Les Pères sur l'Unité de l'Eglise.

- 11-08-2020 - Grégoire de Nazianze : "Contre le Schisme" - Discours XIII.

- 10-08-2020 - Grégoire de Nazianze : "Contre le Schisme" - Discours XII.

- 07-08-2020 - Grégoire de Nazianze : "Contre le Schisme" - Discours XI.

- 08-04-2020 - Origène répond au philosophe Celse et met en garde contre les hérétiques aux bonnes moeurs.

- 16-03-2020 - Saint Clément d'Alexandrie sur les hérétiques et la vraie église 

- 23-02-2020 - Le Pape Clément face à la division des Corinthiens

- 10-02-2020 - Lettre de Saint Denis d'Alexandrie à Novat sur le schisme qu'il a provoqué.

- 08-01-2020 - Saint Jean-Chrysostôme sur l'unité et la rupture de l'unité.

- 31-12-2019 - Saint Ignace d'Antioche : Epître aux Philadelphiens sur l’Unité au sein de l’Eglise.

- 05-12-2019 - Saint Cyprien de Carthage : Sur le Traité de l'Unité de l'Eglise.

Grégoire de Nazianze : "Contre le Schisme" - Discours XIII.

publié le 10 août 2020 à 10:18 par Président ACOS   [ mis à jour : 10 août 2020 à 10:21 ]

Chère paix, dont le nom seul est si délicieux! paix que je viens de donner à mon peuple, et que mon peuple m'a rendue à son tour, aimable paix, l'objet de tous mes voeux, mon plus beau titre de gloire, vous qui êtes l'ouvrage de Dieu, sa propre essence, puisque nous l'entendons s'appeler lui-même, dans ses saintes écritures, le Dieu de la paix! paix enchanteresse, bien inestimable que tout le monde loue, et que si peu de personnes savent conserver! où vous étiez retirée, pendant un si long temps que vous étiez loin de nous ? Quand reviendrez-vous près de nous ? De tous les coeurs qui sont sur la terre, il n'en n'est point qui vous désire avec plus d'ardeur que moi, vous recherche avec plus d'empressement, vous chérisse avec plus de tendresse quand nous jouissons de vous ; qui vous rappelle, quand vous nous fuyez, avec un plus vif sentiment de regret de votre absence. Ce sont alors les sanglots de Jacob, redemandant son fils Joseph, qu'il croit avoir été dévoré par une bête féroce ; couvrant de ses larmes sa robe ensanglantée ; ce sont les gémissements de David, pleurant la perte de son cher Jonathas, exhalant sa douleur en imprécations contre les montagnes de Gelböe.

C'était assurément un spectacle bien lamentable, de voir l'arche sainte tombée au pouvoir des étrangers, le sol sacré où fut Jérusalem, foulé sous les pieds des infidèles, les nobles enfants de Sion traînés en exil, aujourd'hui encore, dispersés par toute la terre, errants dans tous les lieux du monde. Pourtant, ces calamités sont moins déplorables encore, que celles dont nous sommes les témoins. Nous voyons nos cités renversées de fond en comble, d'innombrables légions dissipées et disparues, la terre gémissant sous le poids des cadavres amoncelés une nation barbare (1) portant au loin ses excursions, et faisant marcher avec elle la dévastation et a terreur; non pas qu'il faille accuser nos Romains d'avoir reculé, car ce sont les mêmes hommes qui ont porté leurs armes victorieuses jusqu'aux extrémités de la terre: mais leurs bras étaient enchaînés par la colère divine, qui vengeait les outrages faits à l'adorable Trinité. 

Certes, de pareils malheurs sont affligeants. Il n'en n'est point qui le soient plus que de voir la paix bannie de nos Eglises. La persécution nous avait été moins funeste que la guerre intérieure que nous nous sommes faite à nous- mêmes... Les voleurs de profession, unis par le crime, vivent en paix les uns avec les autres ; nous, éternellement en guerre, rebelles à toutes les exhortations, nous ne savons que nous entre-déchirer. Disciples de la charité, nous ne professons que la haine. Tout.cesse dans le monde, tout, excepté nos discordes. La source de nos animosités, quelle est-elle? L'amour de la domination, la passion des richesses, l'amour-propre, l'envie; et de là, l'injustice et l'inconséquence de nos jugements. Tel homme était hier un modèle de toutes les vertus chrétiennes; aujourd'hui, ce n'est plus qu'un composé de tous les vices; ce que l'on admirait en lui, devient tout à coup un sujet de critique et de blâme. La sévérité de notre discipline ne nous permet pas même les paroles oiseuses; elle nous défend de révéler les choses cachées, quand elles violent la charité due à nos frères; nous, nous les allons divulguer au grand jour, en présence des ennemis du nom chrétien, qui savent bien se prévaloir contre nous-mêmes de nos indiscrètes communications. Avec l'air d'y applaudir, ils se promettent bien de nous en punir, au moment où leur haine pourra s'exhaler. Ainsi, nous devenons la fable de tout ce qui nous environne.

Ce qui m'afflige, ce n'est pas l'invasion de nos églises ; nos ennemis auront leur tour; après tout, Dieu n'est pas enfermé dans l'enceinte d'un édifice ; ni la perte des biens dont les autres abondent, notre Dieu ne se met pas à prix, en sorte qu'il n'y ait que les riches qui puissent y prétendre; ni le déchaînement des langues envenimées, leur nature est de dire du mal et de répandre le fiel. Ce ne sont pas  plus leurs calomnies que leurs suffrages qui m'empêcheront d'être ce que je suis. Car enfin, me dirai-je à moi-même : De deux choses l'une : ou ce que l'on dit est faux, et ne me regarde pas plus que le dénonciateur lui-même, quand même mon nom s'y trouverait articulé; ou bien il est vrai, alors c'est à moi, plutôt qu'à lui, que je dois m'en prendre. Les discours que l'on tient ne sont pas la cause de mon dérèglement ; c'est moi qui leur ait donné occasion. Une fois qu'on les aura oubliés, je n'en serai pas moins que ce que j'étais; et je leur aurai toujours l'obligation de m'avoir excité à plus de surveillance. Et puis, un avantage bien plus précieux qu'ils nous procurent, c'est de nous donner quelque ressemblance avec notre Dieu, qui ne fut pas plus ménagé que nous. Si du moins la calomnie s'arrêtait à nos personnes; mais la plaie la plus vive pour mon coeur, c'est qu'en nous attaquant, c'est à Dieu lui-même que l'on en veut, à l'auguste fondement de notre religion. On ne fait la censure de nos torts que pour combattre la doctrine que nous professons, confondant le ministre avec son enseignement.


Exposé succinct des dogmes d'Arius, de Novatien, de Sabellius, d'Apollinaire. Ce dernier, qu'il ne nomme pas, n'avait commencé que depuis peu à répandre ses erreurs, qui consistaient à dire que Jésus-Christ n'avait point d'âme, et que la divinité y suppléait; que le corps du Sauveur était venu du ciel, et qu'il avait passé par le sein de Marie comme par un canal.


Fallait-il (demande S. Grégoire, combattant cette nouvelle hérésie), qu'après avoir avoué que la divinité était unie, on divisât I'humanité?....Puisque ma chute fut entière, et que j'ai été condamné pour la désobéissance du premier homme, et par les artifices du démon, pourquoi ma rédemption ne serait-elle pas entière?Pourquoi diminuer le bienfait de Dieu et l'espérance de mon salut? 

Embrassons cette paix que Jésus-Christ, en quittant la terre, lui avait léguée. Ne connaissons d'ennemis que ceux du salut; ne refusons pas le nom de frères à ceux même qui ne partagent point nos sentiments, s'ils veulent l'agréer de notre bouche. Faisons quelques sacrifices, s'il le faut, pour obtenir le plus grand des biens qui est la paix. 

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(1) Les Goths, réunis aux Huns et aux Alius, pillaient impunément la Thrace, et menaçaient déjà Constantinople. 

Source : Bibliothèque choisie des Pères de l'Eglise grecque et latine....Par M.-N.-S. GUILLON., Troisième partie, Tome Sixième., 1828.

Grégoire de Nazianze : "Contre le Schisme" - Discours XII.

publié le 7 août 2020 à 08:42 par Président ACOS   [ mis à jour : 10 août 2020 à 10:19 ]

Où sont-ils, ces hommes dont les yeux toujours ouverts sur nous, s'inquiètent si sévèrement de ce qui nous arrive d'heureux ou de malheureux ; dans la seule intention de nous censurer, non de nous juger ? Avares de louanges, prodigues de reproches et d'insultes, ardents à dénaturer par leurs mensonges ce que nous faisons de bien, à exagérer, par leurs déclamations forcenées, les fautes qui nous échappent, habiles à chercher dans nos torts l'excuse de tous ceux qu'ils se permettent. Si du moins ils pesaient les uns et les autres dans la balance d'une rigoureuse équité, nous profiterions, avec reconnaissance, d'une haine qui nous rendrait plus circonspects. Mais l'excès même de leur injustice ôte tout crédit à leurs arrêts, et leur jugement ne peut pas plus servir à leurs ennemis, que leurs calomnies ne peuvent nous nuire. Où sont-ils, ces détracteurs de la Divinité, comme de ceux qui la servent ? Car la cause est la même. Et ce qui rehausse l'éclat de nos souffrances, c'est que si nous sommes persécutés par eux, Dieu ne l'est pas moins que nous. Où sont-ils ces hommes si complaisants sur leurs propres défauts, si impitoyables sur ceux des autres ? Réussiront-ils encore ici à en imposer à la vérité ? Qu'ils viennent parmi nous ; qu'ils surmontent un moment leur répugnance, pour prendre part à nos secrets ; qu'ils viennent : nous ne craindrons que le témoignage de nos ennemis les plus implacables. Ils verront de leurs propres yeux, que du sein même de notre infirmité d'un moment sont sortis les germes d'une vigueur nouvelle.

Il répète dans ce discours ce qu'il avait affirmé dans le précédent, que la contestation survenue à Nazianze n'avait point eu pour objet la foi de nos mystères que l'Arianisme seul altérait par des blasphèmes directs.

Il eût mieux valu, sans doute, que cette ombre de dissension n'existât point. Notre erreur fut l'excès de notre attachement pour notre pasteur, et de n'avoir pas su choisir entre deux biens, lequel était préférable, jusqu'à l'heureux moment où nous les avons enfin accordés l'un et l'autre. Voilà tout notre vote d'accusation : est-ce un tort, est-ce un mérite ? Qu'avec cela, l'on nous condamne, ou nous absolve ; il n'en faut pas davantage à l'hérésie. Pourtant, nous ne pouvons lui accorder rien de plus. Mais elle a beau faire, toujours elle échouera contre la vérité. Il ne nous a fallu pour arbitre de notre différend, que nous-mêmes ; nous n'en irons point chercher d'autres.  

Réfutation de l'Arianisme et des erreurs de Sabellius. Elle se termine par une invocation :

Trinité sainte, adorable et patiente Trinité ! (combien vous l'êtes pour supporter si longtemps ceux qui vous divisent!). Trinité qui avez daigné me choisir pour être votre ministre fidèle, et venger vos mystères! Trinité que tous reconnaîtront un jour, soit par votre manifestation, soit par vos vengeances, faites que ceux qui vous outragent, se rangent enfin parmi vos adorateurs, que nous n'en perdions aucun, non pas même des moins considérables ; quand je devrais pour cela être privé d'une partie de votre grâce, car je n'oserais pousser mon zèle aussi loin que l'Apôtre. 

C'est dans ce discours que se rencontre cette belle expression : que l'expérience est la maîtresse des ténèbres et des insensés.

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Source : Bibliothèque choisie des Pères de l'Eglise grecque et latine....Par M.-N.-S. GUILLON., Troisième partie, Tome Sixième., 1828.

Grégoire de Nazianze : "Contre le Schisme" - Discours XI.

publié le 4 août 2020 à 09:17 par Président ACOS   [ mis à jour : 12 août 2020 à 03:09 ]

Grégoire de Nazianze commence son discours XI contre le schisme par l'éloge de la vie solitaire, qu'il regarde comme l'état le plus parfait du chrétien sur terre : 

Là, dit-il, la vie entière se passe dans le jeûne, dans la prière et dans les larmes; le silence des nuits n'est interrompu que par les soupirs de la pénitence, ou par le chant des divins cantiques qui se lèvent vers le ciel pour bénir la gloire du Seigneur, et répandre dans toutes les âmes les saintes ardeurs de la componction. Là, tout l'extérieur répond à la tendre piété dont les coeurs sont enflammés : vêtement simple; oubli de toute recherche, à l'imitation des apôtres; démarche grave, uniforme; dans les regards rien de dissipé; sourire gracieux, et qui ne permet pas au rire de s'échapper en éclats indiscrets; entretiens auxquels le raison préside, mêlés, quand il le faut, soit d'éloges qui encouragent au bien, soit de reproches sans aigreur, et de charitables avis préférables à la louange ; heureux assortiment de condescendance et de sévérité, les charmes de la solitude dans une vie commune, et les secours d'une vie commune dans le sein de la retraite : ce qui n'est pas moins excellent, ce qui même l'emporte sur tous ces avantages, la vraie richesse dans la pauvreté, la vraie possession dans le manque apparent de tout, la vraie gloire dans le mépris de la gloire, la force dans l'infirmité, la fécondité dans le célibat. 

Puis rentrant dans le vif du sujet contre le schisme, il montre la contradiction dans laquelle nous sommes :  

Nous avons divisé Jésus-Christ, nous qui l'aimions tant ; nous nous sommes prêtés au langage du mensonge par respect pour la vérité, livré à la haine par amour pour la charité ; et sous le prétexte de nous serrer contre la pierre, nous sommes allés nous briser contre elle.

Peut-être, ô mon Dieu, aviez-vous permis nos dissensions, afin qu'elles nous fissent goûter mieux le prix de la paix. Tels que deux plantes unies à la même tige, que l'on veuille les séparer l'une de l'autre, elles reviennent bientôt à leur première direction: ainsi, après un écart d'un moment, sommes-nous rentrés dans les anciens sentiments qui nous unissaient ; et notre éloignement n'a fait que nous rapprocher par des liens plus étroits. 

Naguère l'union faisait notre richesse comme notre force : c'était la gloire particulière de notre Eglise. Elle retraçait une image de cette arche où se conservaient les débris du genre humain, parce que les semences de la piété s'y trouvaient maintenues fidèlement. Mais enfin nous étions hommes ; nous n'avons pu échapper aux perfides manoeuvres de l'ennemi des âmes, ni à la contagion d'un mal déjà signalé par tant de ravages. Mais si nous avons succombé les derniers, nous avons aussi la gloire d'être revenus les premiers.

Sans doute une division qui a pour principe le zèle de la piété et de la religion, vaut mieux qu'une criminelle union. Puis Saint Grégoire de Nazianze affirme que la dissidence qui a existé n'avait point altéré l'unité de la foi, quant au dogme de la Trinité ; qu'il n'y avait eu là qu'une querelle de famille où des frères, animés des mêmes sentiments, se disputent l'héritage paternel, uniquement pour soutenir leur droit ; que, jusque dans la chaleur des dissensions, ou n'était point sorti des règles de la modération et de la charité, en sorte que la dissension elle-même avait fait mieux encore ressortir la charité, la plus excellente des vertus du christianisme, comme elle est la première des prérogatives de l'essence divine. 

Notre Dieu est essentiellement le Dieu de la paix et de la charité. C'est là de tous ses attributs celui qui plaît davantage à son coeur ; il aime à s'appeler le Dieu de paix et de la charité, afin de nous avertir que c'est en pratiquant ces vertus que nous pouvons nous en rapprocher de plus près. Parmi les anges, celui qui autrefois excita la sédition, qui voulut s'élever au-dessus du rang où il avait été placé, et se révolter contre le Tout-puissant, osant selon l'expression de l'Ecriture, prétendre porter son trône au dessus des nues, fut puni comme il le méritait. Son châtiment fut proportionné à son insolence ; condamné à d'éternelles ténèbres, devenu ange des ténèbres, il perdit tout l'éclat dont il avait été investi. Les autres conservèrent leurs glorieux privilèges, parce qu'ils sont pacifiques, ennemis de la discorde, ne formant tous ensemble qu'un seul et même coeur.... A l'image du ciel, le monde est entretenu en paix par des lois d'une constante harmonie. Qu'elle vienne à être troublée ; les fléaux dévastateurs, produits par la vengeance divine, se répandent sur sa surface, et la consternation avec eux. Leçon terrible qui nous apprend combien nous devons estimer la paix ! 

L'histoire des empires et des peuples, particulièrement du peuple juif, fournit à saint Grégoire de nouveaux témoignages en faveur de sa proposition. 

Depuis que leurs divisions, consommées par le plus détestable de tous les attentats, en ont fait la proie de leurs ennemis, quel épouvantable enchaînement de calamités !

Jérémie avait déploré autrefois les maux qui étaient venus fondre sur eux durant leur transport à Babylone ; et certes, avec raison. Pouvaient-ils gémir trop amèrement sur la ruine des murailles de la ville sainte, la destruction de son temple, la profanation de ses sacrifices et de ses riches ornements ; son sanctuaire, ou foulé sous les pieds ou exposé aux regards d'étrangers à qui l'accès en était interdit ; la voix de ses prophètes réduite au silence, ses prêtres dispersés, ses vieillards livrés aux plus cruels traitements, ses vierges abandonnées à tous les outrages de la licence, sa jeunesse moissonnée dans sa fleur, ses maisons dévorées par la flamme, des torrents de sang inondant ses portiques, dépouillés du feu sacré et des victimes de la religion ; les accents du deuil substitués aux chants d'une pieuse allégresse, enfin, pour emprunter les paroles même du prophète, l'or obscurci, changé dans un plomb vil, et les voies de Sion dans les pleurs, parce qu'elles étaient devenues désertes.

A une époque  plus récente, Jérusalem, captive dans l'enceinte de ses murs assiégés, avait vu des mères déchirer de leurs mains les membres sanglants de leurs propres fils pour chercher dans leurs entrailles palpitantes un remède à la faim. Pourtant ces horribles calamités n'étaient rien auprès de celles qu'ils ont eu à souffrir, depuis que, subjugués par les Romains, ils ont été chassés de leur territoire. A qui s'en prendre, sinon à leurs divisions? L'univers tout entier est aujourd'hui témoin de leurs désastres; répandus et dispersés par tout le monde, ils n'ont plus ni cérémonies ni sacrifices; à peine existe-t-il encore quelques vestiges de l'ancienne Jérusalem; pour toute consolation, ses infortunés habitants obtiennent à peine la permission d'aller pleurer sur ses ruines; et de leur gloire passée, il ne leur reste que la liberté de gémir publiquement sur leur solitude. 

Saint Grégoire de Nazianze met à son éloge de la paix une restriction importante.

Je ne dis pas qu'on doive souscrire indifféremment à toutes sortes de paix. Comme il y a des divisions utiles, on pourrait trouver aussi des espèces de paix très pernicieuses, mais je parle de celle qui est louable, qui est fondée par de bons motifs, et  qui mène à Dieu. Je n'approuve point d'excès, pas  plus d'un côté que de l'autre. Je ne veux, ni de  l'indolence, ni de l'emportement. Faire gráce à  toutes les opinions, adopter tous les partis, marque  d'un esprit sans réflexion ; comme aussi rompre avec tout le monde, âpreté de caractère et témérité. La  mollesse et l'indifférence ne mènent à rien; la versatilité, l'irrésolution, ne s'allient pas davantage avec l'esprit de charité qui doit unir tous les frères. Sitôt que l'impiété a levé le masque ; nul ménagement : ce que l'on doit faire, c'est de s'exposer à tout, à la mort même, plutôt que de se laisser atteindre par la contagion, et d'en paraître complice par aucune société avec ceux qu'elle a gagnés. Rien n'est à craindre, comme de craindre quelque chose plus que Dieu, et de trahir, par une perfide connivence, la cause de la foi et de la vérité, nous qui faisons profession de la défendre. Mais tant qu'il n'y a que le soupçon du mal, et que la peur que nous en avons n'est pas fondée sur des preuves certaines et indubitables ; jusques-là, sachons employer les moyens de douceur, plutôt que de rien précipiter. Une indulgente retenue est préférable à la fougue et à l'entêtement; et il vaut bien mieux, en restant dans un même corps, travailler à se corriger mutuellement, comme étant membres les uns des autres, que de préjuger les choses par le fait d'une séparation, de risquer son autorité, à laquelle vous n'avez plus de droits quand on refuse de la reconnaître, et de se voir obligé de descendre à une rigueur tyrannique, qui essaie vainement de conquérir, par la sévérité de ses ordonnances, une soumission qui ne se donne qu'à la charité fraternelle. 

S'adressant à son père : 

Vous voyez les fruits de votre religieuse et paternelle indulgence. Regardez, et voyez autour de vous  vos enfants rassemblés; jouissez du spectacle que sollicitaient vos prières de nuit et de jour, celui de les voir réunis sous vos ailes".

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Source : Bibliothèque choisie des Pères de l'Eglise grecque et latine....Par M.-N.-S. GUILLON., Troisième partie, Tome Sixième., 1828.

Saint-Clément d'Alexandrie sur les hérétiques et la vraie église.

publié le 16 mars 2020 à 11:14 par Président ACOS   [ mis à jour : 19 mars 2020 à 08:11 ]

Saint Clément d'Alexandrie, élève de Pantoenus qui avait présidé l'Ecole d'Alexandrie fondée dès l'époque de Saint-Marc l'Evangéliste, fut choisi par son maître pour être à la tête de cette école. Saint-Clément avait étudié à Alexandrie, patrie qu'il adopta puisque c'est là qu'il composa ses plus célèbres ouvrages, profitant de la tranquillité dont bénéficièrent les chrétiens durant les premières années du règne de Sévère.


Abordant la question des hérésies, dans son ouvrage sur "l'Exortation aux Gentils", Saint Clément d'Alexandrie va réussir à prouver que la doctrine des hérétiques n'est que mensonge : 

"Les hérétiques ont beau dire comme nous qu'il n'y a qu'un Dieu, qu'un Jésus-Christ ; ce n'est là qu'un discours en l'air auquel manque la vérité. Le Dieu qu'ils reconnaissent est un Dieu de leur invention. Le Christ qu'ils professent, ce n'est pas celui que les prophètes nous ont appris à connaître. Ils rejettent les principaux articles de la foi ; ils interprètent les Ecritures dans un sens contraire à celui de l'Eglise qui, seule, enseigne la vérité, telle qu'elle nous a été transmise par la tradition apostolique". 

"Il en est des hérétiques de nos jours comme des anciens philosophes, qui reconnaissaient l'existence d'un Dieu et sa providence, mais qui n'allaient pas plus loin. Ils ne connaissaient ni le Fils de Dieu, ni l'économie de la rédemption divine ; ils étaient étrangers à la vraie religion. De même des hérétiques. Ils croient à Dieu, ils croient à Jésus-Christ, mais vaguement, non selon la vérité. Ils en parlent à leur manière; ils ne l'admettent point tel que les prophéties nous ont appris à le connaître. Il ne suffit pas de croire qu'il y a un Jésus-Christ, pas plus qu'il ne suffirait pas de connaître l'existence du soleil, si l'on ne se réchauffe à la chaleur de ses rayons".

"Il résulte évidemment de l'antiquité de notre Eglise que toutes les autres qui n'ont pas ce caractère et sont d'une origine récente, ne sont que sectes de nouvelle institution, et qui portent un caractère de faux. Je ne regarde comme vraie Eglise que celle qui me prouve son ancienneté car comme il n'y a qu'un seul Dieu et un seul Seigneur, c'est par l'unité que ce qu'il y a de plus excellent nous doit être recommandable, en ce que l'unité est l'image du premier principe de toutes choses. Aussi est-ce pour cela que nous attribuons l'unité à la vraie Eglise, que les hérétiques s'efforcent de diviser en plusieurs parties".

Lettre de Saint Denis d'Alexandrie à Novat sur le schisme qu'il a provoqué.

publié le 9 févr. 2020 à 23:43 par Président ACOS   [ mis à jour : 11 févr. 2020 à 06:51 ]

Précédemment, nous nous étions contenté de rapporter les vues de Pères de l'Eglise sur l'unité et le schisme. Avec Saint-Denis d'Alexandrie, nous passons une lettre qu'il avait adressée à Novat à l'occasion du schisme que ce prêtre avait introduit dans l'Eglise de Rome [1]. Que pense-t-il de ce schisme ? Cette courte lettre nous en dit long. 

"S'il est vrai , comme vous le dites, que vous vous soyez séparé malgré vous de la communion des fidèles, vous le prouverez en y revenant de vous-même. Car il fallait tout souffrir plutôt que de rompre l'unité de l'Eglise; et il n'eût pas été moins honorable pour vous d'endurer le martyre pour cette cause, que de mourir plutôt que de sacrifier aux idoles. Je dirais plus : il y aurait eu plus de gloire à mourir, s'il eût fallu, en conservant l'unité ; car le martyr qui donne sa vie pour la foi ne meurt que pour sauver son âme, au lieu que celui qui meurt pour empêcher le schisme, sert par là l'Eglise tout entière.  

Si néanmoins vous parvenez, soit par persuasion soit autrement, à faire rentrer au sein de l'Eglise ceux qui s'en sont séparés, le bien que vous ferez effacera votre faute, et votre gloire elle-même y gagnera dans l'estime des hommes. Que si vous n'êtes plus le maître des autres, du moins sauvez votre âme à quelque prix que ce soit". 

[1] -   - Novatien et Novat étaient deux prêtres qui se sont répandus dans de violents excès à l'encontre du Pape Saint Corneille. Ils finirent dans l'hérésie. Le Pape Saint Corneille et Saint Cyprien s'élevèrent fortement contre eux. Ils furent condamnés à Rome par un Concile de soixante évêques. Ils se donnaient sous le nom de Cathares c'est-à-dire "pures". On trouve encore des traces de cette secte en Occident au huitième siècle.

Saint Jean-Chrysostôme sur l'unité et la rupture de l'unité.

publié le 8 janv. 2020 à 11:19 par Président ACOS   [ mis à jour : 4 févr. 2020 à 08:55 ]

"Au commencement de la prédication des Apôtres, il n'y avait parmi tous les fidèles qu'un coeur et qu'une âme. La charité qui les unissait tous entretenait parmi eux l'unité de la foi. Nulle ombre de division ; la cupidité en était bannie. Cette touchante harmonie s'altéra avec l'affection aux richesses qui amena insensiblement dans les riches le mépris pour les pauvres, et dans ceux-ci la haine pour les riches". Saint-Paul déjà s'en plaignait pour l'Eglise de Corinthe ; "Je ne puis vous louer, écrivait-il aux chrétiens de cette ville, de ce que j'apprends que lorsque vous vous assemblez dans l'Eglise, il y a des particularités parmi vous""; ainsi s'exprime Saint Jean-Chrysostôme dans son homélie intitulée "Pourquoi est-il nécessaire qu'il y ait des hérésies ?. 

En demandant à ce que tous les chrétiens soient unis par les liens de la charité, Saint-Paul n'entend pas "une charité froide qui n'en ait que le nom", mais une charité réelle, intime, qui pénètre les âmes, les noues les unes aux autres en des noeuds aussi étroits que les membres du corps le sont entre-eux, de telle sorte que rien au monde ne puisse en rompre l'harmonie. C'est là le principe de tout ce qui s'y fait de bien. "Un seul corps, dit-il par l'acquiescement de toutes les volontés, par l'uniforme correspondance de tous les membres, par l'affection mutuelle qu'ils se portent". Ces liaisons fortes et cette harmonie fait qu'il n'y a point d'envie parmi eux, et que la joie de l'un fait la joie de tous, animés qu'ils sont du même esprit. On voit donc qu'il n'y a point d'unité dans le corps, si celui-ci n'est mu par un même esprit. [1].

Toujours dans l'homélie intitulée "Pourquoi est-il nécessaire qu'il y ait des hérésies ?, Saint Jean-Chrysostôme, autrement appelé Saint Jean Bouche d'Or, traite de la vraie foi et des combats que les fidèles du Christ ont à livrer pour demeurer dans la fidélité. Oui, dit-il, "Il faut qu'il y ait des hérésies parmi vous, afin qu'on découvre par-là ceux d'entre nous qui ont une vertu éprouvée". 

Bien qu'il distingue clairement le schisme de l'hérésie, il y a pour Saint Jean-Chrysostôme deux sortes de divisions qui altèrent la vie de l'Eglise, corps mystique; l'une-d'elle provient du refroidissement de la charité tandis que l'autre résulte de la séparation encourue par des fautes qui ont mérité que leurs auteurs soient retranchés du corps. Dans l'une et l'autre manière, les auteurs ne font plus partie de l'Eglise [2]

Saint-Jean Bouche d'Or met en cause directement l'ambition et le désir de dominer comme facteur de division; sa mise en garde est sans appel "Vous auriez fait toutes les bonnes oeuvres imaginables; si vous rompez l'unité de l'Eglise, vous vous rendrez aussi coupable que si vous mettiez en pièces le corps de Jésus-Christ" [3].

Toutefois si celui qui deviendra le Patriarche de Constantinople s'attaque à ce qui s'oppose à l'Eglise, il ne combat pas pour autant l'hérétique mais l'hérésie elle-même; il ne hait pas l'homme à l'origine de la rupture mais l'erreur elle-même; voilà le seul ennemi qu'il cible pour faire revenir de leur égarement des esprits que le démon a engagés dans une fausse route [4]

Nous sommes en droit de nous interroger sur les raisons qui poussent le Sauveur à accepter que la vraie foi et la doctrine des apôtres soient souvent combattues comme elle le fut par l'arianisme, laissant tranquilles hérésies et idolâtrie. 

C'est que Saint Jean-Chrysostôme voit dans l'action des ténèbres sur l'homme et les fidèles, deux types de guerres : une première qui vient du dehors et une deuxième menée de l'intérieur dont les ravages sont d'autant plus profonds qu'ils sont cachés. Une telle guerre intérieure avait déjà cours qui était ourdie par l'arianisme qui "se répandit comme un torrent impétueux". 

Le Patriarche de Constantinople nous explique dans son homélie sur les hérésies , que "Notre Seigneur, alors qu'Il a autorisé ses adversaires à s'exprimer pour contraindre la véritable foi, attaquées de partout, à s'accroître par les obstacles mêmes que lui suscitent ses ennemis". Il ajoute : "le Seigneur permet la présence d'hérétiques pour éprouver la fidélité des croyants. Il nous invite à "faire attention à bien connaître les faux prophètes, à les examiner mûrement en les reconnaissant à leurs fruits spirituels". Quant aux hérésies elles-mêmes, "Dieu les autorise et les laissent en paix pour nous apprendre qu'elle est leur faiblesse, en les voyant se détruire d'elles-mêmes" [5]

Nous sommes avertis par le Patriarche de Constantinople de notre fragilité alors qu'il nous rappelle l'attitude attendu du Chrétien :"Une fois que l'on s'écarte du point de la vérité, on est facilement entraîné dans milles erreurs [6]. "Jésus-Christ ne nous ordonne pas d'examiner pour nous décider par nous-mêmes, mais d'obéir; de disputer, mais de céder; de parler, mais d'écouter; d'être savants, mais d'être humbles ; c'est que le catholique n'est pas celui qui sait mais surtout et uniquement celui qui croit". "La science par elle-même ne fait pas la foi; mais l'humilité de la foi fait le mérite de la science". Personne ne périt dans les voies de l'obéissance et de la simplicité, au lieu que sans l'humble soumission on ne peut que périr avec toute la science qu'on possède et avec tous les savants qu'on admire" [7]

Il nous rappelle que "l'Ange des ténèbres se transforme souvent en Ange de Lumière qui sous un masque imposteur, introduit arbitrairement des doctrines impies" [8]. La vraie science est "d'ignorer ce que l'on ne peut connaître". Le "Chrétien ne s"égare pas dans les questions infinies ; il se resserre humblement dans les points que Dieu a révélés à son Eglise. Et ce qu'il n'a pas révélé, il trouve de la sûreté à ne le savoir pas" [9]

Il y eut toujours "un extrême danger à vouloir expliquer les secrets de Dieu par les seules lumières de la raison; or ils ne se découvrent que par celles de la foi". "Avec la raison, rien que des incertitudes ; avec la foi, vous avez la pierre ferme, l'ancre du salut qui vous soutient contre les vagues agitées. Que d'abîmes, que de précipices ouverts de toutes parts, où le chrétien est conduit par sa raison, quand elle ne se laisse pas elle-même conduire par l'autorité" [10].  

Nous ne serons pas jugés sur notre science bien sûr mais en retrouvant Saint-Paul, Jean-Chrysostôme nous rappelle que nous serons jugés sur les fruits. "Le fidèle", dit Saint Jean Bouche d'Or, "qui est à considérer comme le sel de la terre, se voit juger à ses fruits". Mais quels sont ces fruits, sur lesquels appuyer notre jugement pour distinguer la bonne de la mauvaise prédication ? Le Patriarche de Constantinople s'appuie alors sur l'avorton du Seigneur pour rappeler que c'est "la charité, la joie, la paix, la patience, l'humanité, la bonté, la foi, la douceur, la modestie, la tempérance et la chasteté. Point de fruits à attendre des épines et des ronces ; elles ne portent que des épines, et ne recèlent que des serpents".  

A ce stade de notre présentation, nous n'avons pas encore prononcé le mot d'Unité. La question est abordée dans sa troisième homélie relative à la première Epître aux Corinthiens que l'on pourrait qualifier, sans abus, "d'homélie sur l'unité". C'est encore Saint-Paul qui ouvre le prône. "Je vous conjure, mes frères, par le nom de Jésus-Christ notre Seigneur, d'avoir tous un même langage, et de ne point souffrir parmi vous de divisions ni de schismes, mais d'être tous unis ensemble dans un même esprit et dans un même sentiment" [11]. Il y constate que l'Apôtre appelle le Christ à son secours en précisant qu'il faille prévenir des progrès du mal par des moyens forts et puissants (ici le recours au Seigneur) pour "exciter dans les consciences coupables la confusion et le remord" sans quoi l'orgueil et l'endurcissement suivent [12]. 

Celui qui dans cette homélie n'est alors que prêtre nous éclaire sur les intentions de l'Avorton de Dieu demandant aux habitants de Corinthe "d'avoir tous un même langage et de ne point souffrir de schismes, mais d'être tous unis ensemble dans un même esprit et même sentiment". Le mot schisme est prononcé; mais qu'est-ce que le schisme ? "Ce mot, dit-il, suppose un accusation redoutable qui intéresse toute la communauté. Il suffit qu'une partie de l'Eglise soit blessée, pour que tout le reste soit en souffrance. Pendant que le tout demeure uni et entier, il se conserve. Dès qu'il se divise en plusieurs parties, non-seulement ces parties divisées ne peuvent plus se conserver ; mais ce tout qu'elles composaient périt. C'est là ce que produit le schisme dans l'Eglise" [13]

Lorsque Saint Paul nous exhorte "à n'avoir tous qu'un même langage", il ne demande point une simple union de paroles : c'est une union "d'esprits et de sentiments que je désire". "Il ne suffit pas, dit-il, d'être uni par la foi, si l'on n'est réuni par la charité" [14]. En outre, "il n'y a d'unité que là où il y a une même foi" [15]. "Il ne sert de rien d'être près de Jésus-Christ, si l'on n'en est pas rapproché par la foi"...et....ce qui anéantit notre foi c'est que très peu de personnes veulent conformer leur conduite à leur croyance" [16]. 

L'Eglise de Dieu est une". "Ce n'est pas seulement l'Eglise de Corinthe, mais celle qui est répandue par tout le monde. Qui dit Eglise, dit union, non point séparation ; identité, non point dissidence dans la foi"[17]. Quant au Christ, il nous enseigne que rien n'est plus funeste que l'esprit de division. "Tout Royaume divisé contre lui-même, tombera en ruine"...."Commençons donc par nous mettre bien dans l'esprit, qu'il n'est rien de pire que de rompre l'unité de l'Eglise, de déchirer cette robe sans couture [18] dont les bourreaux mêmes de Jésus-Christ n'osèrent pas violer l'intégrité....Brebis égaré, vous n'êtes pas avec le troupeau : ne craignez-vous pas de tomber sous la dent de l'ennemi qui rode sans cesse à l'entour, cherchant à vous mettre en pièces ? Vous vous éloignez du bercail : vous allez être la proie du loup dévorant" [19]

Mais Saint-Jean-Chrysostôme, Patriarche de Constantinople, envoyé en exil est un homme de Paix."La Paix avant tout". "Voilà pourquoi, dit-il, celui qui préside à nos saintes assemblées, commence tous nos pieux exercices et les termine en vous souhaitant la paix. soit avant, soit après la bénédiction, les prêtres expriment le même souhait. Ce que j'appelle la paix n'est pas un vain mot, c'est la paix de Dieu, celle qui provient de l'unité des esprits et des coeurs. Quand même il serait possible que l'Eglise se trompât, toujours vaudrait-il mieux se tromper avec elle que de s'en détacher, au risque de se perdre. C'est un artifice du démon de vous isoler, pour vous écarter du troupeau et de vous frustrer du bienfait de la prière publique en vous éloignant de l'Eglise [20]

Et nous terminons par un extrait de l'homélie sur l'Anathème : "Dieu ne veut pas que l'on répande le sang des hérétiques ; il ne permet point à ses apôtres d'arracher l'ivraie, à cause du bon grain ; ces sortes d'exécutions furent toujours autant de semences de guerres et de sanglantes représailles. Il ne le permet point, pour deux raisons : la première, parce qu'en arrachant l'ivraie, on peut aussi arracher le bon grain ; la seconde, parce que tôt ou tard ils seront punis, s'ils ne reviennent de leur erreur. Laissez donc à Dieu la liberté d'en faire justice. Il peut même se faire qu'il y en ait qui, d'ivraies, deviennent de bons grains". 

Le Président de l'ACOS

[1] -  Homélie XI sur l'Epître aux Ephésiens.

[2] -  Idem.

[3] -  Idem.

[4] -  Homélie intitulée "Pourquoi est-il nécessaire qu'il y ait des hérésies ?   

[5] -  Homélie XX du Commentaire imparfait sur l'Evangile de Saint-Mathieu.

[6] - Homélie VII sur l'Evangile de Saint-Mathieu.

[7] -  Homélie prononcée par Saint Jean-Chrysostôme, Patriarche de Constantinople, avant de partir pour l'exil. 

[8] -  Idem.

[9] -  Idem.

[10] - Idem.

[11] - Ep. I.Cor 1-10

[12] - Homélie III sur la première Epître aux Corinthiens.

[13] - Idem.

[14] - Idem. 

[15] -  Homélie XI sur l'Epître aux Ephésiens..

[16] -  Homélie prononcée par Jean-Chrysostôme, Patriarche de Constantinople, avant de partir pour l'Exil. 

[17] -  Idem.

[18] -  L'image de la tunique a pu être empruntée à Cyprien de Carthage. « La Tunique de Jésus-Christ n’a été ni partagée ni déchirée ; seul un tirage au sort du vêtement a décidé de celui qui devait revêtir le Christ….Cela signifie que le Christ portait sur lui l’unité venue du haut, c’est-à-dire du « ciel et du Père »….Il ne peut être en possession de l’habit du Christ, celui qui déchire et partage l’Eglise du Christ ». Par le mystère et le signe de son vêtement, le Christ met en lumière l’unité de l’Eglise.

[19] -  Homélie prononcée par Jean-Chrysostôme, Patriarche de Constantinople, avant de partir pour l'Exil.

[20] -  Idem.

Saint Ignace d'Antioche : Epître aux Philadelphiens sur l’Unité au sein de l’Eglise.

publié le 31 déc. 2019 à 11:58 par Président ACOS   [ mis à jour : 19 mars 2020 à 08:15 ]

31-12-2019 - "Enfants de lumière et de vérité, fuyez la division ; fuyez les fausses doctrines. Là où est le pasteur, les brebis doivent être avec lui. Il y a des loups, et en grand nombre qui, sous un masque séduisant, entraînent le troupeau par l’attrait de voluptés perfides, le détournent du chemin qui conduit à Dieu, et en font leur proie.

Eloignez-vous de ces dangereux pâturages que Jésus-Christ, ne cultive pas ; ce n’est pas la main de Dieu son père qui les a faits.

Tous ceux qui appartiennent à Dieu et à Jésus-Christ sont avec l’Evêque. Qui s’attache à celui qui fait schisme, n’aura point de part à l’héritage du Seigneur. Usez d’une seule eucharistie ; car il n’y a qu’une seule chair de Jésus-Christ notre Seigneur, qu’un seul calice qui nous unit tous dans son sang, un seul autel, comme il n’y a qu’un évêque avec le collège des prêtres et des diacres qui partagent le ministère avec nous. En agissant ainsi, vous ferez tout conformément à la volonté de Dieu.

Ce que je dis mes frères ne part que de l’ardent amour que je vous porte : je cherche à vous prévenir contre les pièges qu’on pourrait tendre à votre foi. Ce n’est point moi qui vous parle, mais Jésus-Christ même, dont je redoute les jugements plus que jamais, quoique je sois chargé de chaînes pour son nom, parce que je me trouve encore très-imparfait ; mais j’espère obtenir par le secours de vos prières tout ce qui manque à ma faible vertu, afin que j’entre en possession de l’héritage que la miséricorde divine me prépare.

Lorsque j’étais parmi vous, je criais à haute voix et par le mouvement de l’esprit de Dieu ; Attachez-vous à l’évêque, aux prêtres et aux diacres. Vous pouviez croire alors, que je ne parlais de la sorte qu’en vue de quelque division qu’il m’était aisé de prévoir. Mais je prends à témoin celui pour qui je suis chargé de chaînes, qu’à cet égard mes connaissances n’ont eu rien d’humain. C’est l’Esprit qui vous a dit par ma bouche : Ne faites rien sans l’évêque ; gardez vos corps comme le temple de Dieu ; aimez l’unité, fuyez les divisions et soyez les imitateurs de Jésus-Christ, comme il l’a été lui-même de son père".

Source : Bibliothèque choisie des Pères de l'Eglise grecque et latine, Bruxelles, Tome Ier.

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