Pape François: « Raviver l’hospitalité évangélique pour continuer notre voyage œcuménique ».

publié le 26 janv. 2020 à 12:17 par Président ACOS   [ mis à jour : 26 janv. 2020 à 12:19 ]
Comme chaque année, ce 25 janvier, le Saint-Père a célébré les secondes vêpres de la fête de la conversion de l’apôtre saint Paul, qui marquent également la fin de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. François et des représentants d’autres confessions chrétiennes se sont retrouvés dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs pour ce temps de prière. Le Pape a commenté le passage des Actes des Apôtres relatant le voyage de la captivité de Paul, au cours duquel le bateau conduisant l’apôtre fait naufrage à Malte.

26-01-2020 - Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican - De l’extrait des Actes des Apôtres lu au cours de cet office – tiré des chapitres 27 et 28 -, l’assemblée présente dans la vaste basilique Saint-Paul-hors-les-Murs a pu entendre le verset constituant le thème de la 53e semaine de prière pour l’unité des chrétiens: «Ils nous témoignèrent une humanité peu ordinaire» (Ac 28,2).

Vers l’an 60, Paul devait être emmené à Rome pour y être jugé comme rebelle politique, mais le bateau qui le transportait avec 276 autres passagers – en majorité des prisonniers - fut pris dans un violent orage, puis échoua sur les côtes maltaises. Tous les naufragés purent rejoindre la terre ferme, où «ils expérimentent l’hospitalité des habitants de l’île, leur gentillesse et leur humanité», a expliqué le Pape en résumant ce passage.

Le Saint-Père a rapproché cet épisode de «notre voyage œcuménique, dirigé vers cette unité que Dieu désire ardemment», en mentionnant trois éléments à mettre en œuvre.

Se tourner vers les pauvres, privilégiés du message de Dieu.

D’abord, le récit nous montre que «ceux qui sont faibles et vulnérables, ceux qui ont peu à offrir matériellement mais trouvent en Dieu leur propre richesse, peuvent donner des messages précieux pour le bien de tous»«Ce sont souvent les plus faibles qui portent le message de salut le plus important», a insisté le Pape, citant notamment ces «communautés chrétiennes» qui sont aujourd’hui «plus réduites et moins importantes aux yeux du monde», ou celles qui sont «marginalisées et persécutées». François a rappelé qu’en tant que «disciples de Jésus», nous ne devons pas suivre une logique mondaine mais se mettre à l’écoute «des petits et des pauvres», par l’intermédiaire desquels Dieu «aime envoyer ses messages».

Avoir le souci du salut de tous les hommes

Cet extrait des Actes des Apôtres manifeste également «la priorité de Dieu», qui est «le salut de tous». L’ange dit en effet à saint Paul: «Sois sans crainte, Paul, il faut que tu te présentes devant l’empereur, et voici que, pour toi, Dieu fait grâce à tous ceux qui sont sur le bateau avec toi» (Ac 27, 24). Il s’agit là d’un appel «à ne pas se dédier exclusivement à nos communautés, mais à s’ouvrir au bien de tous, au regard universel de Dieu». Ce regard, renforcé par la grâce du Seigneur, nous permet de «dépasser nos divisions». Par ailleurs, à l’image des passagers du bateau, «entre les chrétiens, chaque communauté a un don à offrir aux autres». Le Pape a donc invité à regarder au-delà des intérêts particuliers et des héritages du passé, «dans le désir d’avancer vers le port commun», afin de mieux accueillir ces dons.

Faire revivre des coutumes hospitalières

Enfin, le troisième aspect sur lequel s’est arrêté François est l’hospitalité, thème matérialisé dans ce récit biblique par «le feu allumé sur la rive pour réchauffer les naufragés» (cf Ac 28,2). Le Saint-Père y voit «un beau symbole de la chaleur humaine qui les entoure de manière inattendue»«De cette Semaine de Prière, a-t-il poursuivi, nous aimerions apprendre à être plus hospitaliers, tout d'abord entre nous chrétiens, et même entre frères et sœurs de différentes confessions».

«L'hospitalité fait partie de la tradition des communautés et des familles chrétiennes», a souligné le Pape, avant de rapporter deux faits concrets: «Nos anciens nous ont appris par l'exemple qu'à la table d'une maison chrétienne, il y a toujours une assiette de soupe pour l'ami qui passe ou le nécessiteux qui frappe. Et dans les monastères, l'hôte est traité avec beaucoup de respect»«Ne perdons pas, au contraire, faisons revivre ces coutumes qui ont le goût de l'Évangile!», a encouragé François.

Prier sans relâche

À la fin de son homélie, le Souverain Pontife a salué différentes délégations et représentants d’Églises présents pour cet office, notamment: le métropolite Gennadios, représentant du Patriarcat  œcuménique de Constantinople; l'archevêque anglican mauricien Ian Ernest, représentant à Rome de l’archevêque de Canterbury Justin Welby; des étudiants de l’Institut Œcuménique de Bossey; ou encore de jeunes orthodoxes étudiant à Rome. «Ensemble, sans jamais nous lasser, continuons de prier et d’invoquer Dieu pour le don de la pleine unité entre nous», a conclu François.