Questions-Réponses


Q/ Qu'entend-on par le mot synode ?

R/ Le mot synode dérive du latin "synodus" calqué lui-même sur le grec "sunodos" (sun = avec, odos = chemin). Comme le latin "concilium", il désignait une assemblée de personnalités réunies pour délibérer et non, comme l'étymologie porterait à le croire, un voyage fait de compagnie.

Une première distinction s'impose entre l'Orient et l'Occident. Dans les Eglises d'Orient, l'Institution patriarcale a maintenu vivante tout au long de son histoire l'existence des Saints Synodes qui sont restés davantage les "Conseils" des Patriarches que les assemblées conciliaires ordinaires ou extraordinaires des évêques soumis à leur juridiction. Les Patriarches avec leurs synodes constituent l'instance supérieure pour toutes les affaires du patriarcat".

En revanche en Occident, les termes "synodus" et "concilium" ont été appliqués concurremment aux assemblées convoquées pour prendre des décisions en matière de doctrine ou de discipline. Organes de gouvernement, ces assemblées étaient composées d'évêques ou au moins, dirigées par l'un d'eux. Dans un premier temps, on les appela toutes conciles ou synodes ; plus tard les assemblées de clercs convoqués par l'évêque diocésain reçurent seules le nom de synodes et leur décisions de "statuts synodaux" tandis que les réunions d'évêques s'appelaient de préférence "conciles".

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Q/ Quelle est l'Eglise orthodoxe la plus importante et si l'on peut dire la plus prospère ?

R/ L'Eglise de Grèce a sans aucun doute été la plus prospère du monde orthodoxe jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989; elle comptait alors 77 diocèses.

En effet, en parcourant la Grèce, on y voyait de très nombreux lieux de culte. Il y en avait toujours en cours de construction. L'importance de cette Eglise à l'étranger, son influence et le rayonnement de ses collectivités dispersées dans le monde lui donnaient une importance particulière. 

Aujourd'hui la situation n'est plus la même puisque d'autres patriarcats sont entrés dans une nouvelle dynamique à partir des années 90.

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Q/ Quelles sont les Eglises orthodoxe les plus minoritaires ?

R/ Minoritaires et sur une tout autre échelle que l'Eglise de Grèce, se trouvent être les églises suivantes :

L'Eglise de Pologne qui compte moins d'un million de fidèles répartis sur quatre diocèses. 

Quant à l'Eglise d'Albanie, si elle a connu des décennies d'athéisme forcé, elle est aujourd'hui en pleine renaissance. Elle dispose désormais de plusieurs évêques, de plus d'une cinquantaine de prêtres et d'une vingtaine de nouvelles églises construites au cours des dernières années.

Les Eglises orthodoxes de la République Tchèque et de Slovaquie sont également très minoritaires avec à peine plus de 100.000 fidèles chacun répartis sur deux diocèses chacun.

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Q/ Que sont les patriarcats de Roumanie, Bulgarie, Géorgie ?  

R/ De quoi le Patriarcat de Roumanie est-il composé ? Il aurait une cinquantaine de diocèses dont certains à l'étranger. En avançant un chiffre de 16 millions de fidèles, nous ne devrions pas être trop loin de la réalité.

Un peu plus petit se trouve être le Patriarcat de Bulgarie. Il compte 11 diocèses dans le pays et un en Amérique. Le nombre de fidèles devrait avoisiner 7 millions de fidèles.

Du même ordre avec 15 diocèses dont 7 sont vacants se révèle être le Patriarcat ou Catholicossat de Géorgie qui a subi les contre-coup de la politique antireligieuse de l'URSS. Le nombre de pratiquants est très faible avec 150000 à 200000 fidèles alors que le nombre de baptisés atteindrait près de 50% de la population.


Q/ Quel est le poids du Patriarcat de Serbie ?

R/ Le Patriarcat de Serbie compte 20 diocèses sur son territoire en plus des diocèses à l'étranger, qui seraient d'au moins cinq si l'on tient compte des anciennes limites de l'Eglise serbe en Europe orientale et dans les Balkans. En outre, la guerre de de décomposition de la Yougoslavie a accru les communautés hors d'Europe. Le nombre de fidèles sous la juridiction de ce Patriarcat est estimé en tout à 12 millions.

L'Eglise de Macédoine qui dépendait du Patriarcat de Serbie, s'est constituée en Eglise autocéphale.

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Q/ Quel est l'importance du Patriarcat orthodoxe de Moscou ?

Le Patriarcat de Moscou compte plus de 60 diocèses répartis entre la Russie et les pays anciennement sous domination soviétique. A cela, il faut ajouter un certain nombre de diocèses dans des pays autres où les fidèles ont opté pour le rattachement à la juridiction de Moscou plutôt qu'à celle de Constantinople ou de l'Amérique du Nord. C'est le cas présentement du rattachement très probable de l'Eglise russe européenne au Patriarcat de Moscou.

Si le nombre de pratiquants au sein du Patriarcat de Moscou est estimé à près de 60 millions, le nombre de baptisés est bien supérieur.

Il faut aussi rappeler que le Patriarcat de Moscou dispose d'un droit de regard sur les Eglises "autonomes" de Chine et du Japon.

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Q/ Que représente le Patriarcat orthodoxe de Jésusalem ?

R/ Le Patriarcat orthodoxe de Jérusalem est desservi d'une part par des moines venus de Grèce et qui font partie de la confrérie "hagiotaphite" * et d'autre part par le clergé arabophone. La population qu'ils desservent est inférieure à 100.000 personnes réparties sur le territoire d'Israël et dans les camps de réfugiés palestiniens des pays voisins. On compte également une petite collectivité à Chypre.

Le Patriarche de Jérusalem exerce un droit de regard sur l'Eglise autonome du mont-Sinaï, monastère Ste Catherine et dépendance.

Mentionnons également l'Eglise apostolique de Chypre qui comprend six diocèses. L'un de ces diocèses est entièrement en territoire de Chypre occupé par les turcs tandis que trois autres ne sont que partiellement dans la partie turque de l'ile.

* Hagiotaphite : n.m. du grec "agios" "taphos" = "Saint Sépulcre". Ses membres appartiennent à la confrérie du Saint-Sépulcre qui fait partie du patriarcat de Jérusalem des grecs orthodoxes.

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Q/ De quels diocèses est formé le Patriarcat grec orthodoxe d'Antioche ?

R/ Disons déjà que sa langue officielle est l'arabe. Il compte une douzaine de diocèse, présent en Syrie, au Liban, en Irak, en Iran, en Turquie, dans la péninsule Arabique et au Kuwait. Comme pour toutes les Eglises du Proche-Orient, les communautés sont dispersées; aussi les arabophones orthodoxes d'Europe et d'Amérique reconnaissent sa juridiction.


Q/ De quels diocèses est formé le Patriarcat orthodoxe d'Alexandrie ?

R/ Le Patriarcat d'Alexandrie comprend normalement 14 diocèses; un chiffre important pour une population réduite sur laquelle nous ne disposons pas de chiffres récents. Ces 14 diocèses sont répartis entre :

1° l'Egypte (5)

2° - le reste du continent africain (9).

Sur les 9 diocèses africains,

3° - 6 sont à l'intention de grecs (Soudan, Ethiopie, Afrique du Nord, Afrique du sud, Rhodésie et Cameroun). 

4° - 3 autres formant une Eglise autochtone sous la juridiction du Patriarche d'Alexandrie, seraient des diocèses purement africains : Kenya, Ouganda, Zaïre, Tanzanie et Ghana.

Le développement du Patriarcat d'Alexandrie en Afrique noir s'expliquerait par le fait que les populations de ces diocèses ressentiraient plus de proximité pour le rite byzantin, qui serait, d'une part, plus proche de leur esprit traditionnel que le rite latin associé aux pays d'Europe occidentale.

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Q/ Qui est le "Patriarcat Oecuménique" ou du "Patriarcat Oecuménique de Constantinople". Qu'en est-il exactement ?

R/ Il s'agit du Patriarcat orthodoxe qui exerce sa juridiction en Turquie, en Grèce et dans ,le monde sur les collectivités orthodoxes qui sont détachées de leur Eglise d'origine et qui ont choisi de se placer dans le cadre "constantinopolitain". Pour ce qui est de la Grèce, l'autorité du Patriarcat se déploie uniquement sur certaines parties du pays (nouveaux territoires, Mont-Athos, Crète qui disposent d'une autonomie). Le reste étant placé sous l'autorité spirituelle de l'Eglise grecque. Le Patriarche Oecuménique de Constantinople exercerait aussi un droit de regard sur des Eglises autonomes comme par exemple l'Eglise de Finlande.

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Q/ Où se trouve la population orthodoxe ?

R/ La population orthodoxe est désormais dispersée à travers le monde mais c'est surtout au XXe siècle que sa dispersion s'est effectuée par suite des émigrations d'Europe orientale depuis 1917, d'Asie Mineure en 1921, d'Europe centrale et du sud à la suite de l'éclatement de la Yougoslavie et plus récemment encore du Liban et de Syrie. A ces départs dues à des raisons politiques et idéologiques, il faut ajouter les expatriations pour raisons économiques.

Toutes ces causes ont abouti à une multiplicité des juridictions réparties entre la confédération orthodoxe composée de :

1° - 15 Eglises autocéphales (Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem, Chypre, Moscou, Serbie, Roumanie, Bulgarie, Géorgie, Ukraine, Grèce, Pologne, Albanie, République Tchèque et Slovaquie). 

2° - 4 Eglises autonomes (Sinaï, Finlande, Chine et Japon). 

3° - Les Eglises de la dispersion.

Q/ Quels sont les stades par lesquels l'Eglise catholique romaine a du passer pour progresser dans le dialogue oecuménique ?

R/ Avec le Concile Vatican II, l'Eglise catholique romaine est passée d'un "oecuménisme spirituel" (semaine de prière pour l'unité), à un "oecuménisme théologique" qui a consisté en un dialogue sur les causes doctrinales, sacramentelles et institutionnelles des divisions entre les Eglises.

Puis avec le temps, ce dialogue a du être accompagné d'une théologie spécifique à la nouvelle problématique, qui est qualifiée par l'expression de "théologie oecuménique".

Mais quel est le champs de réflexion et d'action dont traite la "théologie oecuménique" ?

1° - l'étude comparée des doctrines telles qu'elles sont diversement comprises et synthétisées au plan théologique par les diverses confessions, notamment l'orthodoxe sur laquelle se concentre l'ACOS.

2° - la présentation du contenu doctrinal de la foi catholique avec le "souci oecuménique" d'en favoriser au maximum la compréhension par les frères des autres Eglises séparées.

Plus largement, qui y a-t-il de changé dans cette théologie ?

Disons, essentiellement la méthode et la manière d'exprimer la foi catholique en vue de l'adapter aux objectifs du décret sur l'oecuménisme énoncé par le Concile Vatican II.

L'esprit est d'exposer de manière absolue la doctrine intégrale tout en expliquant la foi catholique de façon plus profonde et plus droite, en utilisant une manière de parler et un langage plus accessible aux frères des autres Eglises séparées.

Il est tout de même précisé que ce dialogue doit pouvoir se faire sans mettre d'obstacles aux voies de la Providence et sans préjuger des impulsions de l'Esprit-Saint.

Il y a donc selon le décret sur l'oecuménisme, des "conditions d'exercice de l'action oecuménique" et des "principes qui doivent la diriger".

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Q/ Comment l'Eglise catholique romaine s'efforce-t-elle de progresser vers l'unité, but et chemin, qu'elle s'est fixée ?

R/ Elle le fait à travers une pastorale oecuménique interne qu'elle est mis en place. Celle-ci s'étend sur quatre axes auquel il faut ajouter le cas des mariages mixtes.

1° - "L'oecuménisme en général".

Le Secrétariat pour l'unité, publie en 1967 un document "Ad totam Ecclesiam" qui vise à éclairer l'application pratique des principes énoncés par "Unitatis Redintegratio" dans les domaines concernés : 

a° - l'Institution de commissions oecuméniques, 
b° - la validité des baptêmes conférés par les ministres des Eglises et des communités eccléisales désunies.
c° - l'oecuménisme spirituel, 
d° - la communication et l'activité spirituelle avec les frères désunis,
e° - l'enseignement supérieur.

2° - "Les commissions oecuméniques aux plans local, national et régional" qui se chargent d'activer les réunions plénières entre délégués des commissions oecuméniques des différents pays. L'objectif étant de procurer aux évêques et à leurs églises locales une information et une expérience oecuménique qui puissent les aider dans leur propre pastorale. En revanche, le droit d'ouvrir un dialogue doctrinal avec une autre Eglise est réservé à Rome.

3° - "La prière pour l'unité". 
Le Secrétariat pour l'unité se chargeant simplement d'envoyer les matériaux, une fois qu'ils ont été élaborés en commun avec le Conseil Oecuménique des Eglises (C.OE.E.) aux commissions nationales qui en échange renvoient des comptes rendus sur le déroulement de la semaine de prière.

4° - "La communicatio in Sacris ou Intercommunion".

Cela concerne le partage eucharistique entre catholiques et frères des autres Eglises orthodoxes. L'Intercommunion repose sur deux principes : 

a° - "l'Unité de l'Eglise", 

b°-"la participation aux moyens de la grâce".

Avec les Eglises orthodoxes, elle est "parfois" possible voire pastoralement recommandable. Cette possibilité est à entendre comme hospitalité, admission d'un orthodoxe à la communion catholique et sa réciprocité, c'est-à-dire la communion d'un catholique au cours au cours d'une célébration eucharistique orthodoxe.

5° - "Le mariage mixte". 
Les mariages entre orthodoxes et catholiques sont du point de vue de Rome doivent pour être valides se faire en présence d'un ministre sacré. Le Patriarcat de Moscou ayant par exemple répondu favorablement à cette disposition en reconnaissant des mariages mixtes qui ont lieu dans une Eglise catholique.

L'Eglise fait en revanche fortement appel à la responsabilité des conjoints dans leur conscience personnelle devant Dieu, dans la question épineuse de l'éducation des enfants dans la foi catholique. En résumé, les mariés mixtes doivent promouvoir l'unité au sein de leur famille et témoigner des valeurs chrétiennes, essentielles au mariage et à la famille.

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Q/ Comment les relations entre l'Eglise catholique romaine (ECR) et le conseil oecuménique des Eglises (C.OE.E.) ont-elles évolué depuis 1975 ?

R/ Voici quelques jalons :

1° - Un groupe mixte de travail formé de 50 théologiens a été mis en place ; des révisions sur le contenu la formulation pouvant être modifiées en fonction des recommandations de ce groupe. Une première étude suivie d'un premier rapport final fut publié en 1980. Sa conclusion : "La communion vraie exige un accord sur le noyau essentiel de la foi".

2° - En 1980, un nouveau groupe mixte consultatif, plus lié à l'ensemble des initiatives prises 

par l'ECR et le C.OE.E est mis en place. Il a procédé à une analyse des facteurs de blocages dans la prise d'initiative conjointe : 
a - des conceptions différentes des structures ecclésiales.
b - des points de vue opposés dans l'éthique et dans l'équilibre entre foi et réalités terrestres, Eglise et société, évangélisation et lutte pour la justice.
c - Concertation insuffisante au sujet de l'action en faveur des handicapés, des droits de l'homme et de la liberté religieuse.

3° - La participation accrue de l'ECR au mouvement "Foi et Constitution" (Mouvement oecuménique au sein du C.OE.E.) a permis d'étendre le dialogue multilatéral à la quasi-totalité du monde chrétien et de progresser. 
a - la précision théologique dans la formulation commune de l'unité chrétienne a progressé.
b - un accord a abouti sur la définition de l'unité visible qui doit être recherchée : "L'Eglise est à concevoir comme une communauté conciliaire d'Eglises locales, elles-mêmes authentiquement unies". 
c - la prise de conscience sur les exigences fondamentales pour parvenir à l'unité s'est accrue sur trois points : 
i) la compréhension commune de la foi apostolique.
ii) la pleine reconnaissance mutuelle du baptême, de l'eucharistie et du ministère.
iii) un accord entre les Eglises sur leur conception du magistère et de son exercice est nécessaire.

Progrès et clarté entraînent une nouvelle pastorale au sein des Eglises et en particulier de l'ECR. La question de cette pastorale sera abordée prochainement.

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Q/ Pourquoi l'Eglise catholique romaine (ECR) n'a-t-elle pas adhéré au Conseil oecuménique des Eglises ?

R/ La non adhésion de l'ECR n'a pas empêché les rapprochements. En effet, à la suite du concile Vatican II, un groupe mixte entre l'ECR et la C.OE.E. a été créé en 1965. En outre, en 1969, le Pape Paul VI a rendu visite au C.OE.E. à Genève. Cette même année, l'ECR décide de renforcer la collaboration avec l'organisme.

En 1972, les résultats d'une études entamée quelques années auparavant sont publiés. Cependant l'ECR prend la décision de ne pas solliciter son entrée au C.OE.E. en dépit de l'absence de tout empêchement dogmatique au sens strict.

Quelle en est donc la ou les raisons ?

Elles seraient d'ordre pastoral avec référence toutefois à l'ecclésiologie. 

1° - Il est dans la nature de l'ECR d'être un communion universelle avec une mission universelle. Rejoindre le C.OE.E pourrait créer une confusion dans la mesure où l'Eglise catholique appartiendrait alors à un organisme qui prétend lui aussi à une mission universelle, du moins dans le domaine oecuménique. 
2° - Une autre confusion pourrait affecter les déclarations de l'Eglise catholique dont la portée serait toute différente de celles du C.OE.E.

Pour cette raison, le renforcement de la collaboration de l'ECR avec le C.OE.E a pris la forme d'activités spécialisées relevant d'organismes compétents de l'Eglise catholique d'une part, d'organisme correspondants du C.OE.E d'autre-part.

C'est ainsi que, depuis, la collaboration s'est étendue à de multiples domaines de l'oecuménisme séculier : justice, apostolat des laïcs, éducation et communication, action caritative.

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Q/ Quelles relations l'Eglise catholique omaine entretient-elle avec les Eglises orientales non-catholiques de tradition byzantines ?

R/ Tentons de faire au préalable la liste des Eglises concernées. Il y aurait :

1° - Quatorze Eglises autocéphales qui constituent la majeure partie des Eglises de tradition byzantine et dont l'Eglise russe est de loin, la plus nombreuse.
2° - Trois Eglises autonomes dont la distinction de l'autocéphalie réside en ce que le patriarcat dont elles dépendent est responsable de la désignation de leur primat, ce sont les Eglises de Chine et du Japon dépendant de Moscou et celle de Finlande dépendant du Patriarcat oecuménique de Constantinople. 
3° - Les Eglises de la diaspora situées dans le monde occidental et dont les juridictions les plus nombreuses se trouvent aux Etats-Unis.
4° - Les missions orthodoxes en Afrique, Aléoutie et Alaska.

C'est avec les quatorze Eglises autocéphales, pouvant représenter l'ensemble de l'orthodoxie de tradition byzantines que l'Eglise catholique romaine a institué un dialogue théologique permanent et officiel.

Bien qu'en matière de foi et de vie sacramentelle, les orthodoxes soient beaucoup plus près que les protestants des positions catholiques, cette "institutionalisation" du dialogue, sans doute pour des raisons culturelles, est de date toute récente.

L'annonce de la création d'une commission mixte et la nomination de ses membres n'ont eu lieu qu'au début du pontificat du Pape Saint-Jean-Paul II, en novembre 1979. Dès avant le concile Vatican II, cependant, d'importants échanges oecuméniques avaient eu lieu, sans lesquels ce démarrage n'eût pas été possible.

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Q/ Quelles relations l'Eglise catholique romaine entretient-elle avec les Eglises non-chalcédoniennes ?

R/ Les Eglises occidentales de tradition protestante tels que les Eglises luthériennes, calvinistes, anglicanes, évangélistes, etc...ne faisant pas partie du champs oecuménique de notre association, nous, nous concentrons sur les relations avec les Eglises de traditions byzantines et celles avec les Eglises orientales non-chalcédoniennes.

Abordons en premier lieu les relations avec ces dernières. Nous en distinguons quatre :

1° - L'Eglise apostolique arménienne.
2° - L'Eglise syrienne orthodoxe de langue syriaque.
3° - L'Eglise copte orthodoxe.
4° - L'Eglise orthodoxe d'Ethiopie.

Entre ces Eglises et Rome une instance de dialogue permanente et officielle n'a pas encore été établie. Cependant le chef de chacune d'elle a rendu visite, au Pape.

Il y a à Vienne, des consultations théologiques officieuses, par le truchement de l'Association "Pro-Oriente", et au plan local, une certaine collaboration dans le domaine social.

Ces consultations officieuses de Vienne ont permis d'aboutir, dès les années 1970, à la prise de conscience commune que par delà la non-acceptation, du côté non-chalcédonien, de la formulation de Chalcédoine, la même foi au Christ vrai Dieu et vrai homme était partagée. Cette prise de position a fait l'objet d'une déclaration commune simultanée, en 1971, de Paul VI et du Patriarche de l'Eglise syrienne orthodoxe Ignace Faqo III .

En 1974, une déclaration similaire était rédigée par une commission mixte formée de l'Eglise copte orthodoxe et de l'Eglise catholique. Par la suite, le pape Shenoudah, chef de l'Eglise copte orthodoxe, se rendit à Rome pour signer en commun une profession de foi où figurait la doctrine de l'incarnation, formulée selon la terminologie du concile de Nicée, évitant ainsi celle controversée de Chalcédoine.

De même en novembre 1994, le Saint Pape Jean-Paul II et le Patriarche de l'Eglise assyrienne/nestorienne, Mar Denkha IV, ont confessé ensemble un seul Seigneur Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père de toute éternité et qui, lorsque les temps furent accomplis, est descendu du ciel et s'est fait homme pour notre salut. Le Verbe de Dieu, deuxième personne de la Sainte-Trinité, s'est incarné par la puissance du Saint-Esprit en assumant de la Sainte Vierge Marie une chair animée d'une âme raisonnable, qu'il s'est unie indissociablement dès l'instant de sa conception.

Nous voyons donc que les relations entre les deux parties évoluent dans un sens plutôt favorables.

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Q/ Qui sont les interlocuteurs de l'Eglise catholique romaine dans le débat oecuménique ?

R/ 1° - Les Eglises occidentales de même tradition chrétienne : anglicane, luthérienne, etc...avec lesquels l'E.C.R. poursuit des conversations officielles.

2° - Les Eglises de tradition byzantine qui constituent la majorité des Eglises orientales.

3° - Le Conseil Oecuménique des Eglises (C.OE.E).

A noter cependant que les Eglises catholiques orientales ont rejoint le C.OE.E. et qu'elles sont, en son sein, les principaux protagonistes d'une conception catholique de l'Eglise et de l'Unité. Elles auraient bien aimé que l'E.C.R. devienne membre à part entière du C.OE.E ce qui n'est jusqu'à présent par le cas.

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Q/ Que faut-il entendre par le terme d'oecuménisme / oecuménique ?

R/ Pour cela nous nous référons au décret de Paul VI intitulé "Unitatis redintegratio" qui nous montrent, en maints passages, ce qu'il faut entendre par celui-ci. Mais attention! Le terme "Oecuménique" n'est pas d'origine catholique. C'est le titre qui a été donné dès le VIe siècle au Patriarcat de Constantinople...

1° - Toute forme de vie ecclésiale doit revêtir un portée oecuménique : mouvement biblique et liturgique, prédication de la parole de Dieu, catéchèse, apostolat des laïcs, nouvelles formes de la vie religieuse, spiritualité du mariage, doctrine et activité de l'Eglise en matière sociale. Ce sont toutes des formes de la vie de l'Eglise qui annoncent favorablement les futurs progrès en matière d'oecuménisme (Unitatis redintegratio, n°6, #2).

2° - Tous les membres de l'Eglise, fidèles autant que pasteurs doivent être habités par le souci de réaliser l'union (sollicitudo unionis, ibid. n°5) car ce qui est vrai de l'Eglise en tant que telle, doit l'être de chaque membre. 

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Q/ Quelle aura été la contribution du Saint Pape Paul VI au Concile et au dialogue avec les autres Eglises, après qu'il eut succédé à Jean XXIII ? 

R/ Le Pape Paul VI reprend la direction du concile au début de la deuxième session et sa principale contribution sera d'apporter de la précision doctrinale et théologique à l'orientation du concile qui devait tendre vers le but ultime de l'unité. L'Eglise est "Mystère" et "Institution"; aussi sur le plan théologique, le nouveau Pape donnera une nouvelle expression théologique aux objectifs précédemment formulés par Jean XXIII.

De ces précisions surgira une nouvelle doctrine sur l'Eglise qui conduira le nouveau Pape à avancer quatre et non pas trois objectifs comme ils avaient été précédemment formulés : "Dialogue de l'Eglise avec les hommes de notre temps", "proclamation du contenu de la foi" et "aggiornamento de l'Eglise".

Paul VI parle désormais de l'Eglise non plus comme une abstraction mais comme ce qu'elle est précisément dans sa vie réelle. Il insiste sur la "restauration de l'unité" en produisant un document "Unitatis redintegratio" et reprend à son compte le premier objectif de Jean XXIII sur le "dialogue nécessaire avec les hommes du temps"; la "proclamation du contenu de la foi" et "l'aggiornamento de l'Eglise" étant les deux autres objectifs.

Comme résultante de son approche, Paul VI développera une psychologie et une théologie du dialogue dont les fondements sont liés à la nature des deux partenaires "l'Eglise" et le "monde".

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Q/ Quel était le but ultime et les objectifs du Concile Oecuménique Vatican II ?

R/ Dans son discours inaugural du concile Vatican II, le Saint Pape Jean XXIII annonçait un "but ultime" au concile, "l'unité visible de tous les chrétiens" et "deux objectifs", "La proclamation du contenu de la Foi confiée à l'Eglise depuis les origines" et "l'aggiornamento de l'Eglise" à comprendre comme une mise à jour profonde de tout ce qui est en elle car dans l'esprit de Jean XXIII, il y a une relation intime entre le but ultime et les deux objectifs.

Oui! désormais, les catholiques doivent rentrer dans une dynamique d'unité. Une conversion des coeurs, un renouvellement intérieur est nécessaire pour pouvoir déboucher sur un renouvellement des structures visibles de l'Eglise sans laquelle l'unité visible avec les frères désunis n'est pas possible.

La rénovation intérieure, en engageant tout le visible de l'Eglise modifiera la manière dont elle formulera sa doctrine.

Dans ce sens, le décret sur l'oecuménisme précise : "Si donc, par suite des circonstances, en matière morale, sur le plan de la discipline ecclésiastique ou même dans la formulation de la doctrine (à distinguer avec soins du dépôt de la foi), il est arrivé que sur certains points, on se soit montré trop peu attentif, il faut y remédier, en temps opportun d'une façon appropriée".

En reprenant la main, lors de la deuxième session du concile, le Saint Pape Paul VI, successeur de Jean XXIII, donnera une expression concrète à cette exigence de conversion, en proclamant pour lui-même et pour tous les fidèles, la nécessité de faire pénitence pour les péchés contre l'unité, "à la fois les nôtres aujourd'hui et ceux d'un passé dont nous avons hérité les conséquences". Le décret sur l'oecuménisme en fera même une exigence permanente lorsqu'il déclare : "L'Eglise, au cours de son pèlerinage, est appelée par le Christ à cette réforme permanente dont elle a perpétuellement besoin en tant qu'Institution humaine et terrestre".

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Q/ Qu'est-ce qui a inspiré au Pape Jean XXIII l'organisation d'un concile oecuménique ? 

Le relation entre la semaine de prière de 1959 qui en a inspiré au Pape Jean XXIII la tenue d'un concile oecuménique étant à présent connue, nous comprenons mieux pourquoi le concile Vatican II a eu pour objectif premier la participation de l'Eglise catholique romaine en tant que telle au mouvement oecuménique dans son entièreté et dans toutes ses composantes majeures : l'oecuménisme spirituel, l'oecuménisme doctrinal et l'oecuménisme séculier.

Aussi par le fait même du Concile, il y a eu dans l'Eglise catholique le passage d'un oecuménisme, limité au domaine de la prière et de la vie intérieure, à un oecuménisme intégral et ecclésial.

C'est bien ainsi que l'entendit Jean XXIII dans son discours d'ouverture du concile prononcé le 11 octobre 1962. Pour ceux qui souhaitent prendre le temps de la lecture, ils trouveront à travers le lien suivant, le texte du discours prononcé par le Pape à l'occasion de l'ouverture du Concile.

http://www.sarthe.catholique.fr/…/Discours_de_Jean_XXIII.pdf


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Q/ Quel est le premier oecuménisme auquel a adhéré l'Eglise Catholique ?

R/ Si l'Eglise catholique romaine n'a jamais adhéré, pour des raisons pastorales au Conseil Oecuménique des Eglises au sein duquel le vécu ecclésiologique commun était indéfinissable, elle ne manquera pas d'adhérer, plus tard au "mouvement oecuménique" lui-même.

Son ouverture s'est opérée de façon significative et presque parallèle à celle qui se dessinait dans les Eglises non-catholiques à partir du mouvement de "prière pour l'unité". Ce mouvement a eu des pionniers qui ont préparé le terrain. Citons en les principaux notamment les Pères Omez et Dumont, le Cardinal Mercier, Dom Lambert Beaudouin, Le Père Yves Congar,.. Mais c'est le Père Paul Couturier qui va être le moteur de ce que l'on appelle "l'Oecuménisme spirituel". Ses positions vont permettre de dépasser, au sein de l'Eglise catholique, les obstacles pour l'instauration d'une "octave universelle de prière pour l'unité".

En remontant au-delà des séparations institutionnelles et visibles pour rejoindre la propre personne de Jésus et sa volonté telle qu'exprimée dans la prière après la Cêne (Jn XVII), le Père Couturier a contribué à lever l'obstacle.

Désormais, tout chrétien, y compris les catholiques romains, peuvent prier pour l'unité de l'Eglise telle que le Christ la veut, par les moyens qu'Il veut, sans trahir en quoi que ce soit la fidélité, que sa conscience chrétienne exige, à son appartenance confessionnelle.

Avec cette approche, il y a donc "universalité" et "respect de la spécificité confessionnelle", auquel le Père Couturier ajoutait "humilité" et "pénitence". Oui! Le catholique reconnait ainsi devant les membres des autres Eglises, ses propres fautes contre l'unité dans le présent et celles commises par les membres de son Eglise dans le passé, surtout au moment où les séparations douloureuses ont eu lieu dans le passé.

Pour rappel, cette octave de prières pour l'unité des chrétiens a lieu du 18 au 25 janvier de chaque année.

A Rome, c'est le Secrétariat pour l'Unité créé en 1958, qui s'occupe de la préparation de l'Octave pour l'Eglise catholique. En 1966, un groupe mixte est mis en place par les Eglises pour l'organisation de cette semaine de prières.

Pour terminer, du côté catholique, ce fut pendant la célébration de la Semaine de prière de 1959, que le Pape Saint Jean XXIII, eu l'idée, inspiré par l'Esprit-Saint, de réunir un concile.

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Q/ L'Eglise catholique est-elle adhérente du C.OE.E ?

R/ Non, bien que rien ne s'y oppose du point de vue constitutionnel, mais l'Eglise catholique romaine (ECR) n'a jamais demandé son admission, notamment à cause de la conception qu'elle a d'elle-même. Le COE entretient des liens étroits avec l'ECR. Un Groupe mixte COE/ECR se réunit chaque année et les Commissions de Foi et constitution et de Mission et évangélisation du COE comprennent des membres catholiques romains de plein droit. Un consultant catholique romain collabore avec le personnel du COE sur des questions missionnaires, tandis que le corps professoral de l'Institut oecuménique de Bossey compte un professeur catholique romain. Pour plus de renseignements, cliquez sur Groupe mixte de travail de l'Eglise catholique romaine et du COE.
(Source: https://www.oikoumene.org/fr/about-us/faq…)

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Q/ Combien le C.OE.E. compte-t-il aujourd'hui d'Eglises ?

R/ Aujourd'hui le C.OE.E. compte 348 Églises membres, représentant plus de 500 millions de chrétiens, bien qu'il faille souligner que les Eglises ont différentes manières de recenser leurs fidèles. Les Eglises membres actuelles - orthodoxes, anglicanes, protestantes, unies et autres - viennent de plus de 110 pays de tous les continents, en majorité de l'hémisphère sud. Pour plus de renseignements, cliquez sur Eglises membres. (Source : https://www.oikoumene.org/fr/about-us/faq…)

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Q/ Quand et avec combien d'Eglises s'est tenue la première réunion du Conseil Oecuménique des Eglises ?

R/ En 1948 se tient la première assemblée générale du "Conseil Oecuménique des Eglises". 147 Eglises sont représentées.

Que dit la déclaration commune ?

"Nous entendons rester ensemble! ".

Elles donnaient ainsi au Conseil le statut de principal organisme permanent au service de l'Oecuménisme mondial, non-catholique romain.

En août 2018, il fêtait ses 70 ans en présence du Pape François.

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Q/ Quand utilise-t-on le mot Oecuménisme ?

R/ Pour rappel, le mot "oecuménisme" s'applique à toutes les questions et à toutes les instances qui traitent ou qui sont concernées par la réunification des Eglises chrétiennes. Paradoxalement, l'origine de ce mot n'est pas catholique mais orthodoxe puisqu'il est le titre donné, depuis le vie siècle, au Patriarcat de Constantinople.

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