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Bertrand Vergely: "Comment on a rompu avec nos racines grecques".

publié le 10 nov. 2020, 07:32 par Président ACOS   [ mis à jour : 10 nov. 2020, 08:25 ]

Source - Bertrand Vergely a été invité récemment par RCF pour évoquer les thèmes développés dans son dernier ouvrage, « Le rêve perdu de la sagesse grecque » (Privat, 2020).

« Pour Bertrand Vergely notre société moderne a rompu avec ses racines grecques. Sans mélancolie ni nostalgie, il interroge ce « rêve perdu »: celui d’un rapport avec le divin. »

SourcePodcasts de l'entretien avec Bertrand Vergely

De Hölderlin à Byron, de Shelley à Lawrence Durrell de Henry Miller à Jacques Lacarrière, la Grèce a suscité des amours passionnées. Tous, peut-être, auraient pu dire comme Shelley, dans sa préface à un très beau poème, "Hellas", leur amour vibrant pour ce pays. Bertrand Vergely leur emboîte le pas avec la publication de son livre "Le rêve perdu de la sagesse grecque" (éd. Privat). Ouvrage dans lequel il nous convie à une odyssée, à un voyage à la fois géograhique, philosophique et spirituel. 

"Je crois que dans notre inconscient nous sommes grecs mais malheureusement nous ne le sommes plus"

A-T-ON PERDU NOS RACINES GRECQUES ?

"Nous sommes tous des Grecs, nos lois, notre littérature, notre religion, nos arts prennent tous racine en Grèce. Si la Grèce n’avait existé, nous aurions pu n’être encore que des sauvages et des idolâtres. (...) La forme humaine et l’esprit humain atteignirent en Grèce un degré de perfection qui a mis son empreinte sur ces productions irréprochables dont les fragments à eux seuls font le désespoir de l’art moderne." 

Percy Shelley, "Hellas : A Lyrical Drama" (1822) 

Si Bertrand Vergely "partage totalement cette vue magnifique de la Grèce" qu'offre Shelley, il constate toutefois "que dans notre inconscient nous sommes grecs mais malheureusement nous ne le sommes plus". "Malheureusement il y a dans notre modernité quelque chose qui a totalement rompu ses attaches avec la Grèce." De la mélancolie ? Pas tout à fait, car le philosophe ne cherche pas à dire sa nostalgie pour la Grèce antique. Il évoque plutôt la perte d'un "rêve".

LE RAPPORT AU DIVIN

"En Orient on vit encore avec les dieux, ici, en Occident on ne vit plus avec Dieu." Ainsi parlait l'indianiste Alain Daniélou (1907-1994) pour décrire ce qui sépare l'Occident de l'Orient. Et c'est cela qu'a voulu "expliquer" Bertrand Vergely, "ce rapport avec le divin qui commence dans la Grèce et qui se continue jusque dans l'Église orthodoxe que j'ai visité maintes fois au mont Athos". 

Podcast de l'entretien