécouvrir la fraternité, nous explique le curé de la cathédrale Saint-Pierre de la capitale marocaine. Tous les dimanches à l’écoute de ses paroissiens, le père Nourissat se réjouit et accueille «avec bonheur et intérêt» Fratelli tutti, car «il est important que l’Église soit servante d’une fraternité entre les personnes»«J’aime que le Pape nous aide à découvrir que ce que nous appelons "Église" s’est d’abord appelé "fraternité"», explique le prêtre.

Des pistes concrètes

Sur le site internet de la Conférence des Évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort salue un «grand texte dans la doctrine sociale de l’Église»«Il met sous les yeux de chacun les lieux où chacun risque de manquer à la fraternité. Tout le monde peut faire son examen de conscience : chaque personne, les entreprises, les familles, les États…». Effectivement, dans Fratelli tutti, François énumère, puis apporte des solutions.

Ainsi, le Pape montre l’urgence de nouvelles relations humaines et sociales et donne des clefs aux évêques et aux chrétiens du monde entier pour rebâtir ses relations. «Le Pape nous invite à changer radicalement les grands équilibres de la planète», nous détaille depuis Bruxelles le père Tommy Scholtes, qui salue des prises de positions fortes sur les plans politique et économique. Mais pour qu’elle porte ses fruits, les évêques vont mettre en place «un travail pour que la base, les citoyens, entendent cette encyclique», détaille le porte-parole de la Conférence épiscopale belge. «L’encyclique parle aux chrétiens de manière magnifique, mais pour que la parole soit entendue plus loin, cela va dépendre de comment les chrétiens en parlent», précise-t-il.

Rayonner au-delà du monde chrétien

La diffusion de cette encyclique est indispensable au-delà du monde chrétien, appuie le cardinal Louis Sako, qui veut la faire connaître à tous ses interlocuteurs politiques et religieux en Irak. «Dès que j’aurai la traduction en arabe, je la donnerai aux autorités musulmanes, chiites et sunnites, et aux responsables politiques».

De l’autre côté de la Méditerranée, c’est également le son de cloche du père Nourissat. «Ici nous cherchons à nouer relations avec les personnes musulmanes, mais aussi avec les personnes que l’Europe ne veut pas, qu’on appelle les personnes migrantes, qui nous disent leur détresse», car c’est cela finalement l’esprit de Fratelli tutti, «iI y 5 ans Pape François nous a invité à construire une maison commune, il nous indique maintenant comment l'habiter en fraternité». Au-delà des croyances de chacun, l’encyclique parle à tous les coeurs et esprits ouverts à la valeur sacrée de la relation humaine.

Haut-Karabakh: les chefs des Églises de Jérusalem appellent à la paix.

publié le 7 oct. 2020 à 05:43 par Président ACOS   [ mis à jour : 7 oct. 2020 à 06:51 ]

05-10-2020 Source  Cité du Vatican - Depuis une semaine, la reprise de la guerre entre l’Azerbaïdjan et cette région de peuplement arménien a déjà fait plusieurs centaines de morts, parmi lesquels des civils victimes des bombardements les plus intenses depuis 1994, notamment dans la capitale de ce territoire, Stepanakert.

Les Patriarches et les chefs des Églises de Jérusalem appellent les dirigeants européens, les présidents de la Russie et des États-Unis et le secrétaire général des Nations unies à intervenir pour mettre fin aux hostilités et à la violence à la frontière entre l'Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie, et le Haut-Karabakh, région de population arménienne et soutenue par l’Arménie voisine.

Dans une déclaration, ils appellent les hommes et les femmes influents à œuvrer pour un cessez-le-feu immédiat et à négocier une paix durable. «Une fois de plus, des innocents sont morts et de nombreux hommes, femmes et enfants sont déplacés à cause des horreurs de la guerre», écrivent les Patriarches et les chefs des Églises de Jérusalem, exprimant leurs condoléances à ceux qui souffrent du deuil et invoquant Dieu pour la guérison des malades et des blessés.

De nouvelles violences, ajoutent-ils, ne peuvent qu'aggraver les divisions entre le Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan. Enfin, la déclaration invite à réfléchir sur les paroles du prophète Isaïe (2, 4) : «Dieu sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre.»

L’appel du Pape François

Lors de l’Angélus du dimanche 27 septembre, quelques heures après le début de l’offensive azerbaïdjanaise et les premiers bombardements qui avaient notamment frappé Stepanakert, le Pape François avait lancé un appel à la paix. «Des nouvelles inquiétantes font état d'affrontements dans la région du Caucase, avait déclaré le Saint-Père. Je prie pour la paix dans le Caucase et j'appelle les parties au conflit à faire des gestes concrets de bonne volonté et de fraternité qui peuvent conduire à la résolution des problèmes, non pas par l'utilisation de la force et des armes, mais par le dialogue et la négociation», a lancé François.

Le Pape avait avait effectué des voyages apostoliques en Arménie et en Azerbaïdjan en juin et septembre 2016, encourageant alors les efforts diplomatiques après une reprise de la guerre au printemps précédent. Des combats intenses avaient duré quatre jours, avant une accalmie relative. Des affrontements sporadiques ont néanmoins continué se produire régulièrement sur la ligne de front du Haut-Karabakh mais aussi à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Des accrochages avaient fait plusieurs morts en juillet dernier dans la région du Tavush, au nord-est de l'Arménie.

Dans un tweet en anglais publié ce lundi 5 octobre en fin de journée, le Préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, le cardinal Leonardi Sandri, lance cet appel: «Paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan! Arrêtez la bataille et, avec l'aide de la communauté internationale, commençons un nouveau dialogue pour la paix dans la région. Nous sommes proches de tous ceux qui sont en train de souffrir dans ces journées difficiles!»

Cardinal Parolin: la défense de la liberté religieuse, priorité de la diplomatie vaticane.

publié le 30 sept. 2020 à 12:20 par Président ACOS   [ mis à jour : 30 sept. 2020 à 12:23 ]

30-09-2020 – Cité du Vatican - Source - Un symposium sur la liberté religieuse s'est tenu aujourd'hui à Rome, organisé par l'ambassade des États-Unis auprès du Saint-Siège, et auquel ont participé le cardinal secrétaire d'État du Saint-Siège Pietro Parolin, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, et Mgr Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États.

«Sœur Bernadette Mary Reis, fsp – Cité du Vatican  - L'ambassade des États-Unis auprès du Saint-Siège à Rome organisait ce mercredi 30 septembre un symposium intitulé: “Promouvoir et défendre la liberté religieuse au niveau international par la diplomatie”.

Une priorité commune aux États-Unis et au Saint-Siège

Dans son discours d'ouverture, l'ambassadrice des États-Unis auprès du Saint-Siège, Callista Gingrich, a souligné que «la promotion et la protection du droit universel à la liberté de religion est une priorité commune aux États-Unis et au Saint-Siège». C'est cette collaboration qui préserve ce droit dans un «moment critique» où la liberté religieuse doit être promue et défendue au niveau international.

Dans son discours, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a évoqué la Seconde Guerre mondiale, mentionnant l'histoire du père Bernhard Lichtenberg, arrêté par le régime nazi pour sa franchise et sa prière publique «pour les Juifs et les autres victimes de la brutalité nazie». Il a également rappelé le «rôle fondamental de Jean-Paul II dans le déclenchement de cette révolution de conscience qui a fait tomber le rideau de fer». Le secrétaire d'État américain a ensuite critiqué la Chine sur la question de la liberté religieuse. La liberté religieuse, a-t-il poursuivi, dépend du leadership chrétien et du témoignage moral de ceux qui ont résisté à la persécution.

La liberté religieuse, une priorité du Saint-Siège

Le Saint-Siège était représenté par le cardinal secrétaire d'État, Pietro Parolin, et l'archevêque Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États. Mgr Gallagher a transmis les salutations du Pape François aux participants, en soulignant qu'il «est au courant de cette rencontre sur un sujet de grande importance pour le Saint-Siège, en particulier en ce qui concerne ses activités diplomatiques au niveau bilatéral et multilatéral».

La prise de conscience s'est accrue concernant le rôle que jouent les religions dans des domaines tels que la paix, la sécurité et la coexistence, a expliqué Mgr Gallagher. Face à cette réalité, la protection de la liberté religieuse «est l'une des plus grandes priorités politiques du Saint-Siège. Elle est importante en raison de la dignité innée de la personne humaine créée à l'image et à la ressemblance de Dieu», et constitue «le fondement de l'identité de chaque personne», de son développement intégral et de la société.

Les pressions contre la liberté religieuse

La persécution concernant la liberté religieuse ne se limite pas à la persécution physique. Les tendances idéologiques et la réduction au silence au nom du «politiquement correct» sont autant de formes d'agression contre la liberté religieuse, a poursuivi Mgr Gallagher. La pression exercée pour abandonner la liberté religieuse et l'objection de conscience afin de promouvoir d'autres «soi-disant droits de l'homme» est «particulièrement inacceptable et offensante», a-t-il déclaré. 

Le Saint-Siège est disposé à poursuivre le débat, a ajouté le secrétaire pour les Relations avec les États. Ce débat est aujourd'hui guidé par «l'enseignement et l'engagement» du Pape François et prend en compte «l'importance du dialogue et de la compréhension mutuelle entre les peuples et les sociétés» et entre les différentes convictions religieuses. Deux tables rondes ont suivi l'intervention de Mgr Gallagher: l'une sur “Les outils diplomatiques pour identifier les domaines d'attention où la liberté religieuse est menacée” et l'autre sur “La diplomatie et la coopération internationale”.

Liberté de conscience et liberté individuelle

Le cardinal Parolin a conclu ce symposium en rappelant, dans son discours, que la défense et la promotion de la liberté religieuse est «une caractéristique de la diplomatie du Saint-Siège». Ce droit, avec le «droit inviolable à la vie», est le fondement de tous les autres droits de l'homme. Si cette liberté est violée, la possibilité de «bénéficier de tous les droits» est alors remise en question. La liberté de conscience, par ailleurs, est intimement liée à la liberté de religion car elle est le “sancta sanctorum” dans lequel nous pouvons découvrir une loi que «nous ne nous sommes pas donnés», mais à laquelle «nous devons obéir».


Le secrétaire d’État du Saint-Siège a également déclaré que les violations de la liberté religieuse aujourd'hui sont enracinées dans une mauvaise compréhension de la liberté personnelle. L'intolérance se manifeste non seulement en empêchant les personnes de pratiquer leur religion, mais aussi par des «voix intolérantes du politiquement correct», qui ne tolèrent pas les croyances religieuses des autres. Lorsque le bien suprême auquel il faut aspirer est la suppression de tout obstacle à la liberté de choix de l'individu, qui conduit à une liberté individuelle exacerbée, le bien commun est menacé. Ce type de liberté est ancré dans le soi plutôt que dans le Créateur, et ne cherche pas le bien de l'autre.

La liberté de rechercher la vérité

En conclusion, le cardinal Parolin a souligné que la compréhension de la liberté religieuse uniquement comme «absence de coercition» est une compréhension partielle. L'aspect positif de cette liberté est «la liberté de rechercher la vérité», la «liberté de croyance». C'est la liberté de découvrir «la vérité ultime de son existence, de son origine et de son destin, le don du Créateur». C'est «l'instrument» qui doit être donné aux croyants. Tant que les croyants ne connaîtront pas la raison pour laquelle ils ont été créés, «une fin qui existe au-delà du "moi", nous ne pouvons avoir d'autre espoir que celui de trouver une société en crise, dans laquelle personne n’est capable d’étreindre un autre que lui-même».

En marge du symposium, répondant aux questions des journalistes sur les relations avec la Chine, le cardinal Parolin a déclaré que le Saint-Siège croit en la politique des petits pas et que l'accord sur la nomination des évêques est aussi un pas en avant pour une plus grande liberté religieuse. Il a donc déclaré qu'il n'était pas opportun d'utiliser l'objet de l'accord entre le Saint-Siège et la Chine à des fins électorales internes aux États-Unis.

Le Liban dans la Bible

publié le 29 sept. 2020 à 22:59 par Président ACOS   [ mis à jour : 1 oct. 2020 à 00:56 ]

La "Petite Ecole Biblique" vient de publier un beau texte intitulé "Le Liban dans la Bible". En solidarité avec ce pays meurtri où catholiques et orthodoxes vivent côte à côte comme les livres sur les rayons, nous publions le travail du Père Dominique AUZENET curé de la Paroisse Saint-Aubin dans la Sarthe (France), car il s'est donné bien de la la peine pour rassembler et mettre en forme tous ces éléments. Bonne lecture. 


Sainte-Sophie : le Haut-Comité pour la Fraternité humaine solidaire des chrétiens.

publié le 22 juil. 2020 à 08:31 par Président ACOS   [ mis à jour : 22 juil. 2020 à 08:33 ]

22-07-2020 – Cité du Vatican - Plusieurs voix se sont élevées contre la décision du gouvernement turc de reconvertir Sainte-Sophie en mosquée. Parmi elles, celles du Haut Comité pour la Fraternité humaine qui a écrit une lettre au Conseil oecuménique des Églises (COE), appelant à éviter les divisions et à promouvoir la compréhension entre les religions.

«Les préparatifs se poursuivent en Turquie pour convertir Sainte-Sophie en mosquée. La réouverture de l'ancienne église byzantine - convertie en mosquée au XVe siècle après la conquête de Constantinople par les Ottomans et transformée en musée en 1934 à la demande du président de l'époque, Mustafa Kemal Ataturk - en tant que lieu de culte musulman est prévue pour le 24 juillet. Entre-temps, les appels et les protestations dans le monde contre sa conversion en mosquée par le président turc Recep Tayyip Erdogan se sont poursuivis.

Turquie : Sainte-Sophie redeviendra une mosquée

«Plusieurs représentants importants du monde musulman se sont également joints à ces appels. Parmi eux, le Haut comité pour la Fraternité humaine (Hchf) qui a écrit une lettre au Conseil œcuménique des Églises (COE).

««Nous reconnaissons la valeur culturelle et spirituelle de Sainte-Sophie pour toute l'humanité et nous soutenons donc votre appel à éviter les divisions et à promouvoir le respect mutuel et la compréhension entre toutes les religions», est-il écrit dans la lettre signée par le juriste islamique Mohamad Abdel Salam, secrétaire général du Hchf et conseiller spécial du grand imam d'Al-Azhar Ahmad al Tayeb.

Ne pas saper le dialogue interreligieux


«Selon le Hchf, les lieux de culte doivent transmettre «un message de paix et d'amour pour tous» et ne pas être utilisés pour «contribuer à la ségrégation et à la discrimination, à un moment où le monde doit vraiment répondre à l'appel des religions à poursuivre la solidarité et à renforcer les valeurs de la coexistence et de la fraternité humaines». Dans ce sens - souligne la lettre - il est nécessaire «d'éviter toute initiative qui pourrait saper le dialogue interreligieux et la communication interculturelle et créer des tensions et de la haine entre les adeptes de différentes religions» et de donner plutôt «la priorité aux valeurs de la coexistence»

«Il en va de même pour une autre lettre envoyée au Conseil œcuménique des Églises, signée par Hafid Ouardiri, directeur de la Fondation musulmane de l'Entre-Connaissance à Genève, ainsi que co-fondateur et vice-président de la Plate-forme interreligieuse à Genève, qui a exprimé son plein soutien à la lettre adressée le 11 juillet par le secrétaire général intérimaire du COE, le révérend Ioan Sauca, au président Erdogan : «Avec d'autres musulmans du monde entier, je prie pour que Sainte-Sophie reste ce qu'elle a toujours été depuis 1934 : un carrefour de connaissances, de lumière, de sagesse et de paix pour toute l'humanité», a écrit M. Ouardiri.


Le COE heureux du soutien reçu


«Le révérend Sauca, pour sa part, a exprimé sa surprise et sa gratitude pour tous ces certificats de solidarité. «C'était plus que ce que nous pouvions espérer. Je suis fier et encouragé de voir ces signes de soutien et de solidarité exprimés par nos amis musulmans. Cela montre que notre dialogue est profond et authentique et qu'ensemble nous pouvons réaliser le rêve de construire un monde pacifique dans lequel les personnes et les religions se respectent et se soutiennent mutuellement», a ajouté le secrétaire général du COE, notant que le dialogue interreligieux «existe depuis près de 50 ans et doit être approfondi», ce qui est «nécessaire aujourd'hui plus que jamais».

«Trois intellectuels turcs de renom, experts en théologie, cités par l'agence Fides, sont également intervenus au cours de ces heures au sujet de l'initiative du président Erdogan : Nazif Ay, Mehmet Ali Öz et Yusuf Dülger, qui parlent d'une «erreur irréparable», qui «détruit le message de réconciliation et de justice de l'Islam, dont le sens est la paix».

Le Pape invite les médias catholiques à "l'unité dans la diversité".

publié le 3 juil. 2020 à 08:22 par Président ACOS   [ mis à jour : 6 août 2020 à 23:09 ]

30-06-2020 – Cité du Vatican - Pour la première fois de son histoire, la conférence annuelle des médias catholiques, promue par la Catholic Press Association (Association de la presse catholique) se tiendra en mode virtuel les 1-2 juillet. Dans un message qu’il leur adresse à cette occasion, le Pape François invite les participants à être entre eux signes d’unité; pour le Saint-Père, le monde a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes de principes pour protéger une information de tout ce qui pourrait l’altérer.

«L'expérience de ces derniers mois a montré combien la mission des médias est essentielle pour maintenir les gens ensemble, en réduisant les distances, en fournissant les informations nécessaires et en ouvrant les esprits et les cœurs à la vérité», écrit le Pape aux conférenciers. Ce rendez-vous annuel majeur de la presse catholique réunit d’ordinaire aux États-Unis nombre de journalistes, professionnels du monde de la communication et de l’édition, ainsi que plusieurs évêques. En raison de la crise sanitaire actuelle et des restrictions de déplacements qu’elle induit, cette conférence se déroulera cette année en mode virtuel sur le thème «ensemble bien que séparés» (Together while apart), lequel exprime «de manière éloquente, selon le Pape, le sentiment d'union qui a paradoxalement émergé de l'expérience de la distance sociale imposée par la pandémie». C’est d'ailleurs cette prise de conscience qui conduisit à la création des premiers journaux catholiques américains, remarque François, citant l’exemple du Catholic Miscellany, publié pour la première fois à Charleston en 1822 et qui fut suivi par d’autres revues et périodiques.

Protéger la communication

«L’unité dans la diversité» («Et pluribus Unum», qui est la devise des États-Unis) doit inspirer le service des journalistes et communicants au service du bien commun, écrit encore le Pape. Ce besoin se fait toujours plus criant dans un monde marqué par la polarisation et les conflits, qui n’épargnent pas les catholiques eux-mêmes. «Nous avons besoin de médias capables de construire des ponts, de défendre la vie et d'abattre les murs, visibles et invisibles, qui empêchent un dialogue sincère et une véritable communication entre les personnes et les communautés. Nous avons besoin de médias qui peuvent aider les gens, en particulier les jeunes, à distinguer le bien du mal, à porter des jugements corrects, fondés sur une présentation claire et impartiale des faits, à comprendre l'importance de l'engagement en faveur de la justice, de l'harmonie sociale et du respect du foyer commun. Nous avons besoin d'hommes et de femmes de principes pour protéger la communication contre tout ce qui pourrait la déformer ou la plier à d'autres fins», plaide François qui demande à ces médias d’être signes d’unité dans la foi, forts «face aux modes culturelles fugaces qui n’ont pas le parfum de la vérité évangélique».

Attester personnellement de la véracité du message transmis

La communication n’est «pas seulement une question de compétence professionnelle»; le vrai communicant doit en effet se consacrer entièrement au bien-être des autres, s’impliquer personnellement, attester de la véracité du message qu’il transmet. «Toute communication a sa source ultime dans la vie du Dieu trinitaire, qui partage avec nous la richesse de sa vie divine et nous demande, à notre tour, de communiquer ce trésor à d'autres, unis au service de sa vérité».

Seul le regard de l’Esprit-Saint «nous permet de ne pas fermer les yeux» devant la souffrance de l’humanité. «C'est seulement avec ce regard que nous pouvons travailler efficacement pour vaincre les maladies du racisme, de l'injustice et de l'indifférence qui défigurent le visage de notre famille commune», et ainsi, aider les autres à contempler la réalité des personnes précisément avec ce regard de l’Esprit. «Là où notre monde parle trop souvent avec des adjectifs et des adverbes, puissent les communicants chrétiens parler avec des noms qui reconnaissent et encouragent la revendication silencieuse de la vérité et favorisent la dignité humaine. Là où le monde voit des conflits et des divisions, regardez la souffrance et les pauvres pour donner une voix aux demandes de nos frères et sœurs qui ont besoin de miséricorde et de compréhension», conclut le Saint-Père.

Cardinal Tong: à Hong Kong, la clé est de maintenir l'unité.

publié le 3 juil. 2020 à 08:12 par Président ACOS   [ mis à jour : 6 août 2020 à 23:08 ]

02-07-2020Sœur Bernadette Mary Reis, fsp – Cité du Vatican - Dans le contexte de l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, le cardinal John Tong Hon, administrateur apostolique de Hong Kong, prie pour qu'«il y ait un seul troupeau et un seul pasteur».

Une heure avant minuit le 30 juin, les lois sur la sécurité sont entrées en vigueur à Hong Kong. Le moment est important. À minuit, Hong Kong allait célébrer le 23ème anniversaire de son indépendance vis-à-vis de la domination britannique. Avec la loi de sécurité désormais en vigueur, la Chine cherche à freiner la dissidence, le terrorisme et l’ingérence étrangère tant sur le continent qu’à Hong Kong.

L’unité est la priorité de l’Église

Dans ce contexte où les tensions sont croissantes, l'administrateur apostolique de Hong Kong, le cardinal Tong, a diffusé un message d’apaisement, en mettant au premier plan l’unité. D’après le journal diocésain Kung Kao Po, le prélat a déclaré le 28 juin que sa première priorité était de «maintenir l'unité dans l'Église». Il fait ainsi référence à la prière de Jésus pour l'unité, la nuit précédant sa mort, où Jésus a prié le Père céleste après la dernière Cène «pour qu'ils soient un» (Jn 17, 11). Le cardinal Tong espère donc que la nation hongkongaise, quelle que soit la position des habitants, «puisse rester unie».

La liberté religieuse

Dans une interview précédente, le cardinal avait abordé le sujet de la liberté religieuse, déclarant que «la loi sur la sécurité nationale n'aura pas d'impact négatif sur la liberté religieuse». Il s’appuie sur le fait que «l'article 32 de la Loi fondamentale [qui sert de constitution à la région administrative spéciale de Hong Kong de la république populaire de Chine] garantit la liberté de croyance religieuse et la liberté de prêcher, de conduire et de participer à des activités religieuses en public».

En outre, il a déclaré que l'Église devrait pouvoir continuer à participer aux «affaires sociales» de la nation, se référant à l'article 141 de la Loi fondamentale qui «stipule que le gouvernement local ne doit pas s'immiscer dans les affaires internes des organisations religieuses ni restreindre les activités religieuses, et qu'il peut continuer à gérer les écoles et les services sociaux».

Relations avec le Saint-Siège

Le cardinal Tong a également expliqué que les relations entre le diocèse de Hong Kong et le Saint-Siège «peuvent être une source de préoccupation pour de nombreuses personnes». Il a toutefois précisé que ce «lien» doit être «considéré comme une affaire interne de l'Église catholique», plutôt que comme une «collusion avec des forces étrangères».

Abordant la relation entre la Chine elle-même et le Saint-Siège, le cardinal Tong a souligné qu'«il y a eu des échanges amicaux entre la Chine et le Saint-Siège, et notre Église se concentre sur la dimension spirituelle et le soin pastoral des paroissiens».

Cardinal Koch: Des relations profondes soutiennent le chemin œcuménique.

publié le 5 juin 2020 à 09:37 par Président ACOS   [ mis à jour : 5 juin 2020 à 09:39 ]

05-06-2020Massimiliano Menichetti – Cité du Vatican - À l'occasion du soixantième anniversaire du début du voyage œcuménique voulu par saint Jean XXIII, le président du Conseil pontifical pour la Promotion de l'unité des chrétiens met en évidence un chemin riche en «développements et progrès».

La fondation du Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens, le 5 juin 1960, par saint Jean XXIII pour devenir ensuite le Conseil pontifical en 1988, est source de grande joie et d’un engagement constant sur un «chemin irréversible». C’est ce qu’affirme le cardinal Kurt Koch dans une interview accordée aux médias du Vatican. Pour le président du Conseil pontifical, trois piliers soutiennent particulièrement l’œcuménisme : le dialogue de la charité, le dialogue de la vérité et l'adhésion profonde et concordante de tous les fidèles à la prière de Jésus, «que tous soient un». L'œcuménisme est selon lui un horizon qui a bénéficié d'une «grande continuité et cohérence» entre tous les Papes.

Il y a soixante ans, le contexte œcuménique était très différent. Comment a-t-il évolué et comment définir la situation œcuménique et les défis d'aujourd'hui ?

En 1960, le mouvement œcuménique, dans sa forme officielle au sein de l'Église catholique, n'en était encore qu'à ses débuts. Au cours des soixante dernières années, de nombreuses réunions et temps de dialogue ont eu lieu. Il a été possible d’en tirer de nombreux fruits positifs. Cependant, le véritable objectif du mouvement œcuménique, à savoir la restauration de l'unité de l'Église, n'a pas encore été atteint. À l'heure actuelle, l'un des plus grands défis consiste précisément en l'absence d'un consensus vraiment solide sur l'objectif de l'œcuménisme. Il y a une entente sur la nécessité de l'unité, il n’y en a pas encore sur la forme qu'elle devrait recouvrir. Nous avons besoin d'une vision commune, c’est essentiel pour l'unité de l'Église. Les prochaines étapes ne peuvent être franchies que si nous avons un objectif clair à l'esprit.

Le chemin œcuménique est souvent défini comme un «échange de dons». En soixante ans, comment l'Église catholique a-t-elle été transformée par cette réciprocité ? Quels sont les dons que notre Église a offerts aux autres chrétiens ?

Derrière cette définition, il y a la conviction que chaque Église peut apporter une contribution spécifique à la restauration de l'unité. Des Églises et des communautés ecclésiales nées de la Réforme, l'Église catholique a surtout appris la centralité de la Parole de Dieu dans la vie de l'Église, dans les célébrations liturgiques et dans la pensée théologique. La conscience que la foi vient de l'écoute de la Parole de Dieu et que l'Évangile de Jésus-Christ doit être au centre de l'Église a été ravivée en nous. Des Églises orthodoxes, comme le Pape François l'a souligné à maintes reprises, nous pouvons apprendre beaucoup sur la synodalité dans la vie de l'Église et la collégialité des évêques.

Pour sa part, l'Église catholique peut offrir un don spécial à la discussion œcuménique : l'accent mis sur l'universalité de l'Église. Parce que l'Église catholique vit dans l'interrelation entre l'unité de l'Église universelle et la multiplicité des Églises locales, elle peut montrer par l'exemple que l'unité et la multiplicité ne sont pas opposées même dans l'œcuménisme, mais se soutiennent mutuellement. 

L'œcuménisme vise la pleine communion entre tous les chrétiens. Concrètement, qu'est-ce qui a été fait ?

Tous les efforts et activités œcuméniques doivent servir à restaurer l'unité des chrétiens ; il est nécessaire de s'assurer de temps en temps qu'ils continuent à viser cet objectif. Cela vaut en particulier pour le dialogue de la charité, c'est-à-dire le soin mis à entretenir des relations amicales entre les différentes Églises. Ce dialogue a permis de surmonter de nombreux préjugés du passé et d'intensifier une meilleure compréhension. Le dialogue de la vérité, c'est-à-dire l'analyse théologique des questions controversées qui ont conduit à des divisions au cours de l'histoire, est tout aussi important. Lors de ces dialogues, il est apparu de manière toujours plus évidente que ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare. Enfin, l'œcuménisme spirituel doit être mentionné comme un aspect fondamental, c'est-à-dire l'adhésion profonde et concordante de tous les fidèles à la prière sacerdotale de Jésus, «que tous soient un». Cette prière maintient éveillée en nous la conscience que l'unité de l'Église correspond à la volonté du Seigneur.

Nous avons célébré le 25e anniversaire de l'encyclique de saint Jean-Paul II Ut Unum Sint, publiée le 25 mai 1995. Une encyclique importante pour l’œcuménisme ?

Son importance réside principalement dans le fait que, pour la première fois dans l'histoire, un Pape a écrit une encyclique sur l'œcuménisme. Avec elle, trente ans après la fin du Concile, Jean-Paul II a rappelé que l'Église catholique est «irréversiblement engagée» dans la voie œcuménique (UUS 3) et que tous les membres de l'Église sont tenus par la foi de participer au mouvement œcuménique. Une autre initiative surprenante du Pape me semble particulièrement remarquable. Conscient, d'une part, que le ministère pétrinien représente l'un des plus grands obstacles à la restauration de l'unité et convaincu, d'autre part, que le ministère de l'évêque de Rome est d'une importance constitutive pour l'unité de l'Église, Jean-Paul II a invité toute la communauté œcuménique à s'engager dans un «dialogue fraternel, patient» sur la primauté de l'évêque de Rome, dans le but de trouver une forme d'exercice de la primauté «ouverte à une situation nouvelle, mais sans renoncement aucun à l'essentiel de sa mission», plus précisément dans la mesure où ce ministère «pourra réaliser un service d'amour reconnu par les uns et par les autres» (UUS 95-96). À mon avis, il s'agit d'une initiative très prometteuse, qui a également été reprise à différentes occasions par le Pape Benoît XVI et le Pape François.

Depuis la fondation du Dicastère, les Papes ont été très engagés dans l'œcuménisme. Comment définir en quelques mots la contribution spécifique de chacun ?

Tout d'abord, nous devons être reconnaissants car tous les Papes qui se sont succédé depuis le Concile ont montré un cœur ouvert à la cause œcuménique et il y a eu une grande continuité et cohérence entre eux. Le Pape Jean XXIII était bien conscient que la restauration de l'unité des chrétiens est fondamentale pour le renouveau de l'Église catholique. Le Pape Paul VI a contribué de manière significative à l'adoption par le Concile du décret sur l'œcuménisme "Unitatis Redintegratio". Il a été un Pape aux grands gestes œcuméniques, notamment envers l'orthodoxie et la communion anglicane, et a été le premier Pape à visiter le Conseil œcuménique des Églises. Saint Jean-Paul II était convaincu que le troisième millénaire serait amené à faire face à la grande tâche de restaurer l'unité qui avait été perdue, et il voyait dans le témoignage des martyrs qui appartenaient à différentes Églises une aide essentielle. Avec le don de leur vie, ils avaient déjà vécu l'unité. Pour le Pape Benoît XVI, l'œcuménisme, à un niveau profond, est une question de foi et, par conséquent, un devoir primordial du successeur de Pierre. Pour le Pape François, il est fondamental que les différentes communautés ecclésiales marchent ensemble sur le chemin de l'unité, car l'unité grandit au fur et à mesure qu'elles marchent. Il insiste également sur l'importance de l'œcuménisme du sang.

Pour marquer ce double anniversaire (de l’encyclique et du dicastère) le Conseil pontifical publiera cette année un Vademecum œcuménique pour les évêques. Pourquoi ce nouveau document ?

Le ministère confié à l'évêque est un service d'unité dans son diocèse et d'unité entre l'Église locale et l'Église universelle. Mais elle a aussi une importance particulière concernant l'œcuménisme. Le ministère pastoral de l'évêque doit être compris d’une façon plus large que l'unité de son Église, puisqu'il inclut également les baptisés non catholiques. Dans les différentes églises locales, les évêques diocésains sont donc les premiers responsables de l'unité des chrétiens. Le Vademecum a pour but d'aider les évêques à comprendre plus en profondeur et à mettre en pratique leur responsabilité œcuménique. Le Vademecum est également spécialement conçu pour présenter aux évêques nouvellement nommés leurs tâches, qui consistent à offrir un accompagnement à tous les membres de l'Église afin qu'ils puissent remplir leur devoir qui consiste à participer au mouvement œcuménique.

Une autre initiative du Conseil Pontifical pour cet anniversaire est la publication de la revue Acta Œcumenica qui poursuit et enrichit le bulletin Information Service/Service d'Information publié depuis plus de cinquante ans. Quel est l'objectif de ce magazine ?

Aujourd'hui, nombreux sont les fidèles qui ont l'impression que l'œcuménisme est dans une impasse. Cette impression est largement due à une information insuffisante concernant les développements et les progrès de l'œcuménisme. Il est donc important de s'assurer que les résultats œcuméniques les plus importants soient bien reçus. Cela vaut en particulier pour les documents préparés et publiés par les commissions œcuméniques. Comme on le sait, les documents qui ne sont pas lus n’ont que peu d'utilité. La revue Acta Oecumenica vise ainsi à faciliter cet accueil, principalement en fournissant des informations sur l'engagement œcuménique du Pape François et les activités œcuméniques du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, en présentant les principaux documents des dialogues œcuméniques. Le magazine veut être un support à la formation œcuménique, un aspect d'une importance fondamentale pour l'avenir. 

L'œcuménisme se fait dans la rencontre et le dialogue. Comment la crise sanitaire actuelle affecte-t-elle le travail accompli ?

L'œcuménisme vit du dialogue et des rencontres directes et personnelles. Cela n'est pas facilement réalisable aujourd'hui en raison des restrictions dues à la pandémie de nouveau coronavirus, car nous ne pouvons ni recevoir ici à Rome des invités d'autres Églises chrétiennes ni voyager pour rencontrer des représentants d'autres Églises. Les dialogues œcuméniques se heurtent à de grandes difficultés lorsqu'ils se déroulent à distance, en pratiquant le "bureau à domicile". Mais d'autre part, la situation difficile que le monde traverse en ce moment contribue à rapprocher les Églises chrétiennes, qui sont toutes dans le même bateau. Cela a été manifeste lorsque, par exemple, le Pape François a invité toutes les Églises chrétiennes à se joindre à lui pour la récitation du Notre Père, le 25 mars dernier, afin de prier pour la fin de la pandémie. J'ai adressé l'invitation du Saint-Père aux chefs des Églises chrétiennes, et la plupart des destinataires ont répondu très rapidement à ma lettre, exprimant leur gratitude pour cette initiative. Cela m'a montré combien les relations œcuméniques sont devenues profondes, et comment elles peuvent être approfondies davantage dans des situations très difficiles. Mais bien sûr, nous serons très heureux lorsque nous pourrons à nouveau avoir des réunions et des dialogues en face à face, en personne, avec nos interlocuteurs.

Vous aussi, Éminence, allez bientôt célébrer un anniversaire. Vous avez été nommé par le Benoît XVI président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens le 1er juillet 2010. Quel est votre bilan de ces dix années ?

Je suis particulièrement surpris par la rapidité avec laquelle le temps a passé. Je ne trouve le travail pas toujours facile, mais très beau et enrichissant. Je suis reconnaissant au Pape Benoît XVI de m'avoir confié cette tâche, et au Pape François de m'avoir confirmé à cette charge. Au fil des ans, j'ai pu participer et apporter ma contribution à divers événements et aux nombreuses initiatives œcuméniques des deux Souverains Pontifes. J'ai beaucoup appris et fait l’expérience suivante à plusieurs reprises : dans le travail œcuménique, ce que vous recevez est plus grand que ce que vous pouvez donner. Je suis conscient qu'après tout il n'y a qu'un seul ministre œcuménique, qui est l'Esprit Saint ; nous, les soi-disant œcuménistes, ne sommes que ses instruments, plus ou moins faibles. Après dix ans, je ne pense donc pas qu’il me faille faire un bilan. Ce modeste anniversaire est plutôt une occasion à mettre à profit pour remercier l'Esprit Saint et lui demander de continuer à accompagner le cheminement œcuménique, nous permettant de prendre, l'un après l'autre, des pas en avant positifs, qui nous rapprochent toujours plus de l'unité de l'Église.








"Ut unum sint": l’appel du Pape François à l’unité des chrétiens.

publié le 26 mai 2020 à 11:57 par Président ACOS   [ mis à jour : 26 mai 2020 à 11:58 ]

26-05-2020L’encyclique "Ut unum sint" signée par Saint Jean-Paul II célèbre ses 25 ans ce lundi 25 mai 2020. Marquant ce quart de siècle d'existence, le Pape François a adressé une lettre au cardinal suisse Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, dans laquelle il salue les progrès réalisés en faveur de l’unité de l’Église, «grâce à l’Esprit Saint».

«Le regard tourné vers l’horizon du Jubilé de l’an 2000, il voulait que, dans son cheminement vers le troisième millénaire, l’Église ait présente à l’esprit l’ardente prière de son Maître et Seigneur: «Qu’ils soient un!» (Jn 17, 21)».

Ainsi le Pape François revient sur la genèse de cette encyclique, qui a confirmé «de manière irréversible» l’engagement œcuménique de l’Église, et rappelle le grand rôle joué par l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint harmonise l’Église

«Le Concile Vatican II a reconnu que le mouvement pour le rétablissement de l’unité de tous les chrétiens est né sous l’effet de la grâce de l’Esprit Saint. Seul l’Esprit Saint peut susciter la diversité, la multiplicité et, en même temps, opérer l’unité. […] C’est Lui qui harmonise l’Église», déclare le Saint-Père dans cette lettre. 

En cet anniversaire d'Ut Unum Sint, le Pape François dit ainsi rendre grâce au Seigneur «pour le chemin qu’il nous a permis de parcourir en tant que chrétiens dans la recherche de la pleine communion», et fait savoir qu’il partage aussi «la saine impatience de ceux qui pensent parfois que nous pourrions et devrions nous engager davantage».

Toutefois, nous ne devons pas manquer de foi et de reconnaissance, assure le Souverain pontife, car «de nombreux pas ont été faits en ces décennies pour guérir les blessures séculaires et millénaires». Et le Pape de citer par exemple, la connaissance et l’estime réciproques qui se sont accrues, en aidant à surmonter les préjudices enracinés; le dialogue théologique et celui de la charité qui se sont développés. 

Lancements d’un Vademecum et d’une revue

Le Saint-Père salue aussi deux initiatives récentes: le Vademecum œcuménique pour les évêques, qui sera publié l’automne prochain, comme «encouragement et guide» dans l’exercice de leurs responsabilités œcuméniques, et le lancement de la revue Acta Œcumenica, qui, en renouvelant le Service d’Information du Dicastère, va devenir une aide pour ceux qui travaillent au service de l’unité. 

Un nouvel élan pour la cause œcuménique

Une chose est certaine, souligne enfin l’évêque de Rome, l’unité n’est pas principalement le résultat de notre action, mais «elle est un don de l’Esprit Saint». «Invoquons donc avec confiance l’Esprit, afin qu’il guide nos pas et que chacun ressente avec un nouvel élan l’appel à œuvrer pour la cause œcuménique ; qu’il nous inspire de nouveaux gestes prophétiques et renforce la charité fraternelle entre tous les disciples du Christ, «pour que le monde croie» (Jn 17, 21) et que se multiplie la louange au Père qui est dans les Cieux», conclut le Successeur de Pierre dans cette lettre au cardinal Koch.

Antonio Guterres : "Les menaces mondiales exigent une nouvelle solidarité".

publié le 26 mai 2020 à 11:49 par Président ACOS   [ mis à jour : 26 mai 2020 à 11:50 ]

26-05-2020Andrea Monda, Directeur de l'Osservatore Romano - La pandémie doit être un signal d'alarme. Les menaces mondiales mortelles appellent une nouvelle unité et une nouvelle solidarité. C'est ce que souligne le secrétaire général des Nations unies dans cette interview exclusive aux médias du Vatican, et dans laquelle António Guterres exprime sa profonde gratitude au Pape François pour son soutien à l'appel à un cessez-le-feu mondial.

Entretien avec le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres

Récemment, vous avez lancé un appel à la paix dans le monde, un monde touché par la pandémie. Cette initiative rejoint une fois de plus celles prises par le Pape François - que vous avez rencontré à la fin de l'année dernière, lorsque vous avez délivré ensemble un message vidéo - qui ne cesse de demander l'arrêt de toutes les guerres. Vous l'avez dit: «La fureur du virus illustre la folie de la guerre.» Pourquoi, selon vous, est-il si difficile de faire passer ce message ?

Tout d'abord, je voudrais renouveler ma profonde gratitude au Pape François pour son soutien à mon appel mondial au cessez-le-feu et au travail des Nations-Unies. Son engagement mondial, sa compassion et ses appels à l'unité réaffirment les valeurs fondamentales qui guident notre travail : réduire la souffrance humaine et promouvoir la dignité humaine.

Lorsque j'ai lancé l'appel au cessez-le-feu, mon message aux parties en conflit dans le monde entier était simple : les combats doivent cesser afin que nous puissions nous concentrer sur notre ennemi commun, la Covid-19.

À ce jour, l'appel a été approuvé par 115 gouvernements, des organisations régionales, plus de 200 groupes de la société civile ainsi que d'autres chefs religieux. Seize groupes armés se sont engagés à mettre fin à la violence. Des millions de personnes ont également signé un appel à l'aide en ligne. Mais la méfiance reste grande, et il est difficile de transformer ces engagements en actions qui fassent la différence dans la vie des personnes touchées par le conflit.

Mes représentants et envoyés spéciaux travaillent sans relâche dans le monde entier, avec ma propre participation directe si nécessaire, pour transformer les intentions exprimées en cessez-le-feu effectifs. Je continue à appeler les parties en conflit et tous ceux qui peuvent avoir une influence sur elles, à placer la santé et la sécurité des personnes au premier plan.

Je voudrais également mentionner un autre appel que j'ai lancé et que je considère comme essentiel : un appel à la paix dans les foyers. Partout dans le monde, alors que la pandémie se propage, nous constatons également une augmentation alarmante de la violence à l'égard des femmes et des filles. J'ai demandé aux gouvernements, à la société civile et à tous ceux qui peuvent aider dans le monde entier de se mobiliser pour mieux protéger les femmes. J'ai également appelé les responsables religieux de toutes les confessions à condamner sans équivoque tous les actes de violence contre les femmes et les filles et à défendre les principes fondamentaux de l'égalité.

Il y a quelques mois, avant que la pandémie n'éclate, vous avez dit que la peur était «la marque la plus vendue». C'est une chose qui, ces dernières semaines, pourrait être encore plus amplifiée. Comment, selon vous, est-il possible de lutter contre le sentiment de peur qui se répand dans les populations, surtout en ces temps difficiles ?

La pandémie de Covid-19 n'est pas uniquement une urgence sanitaire mondiale. Ces dernières semaines, on a assisté à une recrudescence des théories du complot et du sentiment anti-étranger. Dans certains cas, des journalistes, des professionnels de la santé ou des défenseurs des droits de l'homme ont été pris pour cible simplement parce qu'ils faisaient leur travail.

Depuis le tout début de cette crise, je plaide pour la solidarité au sein des sociétés et entre les pays. Notre réponse doit être fondée sur les droits de l'homme et la dignité humaine. J'ai également appelé les établissements d'enseignement à se concentrer sur la culture numérique, et j'ai demandé aux médias, en particulier aux entreprises de réseaux sociaux, de faire beaucoup plus pour signaler et supprimer les contenus racistes, misogynes et autres contenus préjudiciables, conformément à la législation internationale sur les droits de l’homme.

Les responsables religieux ont un rôle crucial à jouer pour promouvoir le respect mutuel dans leurs communautés et au-delà. Ils sont bien placés pour remettre en question les messages inexacts et préjudiciables, et pour encourager toutes les communautés à promouvoir la non-violence, à rejeter la xénophobie, le racisme et toutes les formes d'intolérance.

La peur est certainement alimentée par les fausses informations, qui, comme vous l'avez récemment dénoncé, se répandent de plus en plus. Comment lutter contre la désinformation sans risquer d'occulter les libertés et les droits fondamentaux au nom de ce combat ?

Partout dans le monde, les gens veulent savoir quoi faire et où s'adresser pour obtenir des conseils. Au lieu de cela, ils doivent faire face à une épidémie de désinformation qui, dans le pire des cas, peut mettre des vies en danger. Je salue les journalistes et les autres personnes engagés dans la vérification des informations et des publications sur les réseaux sociaux.

Pour soutenir ces efforts, j'ai lancé au sein des Nations-Unies une initiative de réponse aux communications, sous le nom de Verified, qui vise à transmettre des informations précises et factuelles aux gens tout en encourageant les solutions et la solidarité alors que nous passons de la crise à la reprise.

Les responsables religieux ont également un rôle à jouer pour mobiliser leurs réseaux et leurs capacités de communication afin d'aider les gouvernements à promouvoir les mesures de santé publique recommandées par l'Organisation Mondiale de la Santé - de la distanciation sociale à l’importance d’une bonne hygiène - et dissiper ainsi les fausses informations et les rumeurs.

Parmi les informations infondées présentes quotidiennement dans l'opinion publique, il y a actuellement beaucoup de critiques à l'égard des agences de l'ONU, comme par exemple l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Alors que nous pleurons les vies perdues à cause du virus, nous désespérons de voir que beaucoup d'autres suivront, en particulier dans les lieux les moins capables de faire face à une pandémie. Il sera crucial de revenir sur le développement de la pandémie et sur la réponse internationale. Mais actuellement, l'Organisation Mondiale de la Santé et l'ensemble du système des Nations-Unies sont engagés dans une course contre la montre pour sauver des vies.

Je suis particulièrement préoccupé par le manque de solidarité adéquate avec les pays en développement, tant pour les équiper afin de répondre à la pandémie de Covid-19 que pour faire face aux conséquences économiques et sociales dramatiques sur les plus pauvres du monde. L’OMS et l'ensemble du système des Nations Unies se sont pleinement mobilisés pour sauver des vies, éviter la famine, atténuer la douleur et planifier le rétablissement.

Nous avons mis sur la table un plan d'action humanitaire mondial de 7,6 milliards de dollars pour les populations les plus vulnérables, y compris les réfugiés et les déplacés à l'intérieur de leur propre pays. Les donateurs ont généreusement promis près d'un milliard de dollars jusqu'à présent et je poursuis mon plaidoyer pour que ce plan soit entièrement financé.

Nos équipes régionales travaillent en coordination avec les gouvernements pour mobiliser des fonds, pour aider les ministères de la santé à se préparer et pour soutenir des mesures économiques et sociales, allant de la sécurité alimentaire et de l'enseignement à domicile aux transferts de fonds et bien plus encore. Nos opérations de paix continuent à remplir leurs importants mandats de protection et à soutenir la paix et les processus politiques.

Le réseau de chaînes d'approvisionnement des Nations-Unies a été mis disposition des pays en développement. Des millions de kits de test, de respirateurs et de masques chirurgicaux ont déjà été distribués dans plus de 100 pays. Nous avons mis en place des vols de solidarité pour acheminer davantage de fournitures et de travailleurs dans des dizaines de pays en Afrique, en Asie et en Amérique Latine.

Et depuis le début, j'ai mobilisé l'expertise de toute la famille des Nations- Unies pour produire une série de rapports et de notes d'orientation afin de fournir des analyses et des conseils pour une réponse efficace et coordonnée de la communauté internationale. (https://www.un.org/en/coronavirus/un-secretary-general)

Nous vivons à une époque où les attaques contre le multilatéralisme se multiplient. Pensez-vous qu'il soit nécessaire de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions internationales ? Et comment cela pourrait-il être fait ?

La collaboration et la contribution de tous les États - y compris les plus puissants - sont essentielles non seulement pour lutter contre la Covid-19 mais aussi pour relever les défis de la paix et de la sécurité auxquels nous sommes confrontés. Il est également essentiel d'aider à créer les conditions d'une reprise efficace dans le monde développé et en développement.

Le virus a démontré notre fragilité mondiale. Et cette fragilité ne se limite pas à nos systèmes de santé. Elle touche toutes les régions du monde et nos institutions. La fragilité des efforts mondiaux coordonnés est mise en évidence par l'échec de notre réponse à la crise climatique, par le risque toujours croissant de prolifération nucléaire, par notre incapacité à nous rassembler pour mieux réguler le web.

La pandémie devrait être un signal d'alarme. Les menaces mondiales mortelles exigent une nouvelle unité et une nouvelle solidarité.

Vous avez ouvertement salué l'initiative européenne visant à développer un vaccin contre la Covid-19. Toutefois, la découverte d'un vaccin pourrait inciter certains à occuper une position dominante au sein de la communauté internationale. Comment pouvons-nous éviter ce risque ? Et avant même de trouver un vaccin, que peut-on faire pour tester les traitements qui ont prouvé leur efficacité ?

Dans un monde interconnecté, aucun d'entre nous n'est en sécurité si tout le monde ne l’est pas. C'était, en quelques mots, l'essence de mon message lors du lancement de de l'initiative “ACT Accelerator” - la collaboration mondiale visant à accélérer le développement, la production et l'accès équitable aux nouveaux diagnostics, aux thérapies et aux vaccins contre la Covid-19.

Cela doit être considéré comme un bien public mondial. Non pas un vaccin ou des traitements pour un pays ou une région ou la moitié du monde - mais un vaccin et un traitement qui soient abordables, sûrs, efficaces, faciles à administrer et universellement disponibles - pour tout le monde, partout. Ce vaccin doit être le vaccin du peuple.

Comment éviter d'avoir des pays de premier et de second rang dans cette lutte contre le virus ? Il y a un danger que la pandémie creuse davantage le fossé entre les riches et les pauvres. Comment pouvons-nous éviter que cela ne se produise ?

La pandémie met en évidence les inégalités partout. Inégalités économiques, disparités dans l'accès aux services de santé et bien plus encore. La pauvreté pourrait augmenter de 500 millions de personnes - la première augmentation en trois décennies.

Nous ne pouvons pas permettre que cela se produise et c'est pourquoi je continue de plaider en faveur d'un plan d'aide mondial qui représente au moins 10 % de l'économie globale. Les pays les plus développés peuvent le faire avec leurs propres ressources, et certains ont déjà commencé à mettre en place de telles mesures. Mais les pays en développement ont besoin d'un soutien massif et urgent.

Le Fonds Monétaire International a déjà approuvé un financement d'urgence pour un premier groupe de pays en développement. La Banque Mondiale a indiqué qu'avec les ressources nouvelles et existantes, elle peut fournir 160 milliards de dollars de financement au cours des 15 prochains mois. Le G20 a approuvé la suspension du remboursement de la dette pour les pays les plus pauvres.

J'apprécie pleinement ces mesures, qui peuvent protéger les personnes, les emplois et favoriser le développement. Mais même cela ne sera pas suffisant et il sera important d'envisager des mesures supplémentaires, notamment l'allègement de la dette, pour éviter des crises financières et économiques durables.

Certains disent qu'après cette pandémie, le monde ne sera plus jamais le même. Quel pourrait être l'avenir des Nations-Unies dans le monde de demain ?

La relance à l’issue de la pandémie offre une possibilité de mettre le monde sur une voie plus sûre, plus saine, plus durable et plus inclusive. Les inégalités et les lacunes en matière de protection sociale qui ont été si douloureusement exposées devront être corrigées. Nous aurons également l'occasion de placer les femmes et l'égalité des sexes au premier plan pour aider à renforcer la résilience aux chocs futurs.

La relance doit également aller de pair avec l'action en faveur du climat. J'ai demandé aux gouvernements de veiller à ce que les dépenses visant à revitaliser les économies soient utilisées pour investir dans l'avenir, et non dans le passé.

L'argent des contribuables doit servir à accélérer la décarbonisation de tous les aspects de notre économie et à privilégier la création d'emplois verts. Il est temps de mettre une taxe sur le carbone et de faire payer les pollueurs à hauteur de leur pollution. Les institutions financières et les investisseurs doivent prendre pleinement en compte les risques climatiques.

Notre modèle reste les objectifs de développement durable et l'accord de Paris sur le changement climatique. Le moment est venu d’être déterminé. Déterminé à vaincre la Covid-19 et à sortir de la crise en construisant un monde meilleur pour tous.

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